‹ Les musées d'Europe. La sculpture au Louvre;Chapitre 30 sur 52 · DONATELLO. — LES LUCCA DELLA ROBBIA. — MICHEL-ANGE · texte numérisé non relu

DONATELLO. — LES LUCCA DELLA ROBBIA. — MICHEL-ANGE

Une première salle au Louvre donne à voir quelques spécimens de l'art chrétien : sarcophages et inscriptions de toutes les parties de l'Empire, depuis le style des catacomhes et du cimetière de Calixte jusqu'à la décomposition du régime. C'est, en général, Fart romain abâtardi de la Colonne Trajane qui domine, avec quelques éléments décoratifs et symboliques nouveaux (le chrismo constantinien), mais aussi l'appropriation de types anciens (l'Hermès criophore), à des croyances récentes (le Bon pasteur). Avec le sarcophage de Rignieux-le-Franc : Le Christ assis au milieu des douze apôtres, on voit nettement comment l'art romain s'est continué assez péniblement. Ces essais de l'art chrétien constituent la transition qui relie la sculpture romaine à la sculpture italienne. II faut y ajouter quelques marbres de l'école byzantine: un Saint Théodore, une Vierge avec l'enfant Jésus, puis des statues allégoriques du XIIIe siècle, provenant de la province de Naples. Le premier mouvement de renaissance, qui eut pour promoteurs Nicolas de Pise et les sculpteurs du dôme d'Orvieto, en plein XIIIe siècle, est interrompu par les manifestations de l'art gothique, dont il y a deux exemplaires

Anonyme.

Buste de

Michel-Ange.

au Louvre: les statues, en bois peint et doré, de Y Ange Gabriel et

de la Sainte Vierge, datées de la fin du XIVe siècle, et qui ont la précision et la grâce des productions de l'école florentine. Pour le XVe siècle, il est représenté au Louvre par celui qui commande, avec Ghiberti, la sculpture de la Renaissance italienne. Trois œuvres de Donatello (138(3 — 1460) ne suffisent pas pour définir le statuaire du Saint Georges, du Zuccone, du Pogge, des Enfants dansant, de la statue équestre de Gaitamelaia, mais il est au moins une de ces trois œuvres, le buste de Saint Jean-Baptiste, qui certifie son génie avec une netteté admirable. Là se révèle l'artiste qui a su, mieux que tout autre, profiter de renseignement de l'Antiquité retrouvée, non pour imiter servilemenL des œuvres inimitables, mais pour recourir à la nature qui les avait inspirées. C'est le trait dominant chez Donatello : il acquiert la science de l'antique, mais il ne devient pas un gréco-romain docile et borné, il reste un Italien de son temps et de sa région. Il ne déforme pas, n'arrange pas les modèles qu'il a sous les yeux, qu'il étudie avec fièvre. Il cherche la beauté dans la réalité vivante, et non dans les œuvres du passé, si parfaites soient-elles. Ce qu'il trouve en ces œuvres, c'est la vérité, c'est la proportion, c'est un ensemble de conditions

Anonyme. La Sainte Vierge.

(Ecole Florentine, XlVe siècle)

ITALIE

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