ORATEUR ROMAIN
terrible dégénéré à face d'épileptique, qui descendait dans le cirque pour tuer des gladiateurs quand il n'avait ni ami, ni femme, ni sœur, à égorger chez lui.
Geta manque de prestige. On se le représente mieux occupé à laver et astiquer le char de l'Etat qu'à le conduire.
Après la période glorieuse et reposante des Antonins, nous voici, par un brusque retour d'atavisme, revenus au berceau de la race, aux féroces allaités par la louve, mère de Rome. Ce n'est plus le ciseau d'un grec qu'appellent les mufles et les grouins que nous allons voir, ce serait celui d'un Barye.
Caracalla, cabot tragique, enragé de sa laideur crapuleuse, audacieusement exprimée par le statuaire. 11 demande au passant, à la postérité: «M'as-tu vu dans Néron?» Il a repris quelques-uns des «effets de son maître: le sac d'Alexandrie après l'incendie de Rome. Les assassinats de sa
femme, de sa sœur, de milliers d'obscures victimes, ce sont les mélos de ce délicat épris de grand art.
Passons rapidement devant les images falotes de personnages sans éclat: Pupien, Maximien, Gordien... Mais voici Elagabale, autre dégénéré au nez mince, aux oreilles détachées, produit incestueux d'un monstre et d'une coquine. Ne pouvant égaler Sardanapale, il se résigne à imiter Commode.
Ici, le sol romain saturé de sang refuse d'en absorber davantage.
Caracalla,
Le flot rouge reflue vers Byzanee entraînant les épaves de Fart et de la civilisation qui vont y croupir et s'y décomposer. Mais un germe à été déposé sur le sol italien. La moisson de la Renaissance va se préparer mystérieusement. Le trésor est enfoui là.
Saluons la statue de Julien l'Apostat, et la plus belle statue de la salle romaine, Y Orateur de Cléomène, un parleur qui a l'expression de l'homme réfléchi, et l'attitude de l'homme d'action. Il ne reste plus à voir que quelques comparses attardés sur les planches pendant que le rideau tombe lentement sur le dernier acte de la tragédie romaine. Tel Eiigénius, pâle effigie de figurant empereur à l'aspect déjà gothique sous les stigmates de la décadence byzantine. Cet imperator ou ce basileus semble en pleine décomposition, comme l'Empire lui-même. Il n'était pas nécessaire de le décapiter: sa tête serait tombée toute seule.
Honorius non plus ne semble pas taillé pour lutter contre Klaric, Genséric, Odoacre, ces barbares aux noms grinçants qui vont passer sur le vieux monde en broyant ses statues et ses autels.
Néron.
ITALIE