VAILLANT. « À. WALEWSKI
A la suite de ce décret on nomma une commission chargée de désigner les objets destinés à augmenter les collections du Louvre, et ceux réservés pour les musées de province. Gette commission arrêta son travail de la manière suivante: d’après limportance des demandes et la notoriété des musées, elle divisa les villes en trois catégories , et attribua à chacune d’elles un lot composé de tableaux, de sculpturés et d'objets archéologiques en tenant compte du nombre d'œuvres correspondantes que ces villes possédaient déjà. Pour les tableaux seulement, voici les noms de ces villes et le chiffre des toiles qui leur furent adressées : Aïx, 5.— Ajaccio, 4. — Amiens, 7. — Alençon, 3.— Angers, 5. — Autun, 3. — : Bagnères, 4. — Bayeux, 3. — Bar-le-Duc, 4. — Bernay, 3. — Besançon, 6. — Béziers, 3. — Blois, 5. — Bordeaux, 7. — Boulogne, 5.— Bourges, 6.— Caen, 6.— Chambéry, 4.— Chartres, 5. — Cherbourg, 3. — Colmar, 3. — Compiègne, 3. — Dieppe, 3. — Dijon, 7. — Dinan, 3.— Dôle, 3. — Évreux, 3. — Grenoble, 6. — Le Havre, 5. — Laval, 4. — Le Mans, 5. — Le Puy, 5. — Lille, 8. — Lyon, 7. — Meaux, 2. — Marseille, 6. — Melun, 5. — Metz, 5. — Montargis, 3.— Montauban, 3. — Montbelliard, 3. — Montpellier, 6. — Moulins, 5. — Nancy, 6. — Nantes, 6.— Nevers, 5. — Nice, 5. — Niort, 4.— Orléans, 6. — Périgueux, 6. —
Perpignan, 4. — Poitiers, 5. — Rheims, 5. — Rennes, 6. — Riom, 3. — Rouen, 8. — Saint-Pol, 5. — Saint-Lô, 3. — Saint- Quentin, 3. — Soissons, 4. — Strasbourg, 5. — Tarbes, 3. — Toulon, 3.— Toulouse, 6. — Tours, 5. — Troyes, 5. — Valenciennes, 3.
En somme, soixante-sept villes furent dotées de trois cent huit tableaux parmi lesquels plusieurs, sans être des chefs-d’'œuvre (le Louvre a autant que possible gardé les chefs-d'œuvre pour lui, et personne ne songe à s’en plaindre), sont cependant des toiles d’une grande importance, soit au point de vuede l’art, soit au point de vue de l’histoire de l’art.
Cette répartition imprima un nouveau mouvement aux progrès de tout genre faits par les musées de province depuis douze ans. Les salles étaient mieux disposées, les œuvres entretenues avec une attention plus scrupuleuse , les catalogues rédigés avec une critique plus éclairée. Les Conseils municipaux commençaient à comprendre que les objets d’art, en attirant les érudits et les cu-
rieux, pouvaient devenir une source de revenus beaucoup plus considérable qu’on ne l'avait soupçonné jusqu’alors.
Enfin le décret du 26 mars 1869, en renouvellant les mesures libérales du premier consul et de l’empéreur Napoléon, est venu donner un complément d’une importance considérable au système inauguré par le décret du 11 juillet 1862. Le décret du 26 mars 1869 a été rendu dans des circonstances et par suite d’une situation détaillée dans un rapport adressé à l’empereur par le ministre de sa Maison, en date du même jour !.
Voici ce décret :