MUSÉE CERNUSCHI
SOUS le corps, la main droite est levée, l'aulre repose sut' les genoux ; mais, c'est dans l'expression de la figure surtout que l'on se rend compte de l'intensité de sentiment que l'artiste est arrivé à rendre. Le calme, la sérénité se dégagent de cette statue qui donne vraiment l'impression d'une divinité.
Tout autour, rangés sur des étagères en forme de gradins , des multitudes de vases et d'objets de toutes sortes, japonais à droite, chinois à gauche.,'
Ce sont des bêtes, des canards, des coqs, des lapins, des chiens, des cerfs, des hiboux, des perdrix, surtout dans la section japonaise, indiquant l'esprit de ce peuple familiarisé à reproduire les choses de la nature; puis des brûle-parfums, des bibelots de toutes sortes et de toute grandeur.
Xn fur et à mesure que l'on poursuit sa visite, cette impression de fini et de perfectionnement, dont je parlais tout à l'heure au sujet des objets chinois, se dégage de plus en plus, et si l'on sent chez les Japonais la facilité de reproduction et l'assimilation très développée, on ne peut s'empêcher de trouver qu'au point de vue artistique, le Chinois est plus consciencieux. C'est bien là sa caractéristique. Un simple fait suClira h le prouver. Il est rare qu'un bronze chinois ne soit pas monté sur un socle. Or ce socle, en bois la plupart du temps, est lui-même un chef-d'œuvre de finesse et de délicatesse, toujours dans la même noie que l'objet qu'il supporte et propre à le mettre en valeur.
Au pied du boudha de iMégouro, s'élève un admirable brùle-parfum en cloisonné d'un travail extraordinaire; puis, toute une vitrine de miroirs en cuivre poli, de gardes d'épées finement ciselées.
En 1872, une réforme de l'armement forçait tous ceux qui possédaient des sabres anciens à les mettre de côté ; c'est ainsi que les circonstances pei'mirent k M. Ccrniischi de réunir toute une collection de gardes authentiques qu'il serait impossible de reconstituer de nos jours, bien qu'on prétende en vendre encore à l'heure actuelle.
Une galerie de vitrines règne au premier étage de celte immense salle oii sont réunis par catégories tous les objets en bronze.
C'est ainsi que l'on voit successivement des armoires de dieux mongols, des séries de musiciens, des vases à libation en forme de corolles de fleurs h double face; puis, des vases en amalgame d'or, bronze et argent, provenant de lingots trouves dans des incendies et où l'or et l'argent forment des niellures du pkis curieux effet; des vitrines de diables et de démons, des caricatures des dieux. Tout un ensemble de bibelots suspendus, singes accrocliés par le bras ; perroquets sur un percboir; de curieuses pièces comme des rêves s'échappant, en volutes de famée de cigarette, d'une luiître ou d'un crapaud ; des bètes avec des yeux en pierre rayée de blanc. Des cloches de pagodes, des encagements de toitures, des carillons, des casques de seigneurs, des chauffe-mains très curieux, des étriers, des théières, des vases imitant la vannerie, des gourdes, des bouteilles.
Un vieux carillon de deux mille deux cents ans ; enfin, deux vases, sacrés sans doute, datant de quatorze cents ans avant l'ère chrétienne, en bronze avec, marquée sur le côté, l'empreinte de la main qui doit permettre de les saisir et jusqu'à la trace des ongles.
En bas, deux superbes dragons japonais d'une exécution remarquable, enfin, une maigre vitrine renferment tous les spécimens de l'art hindou, bien rares.
En passant dans la salle à manger, on retrouve des porcelaines; d'abord, une réduction de la pagode de Nankin en porcelaine blanche émaillée bleu ; puis, une collection de grès flambés et de céladons d'un gris vert admirable.
Enfin, un meuble duTonkin en bois de fer ciselé, richement incrusté de nacre.
Dans la galerie du bas, sont réunis tous les grès et les porcelaines qui, bien moins nombreux que les bronzes, donnent une idée très complète de