LA DÉESSE SEK.HET
Il n'y a pas que des dieux et des rois dans ce monde pétrifié de l'Egypte, et l'on pourrait croire que chaque être vivant a eu son double sur cette terre des morts, sa statue ou son image gravée, comme il a eu sa momie. Les plus touchantes de ces représentations sont celles où le couple humain est représenté, l'homme et la femme s'en allant de compagnie à travers les ténèbres de la nuit éternelle comme ils allaient dans l'atmosphère lumineuse du soleil. Il y a plusieurs de ces représentations au Louvre. Ainsi, le groupe de Har, scribe, et de sa femme Nofre Ari, l'homme et la femme près l'un de l'autre, l'homme avec des épaules larges, la femme plus fine, lui vêtu d'une robe collante, elle d'une jupe évasée, tous deux aussi paisibles, aussi impassibles que leurs rois sont puissants, que leurs dieux sont immortels.
La période que l'on dit «de
± Personnage nommé Mosou (Epoque Saïte).
décadence», marquée par la
charmante Renaissance Saïte, de 720 à 525, est présente au Louvre
avec de beaux person
La reine Karomana (XXII= dynastie. Thèbes).
égyptien, des formes
nages cubiques; la statue en granit noir du guerrier Horus; le chef des terres du Midi ; le chef de ville Ouser ; un fonctionnaire de la 26e dynastie; la petite tête de Psammélik III; le sarcophage du prêtre Taho, aux admirables fîguT-es de déesses faites pour l'enfouissement éternel, pour l'obscurité et le néant; et ce chef-d'œuvre, le Seigneur héréditaire Xekhtharheb.
Rien de plus étonnant, dans toute l'histoire de la sculpture, que ces personnages cubiques, comme enfermés dans une pierre, et qui laissent pourtant apercevoir toutes les formes, toutes les flexions du corps. Rien de plus magnifiquement élégant, de plus délicieusement souple, que la statue du Seigneur Xekhtharheb, assis sur ses talons, les mains sur les cuisses. Regardez-le de profil, quand la lumière caresse son visage, ses épaules, le haut de son thorax, ses bras, ses genoux, c'est l'une des plus douces, des plus tranquilles, des plus belles apothéoses de la forme humaine cpie le génie de la statuaire ait jamais taillée dans la pierre et animée de la flamme intérieure de l'esprit.
Montez au premier étage, vous trouverez des formes nouvelles de l'art
nouvelles et des principes identiques. Je
EGYPTE
NEK.HTHARHEB Chef des secrets du Nord et du Midi
prends, parmi les objets délicats et Torts réunis ici, les statuettes
en métal, en bois. J'y retrouve les
mêmes simplifications, les mêmes lignes
fuyantes, les mêmes résumés où tout
est présent, que dans les colosses de
granit et de basalte.
Des cynocéphales, habitants des temples, sont observés et fixés de manière définitive, avec leur physionomie rusée, lascive et bestiale, de singe, de chien et de porc.
Le dieu Horus, à tête d'épervier, les jambes solides, le torse mince, étend les bras comme s'il allait prendre son vol. Aucun art, comme l'art égyptien, n'a su allier la forme humaine à la forme animale. Ce dieu Horus, avec son corps effilé et son bec recourbé, a l'expression et la logique d'un être naturel.
Un homme s'avance, tranquille, débonnaire, avec un geste de la main qui devait tenir un bâton. Il se nomme Mosou, semble un berger, ou bien un conducteur de travaux, un surveillant de troupeaux humains.
Une femme, casquée, cuirassée, la reine Karomana, a les deux mains tendues comme pour tenir des rênes.
Une autre femme, la dame Toui, est une délicieuse statuette en bois poli, vêtue d'un tissu transparent, sa lourde chevelure divisée en nattes, les bras, les jambes, le
Toui, supérieure des Pallctcides de Min.
corps d'une force menue et élastique de reptile, le visage d'une douceur farouche et énigmatique.
Un épervier de pierre, luisant et noir, au crâne plat, au bec court, au poitrail large, aux ailes en carapace, les pattes cassées, darde, du fond des siècles, sur les passants d'un jour, un œil rond et dilaté.
Eperuier.
CHALDÉE ET ASSYRIE
DIFFÉRENCES DE L'ART CHALDÉEN ET DE L7ARï ASSYRIEN. - - IN- FLUENCE POSSIBLE DE L'ART ÉGYPTIEN. - - GOUDÉA. - LES DIEUX. -- LES ROIS.