LE CRUCIFIEMENT
un saint Jean dont la douleur reste immobile. La composition, qui fait le centre d un triptyque, est merveilleusemenl sertie d'architecture, de piliers, d'arcs, de niches, de compartiments où se logent des scènes de la vie du Christ, des représentations des sacrements. Les volets, faces et revers de ce trii)tyque donnent à voir le (Uiùlimcnl du pcchc oriffiiicL le Jufjcincnl dernier, deux
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épisodes du Denier de César, où peut sétudier une i)einture Une, précieuse et ilpre. Au contraire, le Mariage de la Vierge, admirablement mis en scène par deux décors dune riche et ferme architecture, est de la forme souple et naturiste qui relierait Jean van Eyck à Quintin Massys par Rogier van der W'eyden. Admirez les types divers qui entourent le prêtre a Tautel, dans la partie gauche de Tœuvre, sous la rotonde byzantine, et dans la partie droite, sous le portail de Téglise, le grand-prétre
obèse, le saint Joseph pareil à un vieux moine, la Vierge délicieuse, aux yeux baissés, aux cheveux ondes, qui donne sa main pour le mariage, Tenfant de chœur qui la pousse vers le prêtre, les hommes et les femmes qui font cercle autour de la cérémonie, et surtout cette femme vue de dos, appuyée au porche, la tête coiffée d'un hennin, et qui relève légèrement son manteau: il ne peut y avoir d'art plus véridique.
Il est d'autres peintres flamands primitifs au musée de Madrid :
PeTIUS C-IIISTI s.
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L'Ann(>nriati<m. la Visitation, la Saissance du Christ, V Adoration des Mages.
Hans Memling, dont on place la vie entre 1435 et 1495, et son Adoration des Mages, répliciue de l'œuvre de lîruges avec les mêmes acteurs et figurants doux et graves; Quintin Massys (14(56 — 1530) et son Erre Homo: Jean (lossaert (1470—1541) et sa Vierge posée comme un bibelot sur une table de marbre, en avant d'un portique de la Renaissance creusé en coquille; Petrus Cristus, dont on ne sait aucune date, élève de Jean van Kyck, et son beau retable coloré divisé en quatre compartiments : VAnnoneialion, la Visitation, la Naissanee du Christ, V Adorât ion des Mages ; Van Orley (1490—1542) et ses personnages en oraison; enfin Joachim Patinir (1490— 1524), ami d'Albert Durer, qui eut quelque influence sur son talent^
comme on peut le voir par la Vierge delà Halle de la fuile en E(jiiph\ par les figures de la Tenlalion de sainl Anloine. mais Patinir est aussi un paysagiste original, un véritable créateur de terrains, de pelouses, de verdures, darhres, de nuages. Avant Hubens, un grand peintie, Pierre Briiegliel le Vieux
JOACIII.M PaTIMII.
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(ir)2()— lo()9) compose les scènes à la lois macabres et comiques du Triomphe de la mari donne la mesure de son génie ironique et philosophique.
La dynastie des Brueghel s'est continuée par Pierre Brueghel le Jeune (15()4— 1()38), dit Hrueghel d'Enfer, imitateur parfois heureux du vieux Brueghel, parfois aussi artiste personnel, et par Jean Brueghel (logS— 1()25), dit Brueghel de Velours, qui a fait preuve de finesse, de couleur et de goût dans nombre de scènes, de
paysages, de bouquets et guirlandes de fleurs: il n'a pas moins de cinquante-cinq tableaux a Madrid, quelques uns fort jolis, et il nous mené à Rubens dont il lut souvent le collaborateur.
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