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HIBKI{A.
ZUUBAHAN.
Les biographes font naître José, ou Jusepe, de Ribera, dit l'Espagnolet, (1588-1656) à Xativa, près de Valence, ou dans la province de Lecca, royaume de Naples, à Gallipoli, où son père fut officier du Château. De même sont contestés le lieu et la date de sa mort. Les documents possédés sur sa vie agitée forment un fouillis de faits contradictoires, une sorte d'épopée trouble avec des apparitions plaquées de lumière, auprès d'ombres impénétrables, et celle opposition fait songer à la manière même du maître. Cette existence aurait élé compliquée comme le plus noir, le plus touffu des romans et des drames de l'époque romantique. Si Ton en croyait la légende, les titres des chapitres ou des actes viendraient deux-mêmes sous la plume. Tu seras peintre! . . . Misère et eaptinité ... ha faneur du Roi/ . . . De Vor et
i'euunc, dite la Sibylle.
du sang / . , , La gloire, ses inrliges, ses fureurs . . . Misère et expiation!... Le soleil de Naples l\iit éliiuelor les capes et les pourpoints tailhides, les plumes éclalanles, les pommeaux des épces el des dagues. On voil passer des cortèges brillants, on entend les pleurs el les rires de la musique, le bruit rythmé de la farandole. Des yeux sinistres luisent a l'entrée d'une sombre ruelle qui mène à la cour des miracles.
Ribero fail ù Naples ses premières éludes dans Tatelier de Mîehel-Ange de Caravage, terrilile coinpagnoiK sorti de Home nuitamment, comme un fauve en chasse, el c[ui pourra enseigner à son disciple, avec des secrets de métier, fart de se défaire de rivaux gênants. Api*ès la moi1 de son maîliT\ que la fièvre emporte, rKspagnolel se rend a Rome, (lette i)remière étape est rude. Sans ressources, sans relations, il vit la vie de bohème. 11 en serait réduit à ronger son frein i)t>ur toute ntïuii'iture, si les pensionnaires de TAcadémie n'ajoutaient ([uek|ues rogatons à son ordinaire, si un cardinal ne recueillait le jeune artiste, ne lui indiquait du geste une petite place, une niche dans son palais. Une niche suppose une chaîne. Riliera la biise.
Est-il vrai qu'il échangea alors la livrée du cardinal contre Thabit militaire, qu'il se battil, fut l'ait prisonnier, passa cinq ans dans les bagnes d'Alger? Presque tous les historiens négligent cet épisode, on dirait qu'il fait longueui: il y en a trop, on coupe cet effet.
On retrouve Ribera è Parme, a Modène. 11 est frappé de la grâce du Corrège, si éloignée de la rudesse de son premier maître, le farouche Anierighi, 11 perd, en copiant les tableaux d'AUegri, Ufî peu de sa violence. Sa ]>remière œuvre, lors de son retour à Naples, marque cette évolution. C'est une S(Ui{a Maria Blanca.
Ici se placeraient des intrigues ténébreuses, des incidents obscurs, tragiques, une rivalité avec les Carrache, le Doniiniquin, une lutte
qui se terminerait à la manière du Caravage. Des biographes, des libellistes, prétendent que ce conflit eut pour dénouement la disparition mystérieuse du Dominiquin, des Carrache. D'autres plaident pour Ribera non-coupable. Ribera a-t-il été assassiné? A-t-il assassiné ses rivaux? Mystère et maffia. On voit rôder
autour de cette affaire un certain Belisaire Corenzio, qui n'a pas trop bonne mine:
une sorte de Terreur > napolitaine.
L'amitié que Velasquez témoigne à Ribera est à noter.
Velasquez est un bon témoin à décharge. Cependant, on se demande si le maître impénétrable, qui regardait du même œil profond le Roi et ses monstres, n'était pas capable d'observer de la même façon, avec une curiosité savante, l'énigmatique personnage qui passe pour avoir réuni en lui, comme Benvenuto Cellini, deux hommes: un grand artiste, à coup sûr, un bandit, peut-être. Velasquez, seul, pouvait pénétrer dans la cage de cette superbe panthère et la caresser.
Mais le vice-roi de Naples s'avance, voit à l'étalage d'un brocanteur les tableaux du jeune peintre, est séduit, et Ribera entre au Palais, triomphalement, mêlé à la foule des courtisans, par la même porte que le duc d'Ossuna.
La pièce ne serait pas complète si l'amour ne se mêlait à
liinKit.v.
.Srt//i/ Pierre.
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