JUDAÏQUES
Cerf chassé en char.
Je peuple mal connu des Hétéens, qui avait occupé, croit-on, le territoire juif jusqu'aux frontières de l'Egypte, parait s'être définitivement établi au nord de la Syrie. Son histoire est indiquée par deux séries de documents, juifs et égyptiens. Dans le 11* livre des Rois, les Syriens assiégeant Samarie, sous le régne de Joram, s'enfuient parce qu'ils entendent le bruit des chars hétéens et égyptiens. Plus tard, Isaïe se réjouit de la défaite des Hétéens. On connaît aussi ce peuple mystérieux par les compositions et les textes de l'Egypte, à Thèbes, à Ipsamboul, à Karnak, où l'on voit fuir les Khiti (Hétéens) sur leurs chars de guerre, devant le roi Seti, avec cette légende': «Voici la race perverse des Khiti: Sa Majesté en a fait un grand massacre.» Puis les Hétéens, alliés aux Lyciens, aux Cariens, aux Mysiens, battus par Ramsès II, recommencent la guerre, signent enfin avec les Egyptiens une paix éternelle, et cela finit par un mariage, celui de Ramsès II avec la fille aînée du prince des Hétéens.
Puis, l'Egypte dût abandonner toute idée de nouvelle conquête, devant le mouvement offensif de l'Asie Mineure, qui soumit, au IXe siècle, les Phéniciens, et les Hétéens avec eux. Une dernière révolte est réprimée par Sargôn, en 717, les Hétéens sont emmenés à Ninive et remplacés par des Assyriens.
Il ne reste de toute cette longue et confuse histoire que des inscriptions et des bas-reliefs. Le Louvre possède l'un de ceux-ci, dont la parenté est visible avec l'art chaldéo-assyrien : Un cerf chasse en char. C'est le char de guerre, à deux roues, attelé d'un cheval, léger comme un phaéton, qui effraya les Syriens. Les animaux: cheval, chien, cerf, ont une grâce et une souplesse de mouvements que ne possèdent pas les personnages.
Les monuments judaïques proviennent du pays de Moab, de Jérusalem, du Tombeau des Juges, des Tombeaux de la vallée de Josaphat, des tombeaux de la vallée de Hinnom, du plateau de Masada, d'Aaraq-el-Emyr, de Beith-Sahour, d'Ascalon, etc. Ils consistent en divers objets funéraires, en boîtes et couvercles de sarcophages, en pierres gravées d'inscriptions. Des ornements sont faits de palmettes, de feuillages, de fleurs, de grappes de raisins. On croit posséder le couvercle du tombeau du roi David, et le sarcophage de la reine Sadda, qui contenait un squelette. La stèle de Mesa, «la découverte la plus importante qui ait été faite dans le champ de Tépigraphie orientale», a prononcé Renan, porte une inscription de trente-quatre lignes, en dialecte moabite: le récit des guerres de Mesa, roi de Moab, contre Israël, à la mort d'Àchab. On a émis l'hypothèse que le personnage sculpté du bas-relief de Schihân pouvait être Mesa: il est coiffé d'un casque, nu jusqu'à la ceinture, vêtu de la courte jupe égyptienne. Auprès de lui, un animal informe. Par la souplesse du mouvement, cette pierre taillée est plus près des commencements de Part grec que
de l'art assyrien. C'est la sculpture la plus intéressante de la Palestine, avec le bas-relief d'Athara, déesse locale d'Ascalon, représentée nue jusqu'à la ceinture, entre deux autres femmes nues, à l'ombre de deux arbrisseaux.
scl|LPTUPE MOÂIMTE