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chambre, dont l'histoire d'Iléliodore forme en effet le principal tableau. On sait que, d'après les livres saints, ce préfet ou général de Séleucus Philopator, roi de Syrie, chargé par son maître de saccager le temple de Jérusalem, fut arrêté sur le seuil par des anges qui le battirent de verges. Raphaël faisait allusion, dans ce sujet, à l'histoire de son protecteur, le belliqueux Jules II , qui avait dit : « Il faut jeter dans le Tibre les clés de saint Pierre, et prendre l'épée de saint Paul pour chasser les barbares, » et qui, en effet, mêlant le glaive laïque aux foudres religieuses, montant lui-même à l'assaut, la cuirasse sur l'épaule, avait réussi à chasser tour à tour les Vénitiens et les Français du patrimoine de saint Pierre. L'allusion est évidente, puisque, dans ce temple de Jérusalem, ce n'est pas le grand-prêtre des Hébreux qui préside à la punition du soldat sacrilège, mais le pape des chrétiens, porté sur la sella gestatoria, et couronné de la tiare. Le groupe du pape et celui d'Héliodore renversé, que son armure de fer n'a pu protéger contre la force invincible d'un simple signe du messager divin, — heureuse image de la supériorité de l*dée sur la force brutale, — sont les deux plus belles parties de cette magnifique composition, qu'aucune autre de Raphaël n'égale pour la vivacité et le mouvement. Raphaël, au reste, qui l'a dessinée tout entière, n'en a peint que le groupe principal. Celui où se trouvent réunies plusieurs femmes est de Pietro de Cremona, l'un des élèves de Corrége, et le reste, de Jules Romain.

Jules II voulait sans doute remplir toute cette chambre. Si Raphaël a représenté sur le panneau qui couvre la fenêtre la Délivrance de saint Pierre, c'est parce qu'avant d'occuper le siège apostolique, Julien de la Rovère avait le cardinalat de Saint-Pierre-ès-liens, héréditaire dans sa puissante maison.

Cette fresque est divisée en trois parties ou compartiments. Dans le premier, à droite, sont les soldats qui gardent l'en-

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trée de la prison ; dans celui du centre, saint Pierre, que l'ange vient éveiller ; dans celui de gauche, encore Tango et saint Pierre qu'il emmène par un escalier tournant. L'effet principal de ces tableaux consiste dans la différence des lumières dont ils sont éclairés. Les soldats dorment aux sombres reflets d'une lampe, tandis que l'ange, lumineux comme un astre, apporte dans la prison une lueur éclatante. Eu imaginant , en exécutant un effet semblable , Raphaël a prouvé qu'il pouvait se jouer de toutes les difficultés de son art, même de celles qui tiennent plus spécialement à la couleur. Des critiques, ingénieux peut-être jusqu'à découvrir dans l'œuvre du peintre des pensées qu'il n'a pas conçues, ce que font souvent les commentateurs littéraires, ont cru reconnaître dans le visage de l'apôtre un mélange des traits du vieux Jules II et du jeune Raphaël. Celui-ci, disentils, aurait fait comme Apelles, qui, en peignant un dieu pour le temple d'Éphèse, avait trouvé moyen de faire reconnaître à la fois dans celte image une mâle ligure de Jupiter et un Alexandre au visage efféminé. Chacun peut s'amuser à vérifier jusqu'à quel point est fondée cette suppositiou.

C'est encore Jules II, en costume pontifical, qui, malgré l'anachronisme , préside au Miracle de Bolsena % représenté dans l'une des fresques de cette chambre. Je crois qu'on donne ce nom de Miracle de Bolsena à l'aventure d'un prêtre, qui, doutant de la présence réelle de Jésus- Christ dans l'Eucharistie, vit tout à coup, au moment de la consécration, jaillir de l'hostie du sang qui se répandit sur l'autel. Il y a dans cette fresque , très animée aussi et très dramatique, de beaux contrastes entre les diverses passions dont les groupes sont agités, et le coloris, principalement dans la partie supérieure , est d'une force et d'un éclat qui pourraient la faire attribuer aux Vénitiens.

Saint Léon arrêlant Attila aux portes de Borne est un sujet qui conviendrait certainement mieux à l'histoire de

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