‹ Les musées d'Europe. La sculpture au Louvre;Chapitre 31 sur 52 · PORTE DU PALAIS STANGA A CRÉMONE · texte numérisé non relu

PORTE DU PALAIS STANGA A CRÉMONE

qu'il veut pénétrer et posséder à son tour, mais il ne veut prendre ni les formes ni les expressions déjà existantes, oufplutôt il ne peut pas les prendre, le sentiment qui l'anime est bien trop impérieux pour cela: il faut qu'il acquière, lui aussi, le discernement du vrai et la force de création. Il sera réfléchi et tragique, il montrera le drame des physionomies.

Ce ne sont pas des œuvres typiques, à ce point de vue, que la Vierge et l'enfant Jésus, dite la Madone de Pazzi, en stuc peint, et la Flagellation du Christ bas-relief en bronze, mais le Saint Jean-Baptiste définit victorieusement Donatello. Solidement et nerveusement construit, les épaules et le col bien attachés, la tête penchée, les yeux mi-clos, la bouche entrouverte, ce petit Jean-Baptiste exprime de toute sa physionomie, par un mélange singulier, Finnocence et la gaminerie, l'ironie et la douceur. C'est une bonne fortune pour le musée du Louvre de posséder un exemplaire aussi parfait de l'art de Donatello, ce marbre aux surfaces vivaces, non émoussées, qui garde le tressaillement, la respiration de la vie.

On attribue aussi à Donatello un Jules César, mince et nerveux, bas-relief de médailliste.

Rien de Lorenzo Ghiberti, dont les Portes sont au Baptistère de Florence, rien de Brunelleschi, mais une Vierge attribuée à Jacopo délia Quercia ; un lin médaillon, subtilement modelé, de Matteo de Pasti; un bas-relief de bronze du Filarète; une Madeleine ravie au ciel, attribuée au sculpteur du Colleone, Andréa Verocchio; le magnifique buste de Filippo Strozzi, par Benedetto

Donatello.

Saint Jean-Baptiste.

da Majâno; un Saint Christophe en bois, de Lorenzo del Vecchiata; des œuvres anonymes, de l'expression la plus rare, comme ce buste de femme, où se montre toute la différence de sentiment qui sépare les œuvres florentines de l'antique ; la Vierge et l'enfant Jésus, dite la «Madone de la famille Arrighi»; un Fragment de la décoration du tombeau du pape Paul II, et plusieurs autres basreliefs, de Mino de Fiesole, qui est un artiste adouci, pondéré,

coquet, presque précieux, du moins par sa Madone, et un joli ornemaniste, malgré le trop froid et le trop fini, par sa décoration du tombeau de Paul II. Et nous voici devant les œuvres de ces artistes spéciaux, les Délia Robbia, dont les œuvres sont relativement abondantes au Musée.

Le chef de la famille et de l'école est Luca délia Robbia (1399-1481), qui n'est pas seulement le céramiste, le producteur de terres cuites émaillées, que Ton voit surtout en lui, mais le sculpteur des bas-reliefs de la cathédrale de Florence, les admirables groupes d'enfants qui chantent et qui dansent, et des figures du tombeau de Federighi, évêque de Fiesole. Il nous apparaît an Louvre comme sculpteur céramiste avec une seule œuvre authentique, et les productions de sa famille et de son école. L'œuvre authentique est un médaillon : la Vierge portant l'enfant Jésus entre deux anges en adoration, et c'est une œuvre charmante par la manière dont elle est composée et encerclée dans le cadre, par la vie paisible et la grâce fière qu'elle exprime.

Anonyme.

Buste de femme (Ecole Florentine, XV^ siècle).

MtCHEL-ANGE BUONARROTI

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