‹ Les musées d'Europe. La sculpture au Louvre;Chapitre 32 sur 52 · ESCLAVE · texte numérisé non relu

ESCLAVE

De nombreuses pièces de terre émaillée, réunies dans la même salle, sont attribuées à Luca, à son neveu Andréa, à Giovanni, l'un des sept fds d'Andréa. Ce sont, pour la plupart, des Vierges, avec l'enfant Jésus, la mère adorant l'enfant étendu à terre, ou le tenant dans ses bras ; puis des anges vêtus de longues tuniques ; des têtes de chérubins; des réunions de saints et de saintes; des figures isolées de saints: saint Sébastien, saint Georges, saint Michel ; des scènes de la vie de Jésus-Christ, etc. Beaucoup de ces sujets et de ces figures sont encadrés de feuilles, de fleurs, de fruits qui ont leurs couleurs. Les vêtements sont également polychromes, alors cpie les chairs sont entaillées de blanc, ou non émaillées.

Sur ces terres cuites émaillées, les historiens des Délia Robbia, J. Cavallucci et Emile Molinier ont donné

prudemment leur opinion. Ils supposent que le procédé employé par Luca était connu en Italie depuis deux ou trois siècles, mais qu'il a su, le premier, appliquer ce procédé à la sculpture, et surtout à la sculpture monumentale. Pour les résultats, ils sont variables. Les cadres de feuillages et de fruits auraient un aspect de nature assez plaisant si les couleurs n'en étaient pas aussi criardes, mais la réunion des vêtements polychromes et

MlNO DA FlESOLE.

La Vierge et l'enfant Jésus.

des chairs blanches, blafardes, est particulièrement inharmonieuse: il y a là des bleus, des jaunes, des verts, qui font grincer les yeux, si Ton peut employer cette expression. Et le plus grave défaut de cet art des Délia Robbia, c'est que cet enduit d'émail,

recouvrant la terre cuite, laisse bien apercevoir le mouvement général des figures, le plus souvent simple et gracieux, mais supprime toute la délicatesse, détruit toutes les nuances du modelé, jusqu'à enlever le caractère de la vie à ces figures inspirées de la nature.

D'autres écoles que l'école florentine sont présentes au Louvre : l'école de Padoue ou de Venise, avec des bas-reliefs de bois et de bronze du XVe et du XVIe siècles; l'école milanaise, avec la Porte du palais Slanga, à Crémone, qui est un exemple de la sculpture ornementale italienne à l'époque de la Renaissance; l'école génoise ou carraraise, avec le portrait

équestre de Robert Malatesta, seigneur de Rimini Mais toutes

ces œuvres ne peuvent donner qu'un faible aperçu de ces siècles d'art foisonnants de noms et d'oeuvres, et sauf quelques pièces de haute signification, surtout le Jean-Baptiste de Donatello, l'Italie serait un peu strictement résumée au Louvre, si notre musée ne possédait les Esclaves de Michel-Ange.

Andréa della Roiïbia (attribué à).

La Vierge et l'enfant Jésus (Terre émaillée).

ITALIE

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