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V. Paul Lefort: La Peinture espagnole, pages 257 et sq

2. Bermudez dit qu'il vint en Espagne sur la demande de Philippe V, au commencement du règne de ce dernier. Papillon de la Ferlé prétend, au contraire, qu'il y avait été appelé par Charles II et était revenu en France en 1692. On trouve dans Nagler que Houasse fut nommé recteur de l'Académie des Beaux-Arts de Paris, à son retour d'Espagne; or, cette nomination est du 2 juillet 1701; le témoignage de Bermudez semble doncconfirmé. (V. Dussieux, Les Artistes fr. à l'étr., page 221).

3. C'est Raoux qui avait reçu l'invitation de se rendre en Espagne; mais, craignant que l'air de ce pays ne fût contraire à sa santé, il n'accepta pas cet honneur, et on envoya Bancàsa place, en 1722. Voir le jugement de Bermudez sur les tableaux de Ranc (Mercure de septembre 1722, et de mars 1729).

■4. C'est à Rigaud que Philippe V demanda de lui désigner un peintre. Louis- Michel Van Loo fut choisi et vint à Madrid en 1736. En 1751, il devint directeur de l'Académie de San-Fernando, à la fondation de laquelle il avait puissamment contribué.

manteau rouge, rappelle le faire brillant et poli de Mignard. En revanche, je n'aime guère les pastiches de Poussin : une Sainte Famille, une Bacchanale, un Sacrifice en l'honneur de Bacchus, etc.

Ranc est un peintre intéressant qu'on ne peut guère connaître qu'à Madrid. Les portraits de Philippe V et d'Isabelle Farnèse, où il semble avoir tenté de rivaliser avec Rubens et Velazquez, ne justifient certes pas cette exorbitante prétention, mais valent à peu près ceux que Rigaud exécutait à la même époque. Quelques figures d'adolescents et d'enfants sont un charme extrême. J'ai surtout remarqué le Prince des Asturies, depuis Ferdinand VI, représenté à l'âge de quinze ans environ, en pied, courant dans un parc, avec un petit chien qui saute à ses côtés : la casaque rose, la veste de soie tissée d'or, la culotte amarante sont d'un coloris délicat et vif qui s'harmonie à merveille avec le visage animé du jeune homme. Ranc parait avoir été imité et copié en Espagne : plus de vingt tableaux, où les auteurs se sont visiblement inspirés de son style, s'éparpillent dans les galeries.

Le musée ne possède qu'un tableau de Carie Van Loo : c'est un portrait de Louise-Isabelle de Bourbon, femme de l'infant don Philippe: la facture en est médiocre, bien inférieure à la plupart des œuvres, exposées ici même, de son neveu Louis-Michel. Celui-ci ne peut être jugé véritablement qu'au Prado. Le Louvre n'a de lui qu'un Appollon poursuivant Daphrié, travail de jeunesse qui lui a servi de morceau de réception à l'Académie, en 1733. Les quatre tableaux que nous avons sous les yeux sont d'une tout autre valeur. Le plus important est sans contredit la Famille de Philipe V1, une immense toiledecinqmètres sur quatre, exécutée'par l'auteur en vue d'un concours auquel Ranc prit également part2. La couleur en est blanche et rose, d'un éclat et d'une conservation dont l'air deMadridseul donne desexemples. Les figures manquent seulement un peu de relief et d'accent; elles sont plutôt dessinées que modelées, plutôt peintes à plat que posées en plein air. Le petit portrait de l'Infant don Philippe, tout en nuances, dans une gamme claire, échappe mieux à ce défaut, dont Louis-Michel Van Loo est coutumier.

Avec Isabelle Farnèse, le goût était entré, à la cour d'Espagne, des joliesses un peu mièvres qui étaient depuis quelque temps à la

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