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sentiments les plus précieux du cœur humain; ils ajoutent des charmes à l'existence; ils apportent des consolations aux pertes les plus sensibles : sous les rapports publics, le législateur voit en eux la jeunesse excitée à se distinguer par l'attrait de la gloire et celui de l’intérèt, les talents attachés à la République, des moyens puissants de récompenser la vertu, des preuves immortelles de la reconraissance nationale.
« L’utilité et l’abus mème que l’on peut'faire de la peinture, de la sculpture et de l’architecture, ont déterminé vos commissions à vous proposer d'établir des écoles nationales de ces arts.
« Vos commissions ont confié les nominations aux professeurs euxmêmes, après y avoir fait concourir la première fois le Directoire.
« Vos commissions ont encore jugé convenable de placer premièrement des écoles et des collections des monuments de ces arts dans les cinq communes où les lycées sont établis, afin de réunir dans ces points du territoire un grand foyer de lumières, et de les rendre assez actives pour qu'en s’attirant et se croisant, elles puissent couvrir toute la République. ' -
« Pour opérer plus sûrement cet effet, nous avons autorisé le Directoire à placer de plus quelques-unes de ces écoles dans les communes les plus populeuses, les plus commerçantes, les plus opulentes, en ayant égard aux établissements qui existeraient déjà. Un des plus heureux penchants des richesses est d’aimer les arts, et ces arts eux-mêmes ont besoin pour prospérer d’être entourés de la fortune.
« Leurs travaux longs et pénibles exigent des dédommagements qui puissent non pas enrichir l'artiste, car qui est celui qui est riche ? mais écarter au moins de sa famille et de lui la triste indigence, et dégager le génie de toute inquiétude.
« Vos commissions n’établissent que successivement des musées auprès de ces dernières écoles, parce que toutes les collections nationales des monuments de ces arts ne pourraient peut-être pas, dès à présent, être divisées en beaucoup de parties sans dégarnir le musée de la commune de Paris, qu’il est nécessaire pour ces arts mêmes de conserver dans toute sa splendeur.
« Chacun de ces musées aura un conservateur responsable et un démonstrateur de cours publics et réguliers, qui feront naître parmi nous le goût de ces beaux-arts, et qui attireront les amateurs et les artistes étrangers. »
Le conseil ordonne l'impression et l’ajournement.
« Au nom du peuple français, le ministre de l’intérieur arrête :
« Vu le rapport du citoyen directeur des musées nationaux, en date du 3 avril 1848, concernant principalement la réintégration au musée central des objets d’art indûment disséminés dans les résidences ci-devant royales et édifices quelconques, et subsidiairement sur la nécessité de relier convenablement les musées des départements au musée central ;
« Vu l’urgence qu’il y a à ce que ce double but soit atteint sans retard ;
« Vu que, par leurs attributions et leurs travaux, les conservateurs spéciaux ne peuvent pas être distraits de leurs fonctions sédentaires dans les différents musées ;
« Vu l’importance des deux objets signalés dans ledit rapport, et sur lesquels l’arrêté du 18 mars 1848 a statué :
« Il est nommé quatre inspecteurs attachés à la direction des musées nationaux ;
« Ces inspecteurs prendront rang immédiatement après les conservateurs spéciaux des collections de Paris, et se transporteront sur tous les points où l’administration des musées nationaux jugera utile de les en- Voyer ;
« [ls recevront avant leur départ des instructions et des documents nécessaires pour faciliter leur mission ;
« D’après les rapports qu’ils adresseront à la direction, ils devront procéder-à la réintégration immédiate des objets appartenant au musée central, ou constater simplement l’existence et l’état de conservation de ces objets et en dresser état ;
« Ils devront, en toutes mesures prises par eux, ea référer à la direction des musées nationaux ;
«-Leurs appointements, à partir du 1° avril, seront fixés à la somme de 4,000 francs ;
« Illeur sera alloué 2,000 francs pour frais de voyage.
« Paris, le 3 avril 1848.