PORTE D'ENTREE DU DOME CENTRAL
(Pj/jw dex BeiTux-Arts]
Barry, phot. et împ. Paris
PALAIS DKS l'.KAlIX-AHTS. 89
5° Quant à la sculpture, la grande galerie de façade doil contenir tous les marbres que la Ville possède.
On sait comment se font les acquisitions des modèles, en plâtre généralement, que, sur délibération de la Commission, l'artiste sera chargé de reproduire en marbre ou en bronze. Ici, une difficulté peut se présenter au point de vue de la constitution du musée. Presque toutes les statues achetées ont une destination, à moins d'être une ligure de musée exclusivement et sont exposées dans des squares ou des jardins publics, en sorte que le visiteur ne peut avoir une idée générale des richesses de la Ville.
Une solution, qui pourrait parer à cet inconvénient, consisterait h laisser la reproduction dans l'endroit où elle était affectée et à réunir dans une même galerie tous les modèles et les esquisses ; en un mot, à faire pour la sculpture ce que l'on fait pour la peinture, car, dans les concours pour une décoration, les maquettes des concurrents, classés les premiers, appartiennent de droit à la Ville, qui peut encore retenir les réductions au tiers, provenant d'un second concours entre les trois premiers candidats.
Il y aurait là une exposition bien intéressante, au point de vue documentaire et qui permettrait facilement de se rendre compte des conceptions artistiques des maîtres sculpteurs.
6° Il arrive souvent que l'industrie demande à la Ville de Paris la permission de prendre une des sculptures qu'elle a achetées, pour en faire le moulage et livrer la reproduction au commerce.
La A'ille n'entend point garder poiu" elle seule les chefs-d'œuvre qui lui appartiennent; elle veut, au contraire, que tout le monde en profite dans la plus large part possible et accorde généralement l'autorisation de reproduire ses statues ou ses groupes, à une condition pourtant, c'est qu'une des reproductions en bronze lui revienne à titre de reconnaissance.
Il semble qu'une des petites salles du Palais des Beaux-Arts serait tout indiquée pour recevoir les bronzes acquis de cette façon et donner ainsi une marque de la sollicitude de la Yille de Paris pour son commerce.
1° Les médailles et les vitraux ne sont malheureusement pas en quantité suffisante pour permettre d'en faire une exposition à part.
Il est à regretter que la Yille ne cherche pas à donner à celte branche de la production artistique l'impulsion et le mouvement qu'elle a communiqués aux autres, car, les amateurs particuliers n'ont pas souvent les moyens fort coûteux de favoriser cette manifestation de l'art.
Ainsi qu'on peut s'en rendre compte par ce rapide aperçu, le musée de la Yille de Paris en 1901 se classera parmi les plus importants. Pourtant, le double travail de réunion et de classification sera souvent embarrassant.
Que vont devenir, par exemple, les tableaux dont je parlais plus haut et qui ont été placés provisoirement à l'Hôtel de Yille?
Il semble, en effet, fort difficile, surtout lorsqu'on ne peut les remplacer par rien, de les retirer des pièces oii ils étaient placés, alors qu'on était habitué à les y voir et bien qu'il ait été convenu qu'ils ne devaient point y séjourner.
Un avis, émis par beaucoup d'artistes, qui rendrait la solution de la question facile, tout en satisfaisant tout le monde, serait de prélever, sur les sommes que la Yille de Paris destine aux achats annuels, une certaine partie dans le seul but d'acquérir des œuvres nouvelles destinées à remplacer celles devant figurer au musée.
Celle mesure, prise dans les années 1899, 1900 et 1901, permettrait d'obtenir un nombre de tableaux suffisant pour remplacer ceux qui sont destinés au musée de la Yille.
En outre, ce système répondrait à une réclamation que quelques artistes font souvent.
« Lorsque la Ville de Paris a acheté notre tableau, disent-ils, c'était dans le but de l'exposer et nous n'aurions pas vendu dans les mêmes conditions, si nous avions été assurés que notre œuvre était destinée à entrer provisoirement à l'PIôtel de Ville et à y rester peut-être. »
Il est vrai que la Ville peut répondre : « Du moment que le tableau est acquis, j'ai le droit d'en disposer. »
Nous touchons ici à la question très délicate du prix d'achat et, si l'on se permet d'émettre une opinion sur ce sujet, c'est qu'il doit y avoir, pour la Ville de Paris, matière à réaliser des économies qui pourraient lui donner licence d'acheter des œuvres d'art plus nombreuses.
D'abord, doit^on croire que la Ville de Paris puisse répondi'e tout à fait comme un simple particulier: « Une fois l'œuvre achetée, j'ai le droit d'en disposer comme bon me semble? » Non, pas absolument; car, dans l'esprit du vendeur, il existe toujours une condition tacite, c'est que son œuvre sera exposée dans un musée public.
De plus, alors même que l'artiste n'aurait point cette idée en tête, ne serait-il pas préférable de la lui suggérer? Car, en somme, celui dont l'œuvre est acquise par l'Etat ou par la Ville est doublement privilégié : d'abord, le fait d'avoir une œuvre achetée dans ces conditions est une consécration, un honnear; en outre, avoir une toile exposée dans un musée public est toujours une excellente chose. Il n'y a pas lieu à prononcer le mot de réclame, quand il s'agit d'art, mais, il est de fait qu'un peintre dont les toiles sont publiquement exposées tous les jours a plus de chance d'être connu que celui dont les tableaux n'ornent que des galeries particulières.
Telles sont les raisons que l'on peut faire valoir aux artistes pour leur proposer un prix raisonnable de leurs œuvres ou, tout au moins, leur faire abaisser considérablement leurs prétentions.
Un second facteur non moins important est l'achat... j'allais dire, au comptant.
Il s'est passé dernièrement un iait assez curieux et qui vient donner un appui typique à cette opinion. Un scul])teur ayant exécuté une grande figure se vit pressenti pour l'achat de son œuvre, par la Ville de Paris et par l'Etat. La première lui avait fait demander le prix qu'il en désirait, ainsi que cela se pratique au Conseil Municipal de Paris à l'heure actuelle, puis elle avait laissé le temps s'écouler et l'artiste indécis sur le sort qu'aurait son œuvre. Quelque temps après, le Directeur des Beaux-Arts le pria de venir lui parler et lui fit la proposilion suivante. « L'Etat a jeté son dévolu sur votre œuvre, nous désirons l'acheter et nous savons d'ailleurs quel prix on peut l'estimer au juste. Elle sera exposée en public, donc vous aurez tout à gagner. Voici ce que je vous propose ; la Ville de Paris vous a laissé dans l'indécision, vous lui avez demandé un prix double de celui que nous vous ofl'rons, mais vous ne savez pas encore si l'acquisition sera définitive. Voici, au contraire, la somme que nous payons, vons n'avez qu'à signer l'acte de vente et l'argent vous sera remis de suite. »
L'artiste, qui d'ailleurs avait beaucoup d'appui au Conseil Municipal, refusa parce qu'il était moralement sûr qu'on prendrait son œuvre; mais, j'en sais beaucoup d'autres qui n'auraient point hésité. « Un bon tiens vaut mieux que deux tu l'auras ! » dit le proverbe qui est toujours vrai.
Il est certain qu'un pareil système d'achat au comptant permettrait d'économiset" des sommes assez considérables pour acheter quelques tableaux de plus, par an. Il faudrait, d'abord, proposer un prix à l'artiste, au lieu de lui laisser exposer ime prétention qu'il ne court aucun risque à faire très exagérée, puisqu'il peut toujoiu's en rabattre.
On pourrait, en second lieu, payer au comptant. Une fois la Commission décidée à acheter une œuvre, qu'elle en ofï're le prix qu'elle veul y mettre et que l'affaire soit conclue immédiatement !
Enfin, pour que rien n'échappe à l'attention vigilante de la Commis-