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CHAPITRE XX

Grétry. — Son enfance. — Ses premières éludes. — Départ pour l'Italie. — Voyage à pied. — Arrivée à Rome. — Entrée au collège des Liégeois. — Travaux. — Visite à Piccini. — Succès de l'intermède des Vendangeuses. — Grétry est mandé chez le gouverneur.— Les concertos de flûte de milord W".

Le 1 1 février 1741 , un enfant naissait à Liège , qui était destiné à marquer au premier rang dans les annales de la musique de son temps. Cet enfant fut baptisé sous le nom d'André Modeste Grétry. Son père, premier violon de l'église Saint-Martin, donnait des leçons aux jeunes gens de la ville et dirigeait au besoin un orchestre de danse aux kermesses des faubourgs, mêlant ainsi, pour vivre, le profane au sacré. Grétry était musicien d'instinct; l'art dans lequel il devait s'illustrer un jour était chez lui une

vocation. Il fallait même que cette vocation fût bien décidée, pour qu'elle résistât aux mauvais traitements qu'il eut à subir de la part de son premier maître. Son père le plaça, comme enfant de chœur, à l'église Saint-Denis. Le pédant chargé d'enseigner la musique aux pauvres enfants placés sous sa juridiction , était imbu de l'idée, alors généralement admise, que la sévérité est la base de toute bonne éducation. Bien que le jeune Grétry fût plus épargné que ses camarades, à cause de son intelligence et de sa docilité, il eut néanmoins encore tant à souffrir des durs caprices de ce maître, qu'il ne put jamais se rappeler sans amertume les années passées sous sa dépendance. Son goût inné pour la musique le soutint au milieu d'épreuves qui auraient dû avoir pour effet d'en arrêter le développement. Il cessa enfin de subir la tyrannie du maître de chapelle de Saint-Denis. Son père consentit à lui donner un autre professeur, homme doux et patient, dont les leçons lui furent autrement profitables.

Une troupe de chanteurs italiens vint s'établir à Liège et y demeura une année. Ce fut une bonne fortune pour Grétry. Il obtint du directeur son entrée à l'orchestre et assista, non-seulement à toutes les représentations, mais encore aux répétitions. Il écoutait avec recueillement les opéras de Pergolèse et des maîtres de l'époque. Ce fut, en quelque sorte, une révélation pour lui ; l'art lui apparaissait sous des formes nouvelles, sous les formes qui s'accordaient le mieux avec ses sentiments intimes. Il comprit qu'il n'avait aucune disposition pour la musique religieuse, tandis que ses instincts le portaient vers le style dramatique.

Cependant le temps n'éfait pas venu où il lui fût possible de donner un libre cours à ses penchants. Il était trop jeune, et d'ailleurs son éducation d'artiste était à peine ébauchée. Son père voulut qu'il rentrât à Saint-Denis ; mais pour y prendre une position toute différente de celle qu'il y avait auparavant. Lorsqu'il avait quitté l'école des enfants de chœur, son maître lui avait décerné un brevet d'incapacité. Les chanoines sourirent de pitié quand il alla solliciter la faveur de chanter un motet à l'office du dimanche. Ce fut avec la certitude de sa défaite qu'on lui permit de tenter cette épreuve. Pour lui, quoique timide, il avait cette force de volonté qui est un gage du succès. Le motet qu'il chanta était un air italien adapté à ce texte : non semper super prata casta florescit rosa. A peine en avait-il dit les premières mesures, que l'orchestre s'éteignit jusqu'à la plus faible nuance du pianissimo, afin de mieux l'entendre. L'office terminé, le chapitre tout entier l'entoura pour le féliciter. Un des chanoines dit à son père qu'il exécutait dans le goût italien aussi purement que les meilleurs chanteurs d'opéra. Ce mot, singulier de la part d'un homme d'Église, est rapporté par Grétry dans ses mémoires. Le vieux maître de chapelle ne garda pas rancune à l'élève qui avait osé faire mentir ses oracles. Il lui tendit la main en lui disant : « Quoique vous n'ayez pas réussi comme enfant de chœur, je prédis que vous serez un bon musicien. »

Grétry ne chanta pas longtemps à Saint-Denis; l'époque de la mue arriva et lui imposa silence. Ses études prirent alors une autre direction. Il reçut des

leçons de composition de Moreau, maître de musique de Saint-Paul, et eut, pour le clavecin, les conseils de Rennekin, le premier organiste de Liège. Ce ne fut pas sans peine que son maître de composition l'obligea à se conformer aux règles de la méthode ordinaire. Il voulait écrire des morceaux, au lieu d'étudier le principe de la science des accords. Le chanoine de Harley, grand amateur de musique, donnait des concerts auxquels il invitait l'élite de la société. Grétry composa, à sa demande, des symphonies qui furent exécutées par l'orchestre qu'il réunissait périodiquement et qui obtinrent un succès général. Le chanoine de Harley fut le premier qui lui parla de l'heureuse influence qu'aurait sur le développement de son talent un voyage en Italie. Il se chargea d'entretenir le chapitre de ce projet, et d'obtenir son assentiment. Ce n'était pas une vaine formalité : il s'agissait de faire donner au jeune artiste un subside pour entreprendre son voyage , car il n'était pas au pouvoir de ses parents d'en supporter la dépense.

Le départ de Grétry pour l'Italie fut fixé au printemps suivant. Des arrangements furent pris avec un colporteur qui faisait deux fois par an le voyage de Liège à Rome , et qui s'engagea à lui servir de guide. Il quitta la maison paternelle dans les derniers jours du mois de mars 1759; il avait alors dix-huit ans. Ses voisins s'étaient mis aux portes pour le voir passer. Ému des adieux qu'il venait de faire à sa famille, et ne voulant pas risquer de faiblir dans un moment où il avait besoin de toute sa fermeté, il leur fit signe de ne pas l'arrêter. Il gagna d'un pas

rapide les portes de la ville, et jeta bientôt sur Liège un dernier regard.

Grétry s'était mis en route à pied, le sac sur le dos, le bâton à la main. C'est ainsi , c'est en pèlerin qu'il devait s'acheminer vers la capitale du monde chrétien. Il ne partait pas seul avec le guide auquel ses parents l'avaient confié. Au rendez-vous que celui-ci lui avait donné , il trouva un étudiant en médecine et un jeune abbé ; mais ce dernier, n'ayant pu supporter la fatigue des premiers jours de marche,s'arrêtaàvingtcinq lieues de Liège, en sorte que notre artiste n'eut qu'un seul compagnon. Aucun accident fâcheux ne marqua le long voyage des deux jeunes Liégeois. Ils parcoururent une partie de l'Allemagne et entrèrent en Italie par le Tyrol. Quand ils arrivèrent à Rome, il y avait deux mois qu'ils avaient quitté leur ville natale. Ils s'étaient arrêtés le moins possible en route, parce qu'ils avaient été prévenus qu'il ne restait que deux places vacantes dans le collège des Liégeois à Rome , et que ces places appartenaient aux premiers arrivants ; or ils craignaient d'être devancés.

Le collège où allaient se présenter nos jeunes gens avait été fondé par un Liégeois nommé Darcis. Tout étudiant en médecine, en chirurgie ou en droit, tout musicien, architecte ou sculpteur, né à Liège et âgé de moins de trente ans, avait le droit d'y demeurer cinq années. Il s'y trouvait dix-huit chambres prêtes à recevoir un nombre égal de pensionnaires. Ceux-ci étaient entretenus de tout; la seule obligation qui leur fût imposée était de porter le costume d'abbé. Grétry et son compagnon furent installés dans le col-

lége Darcis, avec leurs compatriotes qui les avaient reçus à bras ouverts.

Le premier soin de Grétry fut de chercher un professeur de clavecin et de composition. On lui indiqua un vieil organiste dont il prit quelques leçons, mais qu'il ne tarda pas à quitter, l'ayant jugé incapable, pour se mettre sous la direction de Casali, le seul maître qu'il ait avoué. Il en coûta à Grétry de se mettre au régime exclusif de la fugue ; il aurait voulu composer immédiatement des motets, des cantates, voire même des opéras ; mais Casali eut assez d'influence sur lui pour l'empêcher d'en user si cavalièrement avec la science. Il fit comprendre à son jeune élève que s'il avait le malheur d'obtenir des succès par des travaux de ce genre faits prématurément, il n'aurait pas le courage de revenir à l'étude des règles du style, et que son éducation serait manquée à jamais. Grétry promit de suivre aveuglément les conseils de son maître. Il était venu en Italie pour puiser à la source des traditions de l'école la plus pure: il ne voulait pas perdre les fruits de son voyage.

Grétry n'était pas né harmoniste : ce ne fut pas sans peine que Casali lui enseigna les lois de la formation des accords. Il l'avoue lui-même dans ses Essais, mais en accusant du peu de rapidité de ses progrès la méthode qu'on lui faisait suivre. Ce que d'autres apprenaient facilement et en peu de temps, lui causait des peines infinies. Il travailla avec une ardeur qui lui fit contracter une maladie grave et qui l'obligea à un repos de plusieurs mois. Pour oublier pendant quelque temps la musique et le contre-point,

il alla s'établir, aux environs de Rome, à l'ermitage d'un religieux qu'il avait souvent visité dans ses longues promenades solitaires, et qui l'avait pris en affection.

Après deux ans d'un travail assidu, Casali jugea que son élève pouvait se passer de ses leçons, et continuer seul des éludes que l'expérience viendrait compléter. Souvent Grétry avait remplacé le vieux professeur, et dirigé, en son absence, ses compositions religieuses dans les églises où on les exécutait. Cette circonstance fit croire aux artistes de Rome qu'il avait le désir d'obtenir une place de maître de chapelle dans cette ville: mais tel n'était pas son projet. C'était vers le théâtre que le portaient tous ses vœux. Pourtant, comme ses camarades lui faisaient observer qu'il ne pourrait pas. lors même qu'il en aurait l'envie, devenir maître de chapelle à Rome, attendu que pour arriver à cette dignité musicale il fallait être reçu compositeur à l'Académie des Philharmoniques de Bologne, il voulut, par amour-propre, se ménager une réception à celte académie. Il n'était pas, à la vérité, en état de remplir entièrement les conditions de l'examen auquel devait être soumis le candidat. Il fallait que celui-ci écrivît une fugue sur un verset de plain-chant pris au hasard ; or Casali , convaincu qu'il voulait seulement apprendre ce qu'il lui était indispensable de savoir pour composer des opéras , n'avait pas poussé jusque-là son éducation. Le célèbre père Martini lui vint en aide. Grâce aux conseils de ce savant musicien , il fut bientôt en état de surmonter l'obstacle que les statuts de l'Académie des Philharmoniques opposaient aux compositeurs inha-

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biles, et il fut admis comme membre de cette institution.

Grétry voyait de près les premiers maîtres de l'Italie. Non-seulement il analysait leurs ouvrages , mais il se liait avec eux et leur entendait exprimer leurs idées sur l'art. Il y voyait encore une manière de s'instruire, et ce n'était pas celle dont il pensait qu'un jeune artiste pût retirer le moins de fruits. Un de ses amis lui proposa de le conduire chez Piccini. Il accepta avec joie. On venait de représenter la Buona Figliuola, et Grétry s'était enthousiasmé pour cette musique pleine d'invention. Piccini fit peu d'attention au jeune artiste et à son introducteur : il composait quand ils se présentèrent chez lui, et le seul sentiment qu'il manifesta fut le déplaisir qu'il éprouvait à être dérangé. Grétry lui demanda ce qu'il faisait; il répondit : Un oratorio; ce fut la seule parole qu'il prononça. Après être restés une heure dans une situation assez gauche, les deux visiteurs se retirèrent sans mot dire. Très- susceptible, et d'ailleurs blessé à juste titre de cet accueil peu hospitalier, Grétry en aurait conservé contre Piccini un long ressentiment, si ce maître n'avait dit publiquement, après avoir entendu le premier ouvrage du jeune Liégeois, qu'il l'avait en une estime toute particulière, parce qu'il ne suivait pas la route commune. Cet éloge, rapporté à celui qui en avait été l'objet, cicatrisa la blessure de son amour-propre.

Des scènes détachées et des symphonies firent connaître Grétry à Rome et attirèrent sur lui raltention des artistes, à cause de la fraîcheur et de l'originalité de ses pensées. La réputation que lui avaient faite

ces premiers essais décida les entrepreneurs du théâtre d'Alberti à le désigner pour mettre en musique deux intermèdes intitulés les Vendangeuses. Ce choix causa quelque rumeur parmi les musiciens de Rome, qui trouvèrent scandaleux qu'on leur eût préféré un étranger, un jeune abbé du collège des Liégeois. Le public ne fit pas cause commune avec eux i il lui semblait tout naturel qu'on prît le talent partout où il se trouvait. Grétry croyait avoir tout le temps nécessaire pour faire son travail fort à l'aise, et il y mettait d'autant plus de lenteur, qu'il voulait soigner tout particulièrement un ouvrage de début. A peine avail-il écrit les premières pages de sa partition, que les entrepreneurs vinrent lui dire qu'ils n'avaient pas été contents de l'opéra par lequel ils comptaient faire l'ouverture de leur théâtre, et qu'ils l'avaient rendu au compositeur. Les Vendangeuses étaient, pour le moment, leur seule ressource, et il fallait que cet intermède fût fait, appris et répété en huit jours. Grétry eut beau se récrier sur l'insuffisance du délai, il fallut, bon gré mal gré, qu'il promît ce qu'on lui demandait. Pendant une semaine, il composa nuit et jour, livrant son manuscrit aux copistes page par page, et entouré des chanteurs qui étudiaient les parties fraîchement écrites. II fut prêt au jour dit ; mais on n'eut le temps de faire que deux répétitions générales. Grétry était bien ému, on le comprendra, le soir de la première représentation. L'obligation de tenir le clavecin dans l'orchestre, l'impressionnait surtout vivement. Il aurait voulu pouvoir se dispenser de le faire; mais c'était l'usage, et l'usage est tyrannique, en Italie plus qu'ailleurs. Il

parvint cependant à se rendre maître de lui. Quand les musiciens de l'orchestre s'accordèrent, il s'aperçut que le hautbois n'était pas au ton et il en fit faire l'observation à l'exécutant. Un de ses voisins lui dit à cette occasion : « J'ai vu à la place où vous êtes les Buranelli, les Jomelli: mais je puis vous assurer qu'au moment d'une première représentation, ils étaient incapables d'entendre si un instrument n'était pas juste. » Le succès fut complet; le public fit répéter un air, et cette faveur, moins prodiguée qu'aujourd'hui , était significative.

Le lendemain, le jeune compositeur, qui s'était endormi bercé par les plus doux rêves , fut éveillé en sursaut par un bruit de peau d'âne tout à fait assourdissant: c'étaient les tambours de la ville qui avaient imaginé de lui donner une aubade pour le féliciter sur son succès. Pour célébrer la victoire de Grétry , le collège des Liégeois avait converti son ordinaire frugal en un festin qui aurait fait envie aux anciens viveurs de Rome. Au moment où l'on allait se mettre à table, l'heureux auteur des Vendangeuse,* reçut l'ordre de se rendre sur-le-champ au palais du gouvernement. Il déjeuna d'abord, puis après il obéit à cette injonction. Le gouverneur l'accueillit sévèrement.

— Ignorez -vous, monsieur, dit ce fonctionnaire en fronçant le sourcil, qu'il est défendu, sous peine d'une amende de cent sequins, de recommencer aucun morceau de musique au théâtre , à moins que le gouverneur ou son représentant n'ait témoigné qu'il y consent, en plaçant un mouchoir blanc sur le devant de sa loge?

— Hélas ! monseigneur , répliqua Grétry. j'étais si loin de croire mériter les honneurs du mouchoir, que je n'ai pas songé à regarder du côté de votre loge.

Le gouverneur ne put s'empêcher de rire. Cette repartie valut à Grétry d'être dispensé de l'amende.

Quelques jours après, Grétry, allant faire, le soir, une visite à une grande dame qui le protégeait, fut assailli , dans l'escalier de son hôtel , par un individu masqué qui lui porta plusieurs coups d'épée. Son petit manteau d'abbé fut percé de part en part; mais heureusement il ne fut pas blessé. On attribua ce guet-apens à la jalousie qu'avait causé à quelque musicien envieux le succès des Vendangeuses. Les motifs de cet intermède étaient devenus populaires à ce point, que Grétry fut un jour suivi, dans une promenade, par une troupe de jeunes perruquiers qui les chantaient en chœur.

Grétry était depuis huit ans à Rome, ayant oublié son pays natal. Il reçut une lettre de ses parents qui lui apprenaient qu'une place de maître de chapelle était vacante à Liège, et qui le pressaient de concourir pour l'obtenir, ne doutant pas que les connaissances qu'il avait acquises pendant un si long séjour en Italie ne l'eussent mis à même de l'emporter aisément sur les autres prétendants. Il semblait à ces bonnes gens qu'une place de maître de chapelle à Liège dût occuper le sommet des ambitions du jeune artiste. Eux-mêmes ne rêvaient pas pour leur fils un destin plus élevé. Pour les contenter, Grétry leur envoya un psaume qu'il avait composé sur le texte : Gonfitebor tibi, Domine. L'examen de ce morceau lui fit décerner à l'unanimité le titre de maître de 2. 10

chapelle, et ce fut une grande joie dans sa famille; mais il ne s'empressa pas d'aller prendre possession du poste auquel on l'avait appelé. Après une longue attente, il fallut bien le remplacer.

Un grand seigneur anglais, grand joueur de flûte, vint à Rome vers l'époque où Grétry envoya à ses parents son Confitebor. Depuis longtemps ce riche amateur parcourait l'Italie, cherchant, sans l'avoir rencontré, un compositeur qui sût lui écrire des morceaux de flûte à sa convenance. Plusieurs concertos lui avaient été présentés; mais il les avait renvoyés à leurs auteurs , en les accompagnant toutefois d'un riche présent. Sur le bruit de sa renommée de fraîche date, l'Anglais mélomane vint trouver Grétry et lui adressa sa demande habituelle d'un concerto. Notre jeune artiste, qui savait par instinct comment il faut prendre les hommes, pria, avant tout, milord W*** de jouer quelques préludes en sa présence, afin de pouvoir mieux juger de ce qui convenait à son genre de talent. Peu de jours après, il envoya à ce gentilhomme un concerto dans lequel il s'était borné à réunir et à lier par quelques modulations les passages qu'il lui avait entendu exécuter. Milord W*** fut enchanté du morceau, fit un présent magnifique à Grétry, et lui offrit une pension viagère s'il voulait s'engager à lui envoyer, de temps en temps , en Angleterre un nouveau concerto.

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