‹ Les Musées de MadridChapitre 23 sur 49 · PORTRAIT DD NAIN (C EL PROMO », EAU-FORTE DE GOYA · texte numérisé non relu

PORTRAIT DD NAIN (C EL PROMO », EAU-FORTE DE GOYA

(D'après Velazquez.)

à Venise, il y étudia avec amour les maîtres qu'il préférait, le Titien, Veronèse, et copia, d'après Tintoret, le Crucifiement et la Cène. A Rome,

il fit aussi quelques études d'après Raphaël et Michel-Ange, mais il n'était pas homme à vivre de la pensée des autres et la nature l'eut vite reconquis. Logé à la villa Médicis, il en admira la beauté des jardins, et, pour en conserver le souvenir, il improvisa deux charmantes études peintes, cataloguées au Musée du Prado sous les nos 1106 et 1107, et qui sont deux petits chefs-d'œuvre.

Deux compositions importantes furent également le résultat de son séjour à Rome : l'une, intitulée la Tunique de Joseph, est à l'Escurial; l'autre, la Forge de Vulcain, se trouve au Prado. En étudiant ce dernier ouvrage, on sent tout de suite que, comme pour le Bacchus, Velazquez ne s'inquiète guère des formules italiennes non plus que du sens poétique du thème qu'il a choisi; il ne voit rien, ne cherche rien en dehors de la réalité; ce qui l'intéresse et le captive, c'est la nature interrogée dans son caractère, son mouvement, et rendue, avec son imprévu pittoresque, dans sa curieuse diversité. La Forge a été peinte à Rome, mais on la pourrait croire tout aussi bien exécutée à Madrid, car l'artiste n'y fait aucune concession au milieu qu'il habite et aux influences qui l'entourent. Ses forgerons, son Vulcain, son Apollon, ne sont-ce pas là autant de portraits et de modèles pris parmi ses compatriotes? Et il en sera de même lorsque, pour la décoration de l'Alcazar, il peindra Mercure et Argus, le dieu Mars, et encore ces personnages hétéroclites'qu'il appelle ironiquement Ésope et Ménïppe; on voit que Velazquez en prend à son aise avec l'antiquité et la mythologie.

A Naples, où il était allé s'embarquer, Velazquez se lia étroitement avec Ribera, dont il s'était montré dès sa jeunesse l'admirateur enthousiaste. Il peignit là le portrait de la sœur de Philippe IV, l'infante Maria, reine de Hongrie, que le catalogue du Prado prétend, à tort selon nous, identifier avec le portrait n° 1072 qui n'est autre, à notre avis, que l'esquisse primitive pour le portrait équestre de la première femme de Philippe IV, Elisabeth de Bourbon.

L'art italien n'avait pas eu de prise sur le tempérament de Velazquez. Aussi, après son retour en Espagne, ne saisit-on dans ses nouveaux ouvrages aucunes réminiscences, aucunes traces quelconques d'une influence étrangère. Il reste lui-même et rien que lui-même dans les beaux portraits exécutés de 1635 à 1638, et qui représentent Philippe IV, son frère don Fernand et l'héritier du trône, l'infant don Balthazar Carlos, tous trois en costume de chasse, le fusil à la main, et accompagnés de leurs chiens favoris. De ce même

ian chez Coëllo pin?

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