L'INFANTE MARIE-THÉRÈSE , FILLE DE PHILIPPE IV
lmp Leroy
Jusqu'à présent, nous n'avons rencontré que des tableaux étrangers importés en Espagne soit par des dons, soit par des acquisitions. Voici qu'aux premières années du xvme siècle, la question d'origine se complique d'une condition nouvelle.
Lorsque Philippe V, consolidé sur le trône, veut se construire des palais qui reflètent son goût propre, il ne trouve plus en Espagne un seul artiste de valeur pour les édifier et les embellir ' : il fait venir des architectes d'Italie et des peintres de France. Le Brun, sollicité, lui envoie Houasse (René-Antoine), qui, à sa mort2, est remplacépar son fils Michel-Ange Houasse, bientôt emporté, lui aussi, par le climat de Madrid (1730). Après eux vient Kanc3, le meilleur élève de Rigaud, qui meurt à son tour (1735), puis Louis-Michel Van Loo', qui reste en Espagne jusqu'en 1752. Tous ont laissé une trace de leur passage dans les collections royales.
De Houasse le père, le Musée du Prado n'a gardé qu'une toile, représentant une jeune femme vêtue à la turque, un masque à la main, dans le goût de Santerre : c'est une oeuvre charmante.
Houasse le fils a deux portraits rapportés à la collection de Charles III, ce qui tend à faire croire qu'ils avaient été donnés par le roi à son fils cadet : celui de l'Infant don Philippe, duc de Parme, encadré dans un ovale qui imite la pierre, atteste une touche légère et spirituelle ; la petite infante Dofïa Maria, en robe bleue et en