‹ Les musées dE̕urope: Le Louvre: La peinture étrangèreChapitre 9 sur 38 · ESOPE · texte numérisé non relu

ESOPE

Velasquez.

Esope (fragment).

d'Olivarès: 200 ducats. Il ne fera pas un voyage fastueux à la manière du maître d'Anvers. De l'or! Il en trouvera sur les toiles du Titien, du Véronèse, du Tintoret. Il fait à Venise de nombreuses copies, entres autres celles du Crucifiement, de la Cène, du Tintoret: il les envoie au roi, qui rentre largement dans ses frais. De Venise, il passe à Ferrare, à Bologne. Il arrive enfin à Rome où il va séjourner une année. Le Cardinal Barberini, neveu d'Urbain VII, lui offre Thospitalité, mais il préfère, à cette nouvelle prison, la Villa Médicis.

Celte année de Rome est une année laborieuse. Velasquez copie, ou plutôt fait des études colorées d'après le Jugement dernier, les Prophètes, les Sibylles, à la Chapelle Sixtine, d'après VEcole d'Athènes, le Parnasse: Michel-Ange et Raphaël. Il dessine d'après les statues antiques. On retrouvera la trace de ces fortes transcriptions dans son œuvre: voyez la superbe hilandera» qui se cambre au coin droit de la Fabrique de tapis. Velasquez n'aura pourtant rien d'italien. Il semble qu'il fasse des gammes, qu'il se prépare à orchestrer et à exécuter la magnifique symphonie qui bruit dans son cerveau. Dès son enfance, il a manifesté des dispositions pour les sciences exactes. C'est avec une méthode scientifique qu'il s'avance froidement, sûrement, sur le chemin de la gloire. Le grand style de Raphaël et de Michel-Ange ne se superpose pas, heureusement, à sa vision directe de la vie. S'il monte un instant jusqu'à l'Olympe pour y trouver un sujet de tableau, il redescend bien vite et nous conte en langage familier ce qu'il a vu là haut.

Il peint en Italie la Forge de Vulcain, où il semble avoir fait poser, dans son échoppe, le forgeron du coin et ses aides. Vulcain paraît tout ébahi de voir entrer chez lui le dieu de la lumière, Apollon. Nous le sommes autant que le brave homme, nous attendions plutôt l'allumeur des lanternes venant causer des racontars du quartier avec son voisin le maréchal. En réalité.

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raiiisle n'a vu et ne nous montre qu'un contraste entre la lumière du soleil et le feu de la forge, de beaux torses nus, de rudes tabliers de cuir, la draperie jaune de lApollon, le petit pot blanc posé au rebord du manteau de la cheminée.

Autre tableau fait à Rome: la Tunique de Joseph. En Italie aussi il brosse de verve, d'après nature, les deux vues prises dans le

Jardin de la Villa Médicis, deux paysages légers, souples, délicieux, où ne passent ni la chasse royale, ni la pavane, ni les parasols de la reine. L'air seul y court entre les cyprès qui rappellent Séville à Tartiste. Velasquez quitte Rome, se rend à Naples, où il va rencontrer Ribera, le maître de son pays dont les œuvres ont ému sa jeunesse. Il emploie son crédit à lui faire vendre des tableaux à Philippe IV, et trouve le temps de faire, en passant, le portrait de dona Maria, reine de Hongrie, sœur du roi d'Espagne, cheveux blonds, bouche lippue, vêtue de brun clair et de gris, si c est bien le portrait de femme en buste qui est au

L'Infant D. Ferdinand d'Autriche, ,-»^,it/»o rïn T^rnrïn

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