‹ Les musées d'Europe. La sculpture au Louvre;Chapitre 44 sur 52 · BAIGNEUSE · texte numérisé non relu

BAIGNEUSE

Jean-Baptiste Pigalle (1714—1785) eut pour début le Mercure attachant ses talonnières, qui est ici, également séduisant, en marbre et en plomb. Ce fut son morceau de réception à l'Académie, et il est resté une preuve de maîtrise. Rien de plus jeune, de plus fin, de plus charmant, que ce dieu agile qui va prendre sa course. L'Enfant à la cage est d'un joli grassouillet, et le buste de Maurice cle Saxe a la force, la sûreté qui marquent la statue de Strasbourg, celle qui descend au tombeau d'un pas si tranquille.

Pigalle a vraiment le don de la vie, le frémissement qui se communique au marbre.

Allegrain (1710 — 1795), au contraire, ne semble avoir rencontré que par hasard l'inspiration de vérité et de grâce de sa Baigneuse:

sa Diane surprise est une figure fort ordinaire. Falconet (1716 — 1791), célèbre, lui aussi, par une Baigneuse de joli mouvement, est plus varié, plus ferme qu'Allegrain : Miton cle Crotone, Y Amour, la Musique, le Buste d'homme, le montrent fort honorablement. Mais J.-J. Caffieri (1725—1792), malgré une insuffisance de construction, est animé, brillant, nerveux, et il fait du marbre une substance vivante. C'est à la

Alléguai*.

Baigneuse.

FalcOnet.

Tète d'homme.

Comédie-Française, où il échangeait ses œuvres contre des entrées au spectacle, qu'il faut le voir dans la magie de sa manière, avec les bustes de Pierre et Thomas Corneille, Rotrou, Belloy, Piron, La Chaussée, J.-B. Rousseau, Quinault, La Fontaine. Le Louvre a seulement de lui la terre cuite du buste de Nivelle de la Chaussée, fin, attentif, souriant, et la jolie statuette du Fleuve. Mais un second busle lui est attribué, qui ne peut guère être, en effet, que de sa main ardente. Et une seconde question se pose : quel est cet inconnu dont la perruque et le vêtement sont remués par l'air et agités par la vivacité du modèle, cet inconnu au visage mobile, aux traits aigus, à la bouche parlante, aux yeux phosphorescents?

Les Adam, de Nancy, sont représentés par des œuvres de Lambert- Sigisbert Adam (1700—1759), un Neptune, une Poésie lyrique, et par un Prométhée de Nicolas Adam (1705 — 1778) qui donnent une idée exacte de la manière sage, ordonnée, de ces grands producteurs. Pajou (1730 — 1809) est un représentant qualifié de l'art du XVIIIe siècle avec son buste de la Dubarry, ronde, grasse de formes, de physionomie inconsciente, et avec ses figures de Bacchante et de Psyché, véridiques et savantes études. Attribué à j.-3.CAFFmm.BuitedUiommi.

FRANCE (XVIIIo SIECLE)

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