ESCLAVE
Ce sont les statues destinées au tombeau de Jules II, et qui furent laissées à l'artiste sur les instigations du Bramante. Magnifiques épaves! Elles ont partout leur place, partout elles peuvent parler du sort de Fhomme, de sa résignation et de sa révolte. L'un des prisonniers s'étire, s'endort, d'un sommeil las, accepté, qui est proche de la mort; l'autre, les bras liés derrière le dos, fait effort pour rompre ses liens, et tout son corps robuste frémit de son effort.
Ces deux aspects de la douleur sont également admirables, et il n'y a pas ici à comparer et à préférer.
Michel-Ange a voulu exprimer la même pensée sous deux formes différentes: un corps jeune et alangui, un corps viril et actif, une lassitude et un désir de vivre. Il s'est égalé à l'antique par l'équilibre et la souplesse des formes, et il a manifesté son propre génie par l'immobilité fiévreuse et l'agitation ardente de ces deux captifs, par l'état de passion qui couve sous cette physionomie désespérée, et qui anime cette autre face levée pour la protestation et la revanche.
Il y a au Louvre un buste de Michel-Ange, douloureux aussi, par un artiste anonyme. De son élève Baccio Bandinelli, un autre buste, sans désignation. Puis, on va de la verve de Sansovino à la souplesse de Benvenuto Cellini, proche de Jean Goujon avec
Anonyme.
Robert Malatcuta, seigneur de Rimini.
(Ecole génoise ou carraraise.)
la longue et fluide Nymphe de Fontainebleau, et l'on aboutit à la fadeur et à l'ingéniosité de Canova, à son groupe anémique de ['Amour et Psyché, qui date l' épuisement de l'art italien.
LUCA DELLA RoiSBIA.
La Vierge portant l'enfant Jésus.
(Terre cuite.)