‹ Les musées dA̓ngleterre, de Belgique, de Hollande et de Russie: guide etChapitre 13 sur 38 · Maison des frères Trippe, riches fabricants d'armes · texte numérisé non relu

Maison des frères Trippe, riches fabricants d'armes

nise est tout vénitien, comme celui d'Anvers est tout anversois. A peine y peut-on rencontrer çà et là quelques échantillons faibles et douteux de quelques maîtres étrangers. Plusieurs sont de simples copies. Encore ces maîtres sont-ils si mal connus dans le pays que, sur le petit livret , leurs noms sont étrangement défigurés. On y lit Morillos (pour Murillo), Velasque (pour Velazquez), Spagnoletti (pour Ribera lo Spagnoletto), Gyrus. Ferrus (pour Ciro Ferri), etc.*. Dans les rares et pauvres échantillons des écoles étrangères , il ne se trouve rien de plus à citer, ce me semble, que quatre portraits attribués à Holbein le jeune. On les nomme Érasme, Robert Sidney (quel est ce personnage?), Charles-Quint et l'empereur Maximilien. Pour ce dernier, un doute est plus que permis. Maximilien II ne fut empereur que dix ans après la mort de Holbein, et Maximilien I" mourut en 1519, alors que Holbein, né en 1498, n'avait que vingt et un ans. Il est difficile de croire qu'avant cet âge, et encore inconnu, Holbein eût reçu la mission de reproduire son visage impérial. Si ce portrait était celui de Maximilien, il devrait être l'ouvrage de Holbein le père. Mais, comme celui d'Érasme, il est d'une exécution supérieure, admirable, qui démeçit une telle attribution. Laissons-lui donc, pour la vérité de Tart, le nom de Holbein fils , en lui ôtant, pour la vérité de l'histoire , le nom de Maximilien. Et recommandons à tous les rédacteurs de catalogues et livrets, puisque cette nouvelle occasion se présente, de toujours consulter les dates : elles font toucher du doigt une foule d'erreurs , accréditées par la tradition.

Amsterdam n'a donc qu'un musée hollandais. Mais

1 . Un nouveau livret vient de paraître (1859), sous la forme et avec les développements des livrets du Musée de Paris. On y a môme ajouté, chose utile et louable, le fac-similé des signatures, monogrammes et dates que portent les tableaux. Par malheur , ce Uvret est publié seulement en hollandais; il attend, pour les étrangers, sa traduction française.

avec des maîtres si nombreux, si laborieux et si fëconds, la Hollande seule doit suffire. En effet, il n'y a pas moins de quatre cent trente numéros sur le catalogue général.

Pour cette raison, qu'une seule école est représentée , comme à Rotterdam et à la Haye , nous ne suivrons pas non plus l'ordre chronologique dont nous nous jsommes, partout ailleurs, fait une habitude et un devoir. Marchant, non plus par rang d'âge, mais par rang de mérite, nous indiquerons d'abord les maîtres qui ont laissé là des œuvres capitales, hors de ligne comme hors de question , de vrais chefs-d'œuvre enfin; puis ceux dont les ouvrages distingués, excellents, méritent qu'on les recherche avec soin, qu'on les contemple avec amour. Je me garderai bien de dire

Le reste ne vaut pas l'honneur d'être nommé;

mais puisque je n'inscris pas une liste, puisque je ne dresse pas un catalogue, je me dispenserai d'en faire mention.

En tête de la première classe, celle des grands chefsd'œuvre , deux noms se présentent d'abord , comme à la Haye, Rembrandt encore et Van der Helst.

Rembrandt est le plus grand des peintres hollandais, des peintres protestants, réalistes, et aussi le plus grand des poètes par le seul emploi de l'expression, djx mouvement et de la lumière. Il a longtemps vécu à Amsterdam, qui vient de lui élever une statue sur l'une de ses places*, et il y est mort, à soixante et un ans, dans une petite maison que l'on voit encore à l'entrée du quartier des juifs*. H était juste qu'Amsterdam recueillit son œuvre capitale, celle qu'on place au premier rang de toutes ses œuvres. Réunissant jusqu'à vingt -trois personnages de . grandeur natureUe , ce tableau fameux représente un peloton de la garde civique d'Amsterdam, officiers, soldats, étendard et tambour, faisant ime patrouille dans les rues. -

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