‹ Les musées de la Ville de ParisChapitre 8 sur 14 · MUSEE CERNUSCHI · texte numérisé non relu

MUSEE CERNUSCHI

tout ce que peut produire la Chine et le Japon. Ce sont des céladons anciens et aulhenliques et des porcelaines japonaises rapportées par M. Cernuschi : les porcelaines de Salzuma, de Kioto, d'une teinte grise à dessins blancs, de Takalori, de Sami, de Seto Oriki, aux tons verts bleutés.

Les produits de Samouki, à dessins mélangés vert, jaune et bleu; Kaja, Kishion, bleu ciel et \iolet ; Osaka, d'un jaune vif; puis, des imitations japonaises de Délit, les porcelaines de la fabrique de Tokio avec le vert Damine, les produits de la manufacture de Hizen, les porcelaines blanches et les grès verts de céladons avec les personnages à figure brune.

Si je me suis laissé aller à tenter ici une rapide nomenclature des richesses que renferme le musée Cernuschi, c'est afin de mieux montrer l'ensemble parfait qu'il constitue.

Celui qui avait su grouper tant d'oeuvres d'art continuait à accroître sa collection par des acquisitions sans cesse renouA^lées, en sorte qu'il léguait à la Yille de Paris un musée absolument complet.

En sera-t-il pour celui-ci comme pour beaucoup d'autres musées qui s'augmentent souvent par suite de généreuses donations? Il est permis d'en douter pour une double raison. D'abord, il est si rare de trouver des personnes s'occupant à collectionner des objets d'art chinois ou japonais ; en outre, les pièces qui composent les collections ont été absolument triées parmi les plus remarquables par leur travail ou par leur ancienneté; il est donc très difficile de donner mieux ou même aussi bien que ce que le musée possède, et si quelques pièces manquaient, il faudrait pour s'en rendre acquéreur que la Ville dépensât des sommes considérables dont elle ne peut certainement pas disposer spécialement, dans ce but.

Tel qu'il est, le musée Cernuschi est un admirable musée dont la Municipalité doit se montrer fière, au point de vue esthétique d'abord et

beaucoup aussi au poinl de vue pratique. On ne se doute guère, en effet, du nombre d'objets que nous voyons chez des fabricants français, et qui ont été inspirés par des modèles chinois ou japonais. A l'heure actuelle, on vient encore constamment se documenter auprès de ces merveilleux ciseleurs, qui savent si bien réunir la hardiesse dans la conception et la conscience dans rexécution.

La conservation de ces curieuses collections, si bien placées sous la surveillance de M. Causse, ancien secrétaire de M. Cernuschi, est, de toute façon, assurée aux Parisiens.

Car si la Ville avait jamais l'intention de s'en dessaisir, elle ne peut le faire aux termes des conditions imposées par M. Cernuschi, qu'en les donnant au musée du Louvre, avec tous les frais d'aménagement à sa charge.

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