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GALERIE CHALDÉO-ASSYRIENNE

Taureaux ailés à face humaine

de Babylone et la région de Ninive. Il y a pourtant entre ces œuvres les différences qui viennent d'être indiquées, comme il y a des différences entre les peuples -- les Chaldéens agriculteurs et commerçants, savants et astrologues, adonnés aux pratiques de la magie, pourvus d'une religion où les prêtres et les sorciers conjurent ou favorisent les entreprises des démons, — les Assyriens plus visiblement adonnés aux entreprises de la guerre, occupés par la chasse à l'homme et aux bêtes fauves.

Malgré que l'histoire des deux peuples se mêle par les conquêtes successives, on a fini par distinguer les œuvres de la Chaldée et de l'Assyrie. On n'a pu, toutefois, arriver à établir si

l'Egypte primitive a exercé une influence sur la Chaldée, ou si elle a été influencée par elle, ou s'il n'y a pas eu d'influence, Les œuvres trouvées à Tello, près de Bassorah, par E. de Sarzec, de 1877 à 1881, et que l'on a datées de 4000 à 2.500 av. J.-C, forment le premier groupe de monuments de Babylone, dits chaldéens. Le second groupe est celui des monuments de Ninive, dits assyriens.

Au premier groupe appartiennent les statues sans tête de Goudéa, patési (prince) de Sirpourla. Deux d'entre elles représentent un

Génie à tête d'aigle, cueillant les fruits d'un arbre sacré.

homme assis. L'un est connu sous le titre de l'Architecte à la règle, l'autre sous le titre de l'Architecte au plan. Goudéa tient en effet sur ses genoux, ici, un plan et un style, là un style et

une règle qui est une mesure

de dimension babylonienne: il est ainsi célébré comme bâtisseur de palais et de villes. Les autres statues (moins une, qui est celle d'Our-Baou) réprésentent Goudéa debout. C'est un type trapu, aux muscles très accusés, aux mains et aux pieds sculptés avec une force de réalité extraordinaire.

La main droite est placée dans la main gauche, d'un geste toujours semblable, qui est un geste de respect religieux. Une bonne fortune a permis d'ajouter à la tête au turban, trouvée par E.

de Sarzecj le corps de Goudéa assis, découvert par la mission du capitaine Cros. La tête est énorme pour le corps petit, concentré, ramassé, et l'ensemble est d'un nain robuste. Le visage est carré, avec le menton, les pommettes, les joues fermement

indiquées, la bouche dure, les yeux grands et bien ouverts, le nez

brisé, l'expression rude.

Une autre tête a le visage et le crâne rasés. Une autre,

à l'état de débris, est barbue. Quantité de figurines indiquent

Le Vizir et l'Eunuque. (Bas-relief de Khorsabad;

:haldee ET ASSYRIE

G1LGAMECH (l'Hercule assyrien)

une origine asiatique, d'autres avouent les influences grecques.

Les représentations religieuses sont rares, dans l'art assyrien, mais voici pourtant une figure de Dieu ou de Génie, un mélange d ' h o m m e et d' a n i m a 1, un corps d'homme musclé avec des ailes et une tête d'aigle. Le bec et l'œil sont féroces, mais l'occupation est débonnaire, la cueillette tranquille de fruits aux branches d'un arbre dont les feuilles sont sculptées en forme de pal mettes.

Ce sont aussi des dieux, ou des êtres fantastiques et mystérieux, que ces taureaux farouches, aux corps géants, aux ailes déployées, qui gardaient l'avenue d'un temple ou d'un palais de Ninive. Ce qui leur donne un caractère singulier, c'est leur tête de pontife, leur attitude solennelle et grave, chargée d'une coiffure en forme de tour, ornée d'une chevelure et d'une barbe tressées. Et c'est encore un dieu que cet Hercule assyrien, aux

jambes de profil, aux épaules et au visage de face, qui étouffe, un lion crispé et grimaçant, toutes griffes et tous crocs dehors.

Mais des personnages d'une réalité plus exacte s'avancent. Sur un bas-relief du palais du roi Sargon, à Khorsabad, le roi est suivi du vizir et de l'eunuque, le premier barbu, le second glabre, tous deux vêtus de longues robes, tous deux le glaive à la ceinture, tous deux avec ce geste sans cesse répété des personnages de la Chaldée et de l'Assyrie, la main droite posée dans la main gauche: Sur d'autres bas-reliefs ce sont des scènes de «merre et de chasse:

Assuurbanipal sur son char.

un homme aux jambes nues qui retient quatre chevaux d'un beau geste tranquille et puissant; des soldats qui gardent des fortifications; le roi Assourbanipal sur son char.

Les sculpteurs assyriens ont surtout été des maîtres dans la représentation des animaux. Le Louvre ne possède pas de chefsd'œuvre aussi extraordinaires que ceux du British-Muséum : le Lion blessé, la Lionne blessée, le Lion sortant de sa cage, etc., mais on peut y admirer les chiens de chasse d' Assourbanipal tenus en laisse, furieux et hurlant; les chevaux attelés au char de Sennachérib ou d'Assourbanipal; le lion couché, dressant sa tête ronde, les moustaches hérissées ; un autre lion avec un anneau fixé à l'échiné, et cette jolie tête d'un cheval harnaché, orné de caparaçons, de pompons, la crinière tressée, fragment de pierre où l'on voit une main fine tenant la bride, pendant que deux autres mains, saisissant la crinière, indiquent un cavalier qui monte sur la jolie bête nerveuse, frémissante et hennissante.

Tété île cheval.

Frise des [.ions.

SUSIANE ET PERSE

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