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Parîrtiit ti hiittititt,
mort en 1044, il rvy u pas, il ne pouvait y avoir la force d'originalité du maître, mais leur peinture ne manque pas de vérité et de pittoresque.
Voyez, du premier, r.4do/Yi//o/7 des Mages, et du second, huvnomnré le iîassan espagnol, V Adoration des Bergers.
Il est d'autres artistes a nommer, qui ont précédé Ribera, Velasquez, ou qui ont été leurs contemporains.
Juan de las Hoëlas, dilehier(goRoelas{l'^V}{}'-li\2o],\\umi[\\ dans la foule qui entoure son Moïse fa Isa fil Jaillir F eau du
rocher, des visages d'hommes, de femmes, d'entants, avides, impatients, véritablement vivanls.
Felippe de Llano, le Petit Titien , f[ni (il un grand nombre de portraits non sans mérite, a ranibilion de se dél>arrasser de son épitliéte diminutive, d'égaler le puissant maître de Venise. Le portrait de l'Infante Isabelle (Haire Eugénie est, au Prado, le témoignage de son grajvd efïorl.
Antonio Fernandez, qui mourut de misère, en l(iH4^ est représenté au musée de Madrid par Le lienier de César.
Barlolome Gonzalès (la(>4— l(i27), élève de Caxes, fut désigné pour les commandes onîcicUes. Philippe III le protégea. 1 éleva à la dignité de peintre du Roi, Il y a de lui au Prado le portrait soigneux, propret, sans éclal, de Marguerile dAutriehe, femme de Philippe 111.
Francisco Pacheco (1571—1604), le premier maître et le beau-père de Velasquez, codifie puérilement l'art farouche de Morales et des peintres religieux. Dans une sorte de catéchisme, UArte delà Pinlura, il fixe les détails d'exécution, proclame la longueur qu'il convient de donner aux clous de la vraie croix, la place exacte
des pieds du Sauveur, examine s'il convient de représenter le démon avec ou sans cornes et queue, si les anges doivent être nus ou habillés, etc. Après quoi, les artistes pourront travaillera coup sûr, sans hésitation. Ces théories n*ont pas cessé de cheminer sous terre :
on trouve une de leurs sources croupissantes dans notre quartier Saint- Sulpice.
Il y a ici quelques spécimens, très ordinaires, de la peinture de Pacheco, mais n'est-ce pas une figure originale, celle de l'homme dogmatique qui écrivait : «L'Art n'a pas d'autre mission que de porter les hommes à la piété et de les conduire vers Dieu». Son atelier dût ressembler à un couvent clos et farouche, pourtant il y avait une petite porte dissimulée, rentrée des artistes. Avec Velasquez, il a pour élève Alonso Cano. Des peintres, des écrivains, Herrera, le Greco, Quevedo, Cervantes se réunissent chez lui. D'ailleurs, Pacheco ne s'obstine pas dans la théologie, il abandonne un jour les sommets arides, redescend parmi les hommes. C'est probablement Velasquez qui froidement, simplement, sans phrases, a guéri son beau-père, en lui montrant des «Velasquez».
.1. B. Mayxo. L'Adoration des Mages.
Vicente Carducho (1578—101^8) est un élève de son Irère Barthélémy, peintre italien. Lui-même naquit à Florence et vint fort jeune s'établir en Espagne. Il eut la faveur de Philippe II et de Philippe III, fut chargé d'un travail immense, colossal, la décoration du cloître de la chartreuse de Paulan. Il a au Prado des tableaux
Pedro Ourente.
L'Adoration dos Jiergers.
de combats, de sièges de villes, bonnes représentations officielles de la Bataille de Fleuriis, des faits de guerre qui se passent à (Constance, à Rheinfeld, sous la direction du duc de Feria.
Eugenio Gaxes, Caxesi ou Caxete (1577—1(542), est élève de son père Patrice. Un effort vers Toriginalité nationale se dessine sous le règne de Philippe III, les traditions florentines s'atténuent. Caxes peint rhistoire d'Agamemnon, mais aussi la Tentative de délmrqiiement des Anglais à Cadix en J()2Ô, où se manifeste le désir de
retracer les épisodes de Thistoire immédiate, de préférence aux exploits des Grecs ou des Hébreux.
Luis Tristan (1580 — 1640) a pu être le lien enlre le Greco et Velasquez, élève du premier et Tun des maîtres du second. C'est
Juan m: l\s KoF.las.
Moïse faisant jaillir Veau du rocher.
un précurseur, un artiste de ferme intelligence, de goût sûr, ainsi qu'en témoigne au Prado le Portrait d'un vieux gentilhomme.
I^'rançois Collantes (1599—1050) est un élève de Carducho. L'Ecole espagnole a représenté des paysages, en fonds de tableaux, mais elle compte peu de paysagistes. Collantes est le premier en date, et celles de ses œuvres que conserve le Prado sont remarquables
par leur calme d'atmosphère, leur purelé de lumière. Si classiques, composées et ordonnées qu'elles soient, ces pages de nature nous changent du jour fumeux des ateliers et de Tair glacé des cloîtres. Sa Vision (VEzcchiel fait songer à Claude Lorrain, avec sa campagne, ses massifs d'arbres, ses ruines.
Antonio Pereda (loîH) — 1()()9), élève de Las (luevas, peint des natures mortes, des portraits, des tableaux d'histoire, et mcMue des Htènes philosophiques. Son Saint Jérôme est une bonne étude de vieux modèle, le Christ de son Ecœ Homo, lamentable, la tète martyrisée par la couronne d'épines, tient de ses mains décharnées l'arbre de la croix.
Félix Castello (lOO'i-lOoO), élève de son père et de Carducho, exécuta de nombreuses fresques pour TEscurial.
On trouve de lui, au musée de Madrid, deux tableaux militaires.
I^'heure est proche. La peinture espagnole va secouer irrévocablement la tutelle italienne, montrer enfin les qualités robustes el fines d'une école ardente, drue, trouvant son originalité chez elle, La Renaissance continue son œuvre, sonne de la trompette autour des murailles rébarbatives, frappe gaiement, à tour de liras, aux portes grillées. La religion ne saurait vivre plus longtemps dans cet état d'hystérie et de violence, dans cette
AXTONU» PtUKDA.
/:(•(♦' Iltnuo.
confusion de sang et de préciosité. Des artistes nouveaux vont faire la chaîne et éteindre peu à peu, doucher, ce foyer brûlant et cette fièvre. A travers des secousses et des réactions, l'humanité va apparaître.