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CHAPITRE V

Musique des ducs de Bourgogne. — Ménétriers de Philippe le Hardi. — Musiciens au service de Jean sans Peur. — Chapelle de Philippe le Bon. — La musique dans les entremets. — Un concert dans un pâté. — Les trompettes de Bruges. — Antoine Busnois, maître de la chapelle de Charles le Téméraire; son double talent pour la musique et pour l'agriculture. — Ockeghem, premier chapelain du roi de France Charles VII.

Les ducs de Bourgogne, qui se piquaient de n'être surpassés par aucun prince de la chrétienté quant au luxe de leur état de maison, ne pouvaient pas négliger de s'attacher des musiciens. Philippe le Hardi avait, outre les pages de sa musique, des harpeurs ou joueurs de harpe, des ménétriers ou joueurs de violon, des hautbois et des trompettes. Le chef de ses

ménétriers s'appelait Louis Millier-, un compte du temps le qualifie de familier du duc. Il y a loin assurément de cette troupe d'exécutants au nombreux corps d'artistes que les souverains et même que les ducs régnants d'Allemagne entretiennent pour le service de leur chapelle; mais tout est relatif, et pour qu'on puisse mieux apprécier jusqu'à quel point les quelques ménétriers de Philippe le Hardi constituaient un luxe à la fin du xive siècle, il est bon de faire connaître quelle était, à la même époque, la composition de la musique de chambre et de la chapelle du roi de France Charles VI. Par une ordonnance de son hôtel datée du mois de février 1585, ce prince fixe le nombre de ses musiciens à six hauts ménétriers et trois bas, ayant foin et avoine pour quatorze chevaux, puis recevant encore, outre leurs gages, xi deniers par jour pour le logement, une mesure de chandelles, une mesure de bois et une pinte de vin. Le vin ne se fût-il pas donné à tous les serviteurs de la maison du roi, les musiciens en auraient eu par privilège, car leur réputation de grands buveurs était dès lors parfaitement établie. Outre les ménétriers, il y avait encore quelques joueurs de harpe et de trompette.

Le nombre des musiciens au service du duc de Bourgogne fut augmenté sous Jean sans Peur. Il y avait un clerc de musique et des pages, douze ménétriers, six harpeurs, des hautbois, des trompettes de guerre et des clairons. Le duc, qui aimait la musique , traitait généreusement ses ménétriers. Chacun de ceux-ci avait soixante écus de gage par an , plus deux chevaux et un valet entretenus aux

frais du prince. Les clairons n'avaient droit qu'à un valet et à un cheval. Un petit ménestrel nommé Jehan Caresme est mentionné dans les comptes de la maison pour un cheval seulement. Ces mêmes documents, où les serviteurs du duc sont désignés nominativement, nous apprennent que parmi les ménétriers il s'en trouvait de différents pays. Ainsi, par exemple, Thibaut de Strasbourg, Jacotin d'Auxonne et Paulin d'Alexandrie. ITn certain Hennequin, trompette de guerre, a le singulier surnom de Couppetrippes.

Le duc Philippe le Bon , qui rassemblait les éléments d'une bibliothèque sans seconde en Europe , qui employait les plus habiles miniaturistes de son temps à illustrer des manuscrits chefs-d'œuvre de calligraphie, voulut que sa chapelle donnât également une idée du luxe dont il aimait à s'entourer. Ses ménétriers, ses harpeurs, ses joueurs de hautbois et de trompette, étaient réputés pour les meilleurs qu'il y eût; les pages de sa musique passaient pour les plus experts dans leur art. Par une charte de 1451 , il prescrivit la fondation d'une messe en musique pour relever encore son institution de l'ordre de la Toison d'or. « Fondons et établis- « sons , est-ii dit dans ce document , du gré et « consentement desdits doyen et chapitre icelle notre « chapelle (de Dijon) et collège dudit ordre (la « Toison d'or), une messe quotidienne et perpé- « tuelle pour chaque jour dès lors en avant, solen- « nellement à haute voix, à chant et déchant, excepté « celle de Requiem. » Cette précaution que prend le duc d'indiquer que la messe doit être exécutée à

chant et deschant, dans une forme barbare assurément, mais qui est alors la plus nouvelle et la plus goûtée , témoigne d'une certaine importance accordée à la musique

Dans le célèbre Banquet du Faisan où Philippe le Bon déploya tant de luxe et qui donna lieu à des fêtes si brillantes , la musique fut appelée à jouer son rôle. Sur la table du duc était une église avec ses vitraux, ses cloches, un orgue et des chantres dont la voix accompagnait cet instrument. Quelle table que celle où l'on pouvait placer un pareil ornement ! et comme nos pères faisaient grandement les choses ! La vue de cette église dut récréer singulièrement les convives ; mais leur surprise augmenta sans doute, lorsqu'ils entendirent les sons de l'orgue et les voix des chantres. Les ordonnateurs des fêtes de nos jours sont loin de rien imaginer d'aussi curieux et d'aussi piquant. Ce n'était pas tout cependant. Sur la seconde table, on voyait un pâté ( quel pâté ! ) un pâté qui renfermait un concert tout entier. vingt-huit musiciens ! Au moment du Benedicite, les musiciens de l'église et du pâté chantèrent une trèsdouce chanson, après quoi commencèrent les intermèdes. La musique est encore employée, de nos jours, à relever l'éclat des festins; mais on place les exécutants dans une pièce voisine d'où les sons de leurs instruments n'arrivent que très-imparfaitement aux oreilles des convives . ou bien on les introduit dans la salle même du banquet, et dès lors il n'y a plus d'illusion. Combien cette combinaison de l'église et du pâté était plus ingénieuse ! Tous les assistants entendaient également l'harmonie qui partait

du centre de la table et devaient trouver exquise cette musique mystérieuse.

Voici un fait qui donne la mesure de la prospérité de la ville de Bruges, en même temps qu'une idée des ressources musicales qu'elle était en mesure d'offrir au besoin. Les Brugeois avaient à se faire pardonner leur rébellion contre le duc de Bourgogne . Philippe le Bon . leur seigneur et maître. Ils profitèrent de l'occasion du mariage du duc d'Orléans avec mademoiselle de Clèves pour rentrer dans les bonnes grâces du prince, sans s'humilier trop complètement, car ce que le bourgeois flamand craignait surtout, c'était d'abdiquer sa dignité. Donc les Brugeois organisèrent des fêtes auxquelles furent invités les nobles époux , ainsi que le duc Philippe. S'il faut en croire les chroniqueurs , à l'entrée de ces illustres hôtes, toutes les cloches de la ville furent mises en branle et quatre-vingts trompettes d'argent firent retentir l'air de leurs fanfares. Ce récit fait naître plusieurs réflexions. On s'étonne d'abord qu'il se soit trouvé à Bruges quatrevingts virtuoses en état d'exécuter leur partie dans ce bruyant concert. On n'est pas moins surpris du nombre des instruments, lorsqu'on voit de quel métal ils étaient faits. Après cela, est-il bien certain qu'il y ait eu exactement quatre-vingts trompettes et qu'elles fussent d'argent? Quelque naïfs qu'ils paraissent dans les formes de leurs récits, les chroniqueurs n'étaient pas toujours exempts d'exagération. Sans accepter leur chiffre pour authentique , on peut conclure de ce qu'ils avancent qu'il y eut un nombreux corps de musiciens aux cérémonies de l'en-

trée de Philippe le Bon dans la Venise flamande. Au milieu de ses entreprises hasardeuses, de ses rêves d'ambilion et des agitations de la vie aventureuse qu'il menait, Charles le Téméraire trouva le temps d'aimer la musique ; de l'aimer non-seulement comme un luxe de prince, mais aussi pour le plaisir qu'il éprouvait personnellement à entendre les artistes à son service. « La musique de sa chapelle, dit un historien . objet particulier de son goût et de ses soins, chantait chaque jour à l'église des hymnes accompagnées du son des instruments.» Charles était lui-même musicien, autant que peut l'être un prince aussi absorbé par la guerre et par la politique. Suivant ce que dit Olivier de la Marche : « Il apprit l'art de musique si perfectement, qu'il mectait sus chansons et motets et avait l'art perfectement en soi. » Pour flatter son goût bien connu, l'ordonnateur des fêtes de son mariage fit faire, au nombre de machines curieuses qui excitèrent au plus haut point l'admiration des assistants, des animaux jouant de divers instruments. On vit, chose merveilleuse ! des sangliers qui soufflaient à pleins poumons dans de grandes trompettes, des chevreaux qui tiraient du sentimental hautbois des sons mélancoliques, des loups qui jouaient de la flûte et des ânes qui chantaient d'une tout autre façon, sans doute, que ne font d'habitude les animaux de leur espèce. Il est inutile d'ajouter que des musiciens étaient cachés sous ces enveloppes de bêtes savantes et que c'étaient eux qui tiraient des instruments les sons dont les auditeurs crédules pouvaient être tentés de faire honneur à d'ingénieuses machines.

Le chef des musiciens de la chapelle du duc Charles fui Antoine Busnois. Il avait le titre de chantre de ce prince. Son nom , comme celui de beaucoup d'autres artistes de la même époque, a été diversement écrit; Busnois, Busnoys, Busnoe , Bugnoys, Bugniois , et Busna, telles sont les orthographes entre lesquelles flottent les écrivains de son temps. Il en est même qui le travestissent en Bufna. Tinctoris l'appelle Busnois. et tout porte à croire que c'était là véritablement son nom. La même incertitude règne au sujet du lieu de sa naissance. Soit qu'il fût originaire de la Picardie, ainsi que quelquesuns le prétendent, soit qu'il ait vu le jour dans une de nos provinces . toujours est-il qu'il fut élevé en Belgique, qu'il y exerça son art et qu'il y passa la plus grande partie de sa vie. En faut-il davantage pour que nous soyons admis à le ranger parmi les musiciens belges?

Par la dédicace de son traité de la nature et de la propriété des tons à Ockeghem et à Busnois, Tinctoris nous apprend que ce dernier était chantre de Charles le Téméraire en 1476. Bien que l'emploi qu'il occupait fût modeste. Busnois n'en était pas moins un musicien fort renommé. Les auteurs du temps, dont l'opinion fait autorité en la matière, le signalent comme une des lumières de la science musicale. A la mort du duc Charles, il perdit sa place. Marguerite de Bourgogne, qui n'avait pas hérité du goût de son père pour la musique. licencia la chapelle qu'il entretenait avec un si grand soin. Busnois fit comme les anciens qui se consolaient des disgrâces de la fortune en cultivant un champ de leurs

mains. Il se retira à Furnes et ne se distingua pas moins par son talent pour l'agriculture que par son génie d'artiste. C'est ce que nous apprend du moins Molinet dans sa chronique en vers des Faits et dits où se trouve une pièce dédiée à Busnois :

Je le rends honneur et tribuz

Sur tous autres, car je eognois

Que tu es instruict et imbuz

En tous musicaux esbanois.

Tu prospères, sans nuls abus,

En ce bas pays flandrinois.

En sucre, en poudre doribus

Et en brouetz sarrasynois.

Tes porées et tes cabuz

Vallent mieux que tous mes tournois ;

Tes champs tout floris et herbus

Mieux que ne sont les vers aulnois , etc.

Ainsi parle Molinet. A moins que le poète n'ait employé un langage très-figuré , à moins que les porées {laitues) et les cabuz (choux) de Busnois ne signifient de certains agréments de sa musique, et que ses champs herbus ne soient ceux où croissaient des fleurs de mélodie, on doit conclure des vers de Molinet que le chantre de Charles le Téméraire avait poussé très-loin l'art de la culture potagère. La dédicace de cette pièce nous fait connaître que Busnois était doyen de la petite ville qu'il habitait, car elle est adressée à mon seigneur le doyen de bonzes (Furnes) maistre Antoine Bugnois.

Plusieurs chansons à quatre parties, de Busnois. ont été insérées par Petrucci de Fossombrone. inventeur de l'impression de la musique au moyen des

caractères mobiles, dans sa collection de cent cinquante pièces de divers auteurs célèbres publiée en 1503. La chanson sur les paroles : Dieu, quel mariage! est surtout remarquable par la tournure piquante de la mélodie et par l'élégance de l'harmonie. L'abbé Baïni. savant fureteur de bibliothèques, à qui l'on doit des découvertes intéressantes pour l'histoire de l'art en Italie, a trouvé plusieurs compositions de Busnois dans les archives de la chapelle pontificale ; on remarque parmi elles une messe de l'Homme armé. Envoyant de quelle grande réputation Busnois jouissait par delà les Alpes , on est porté à supposer qu'il fit un voyage à Rome; mais on n'a de ce fait aucune notion certaine.

« En la fin de mon troisième livre des Illustrations de France , j'ai bien voulu, à la requeste et persuasion d'aucuns de mes bons amys, adiouster les œuvres dessus escriptes et mesmement les communiquer à la chose publique de France et de Bretagne , afin de leur monstrer par especiaulte comment la langue gallicane est enrichie et exaltée par les œuvres de Monsieur le trésorier du bois de Vincennes, maistre Guillaume Crétin, tout ainsi comme la musique fut ennoblie par Monsieur le trésorier deSainct- Martin de Tours, Okeghem, mon voisin et de nostre mesme nation. » Voici ce que dit Jean Lemaire, dans une épître à maistre François Lerouge, mise à la suite de ses Illustrations de France. Lemaire était de Bavay, en latin Belgium, d'où lui est venu le nom de Lemaire de Belges; il appelle Ockeghem son compatriote , donc ce dernier est né à Bavay.

Ockeghem fut premier chapelain du roi de France

Charles VII ; on en trouve la preuve dans un compte des officiers de la maison de ce prince, « lesquels ont eu des robes et des chaperons faits de drap noir, pour les obsèques et funérailles du corps du feu roy, en 1461 . iî Dans ce compte Ockeghem est qualifié de premier chapelain. Il ne paraît pas qu'il ait été continué dans ses fonctions par Louis XI, car son nom ne figure sur aucun des états de la maison du fils et successeur de Charles VIL Toute la chapelle royale avait été changée, et réduite, qui plus est. après la mort de ce dernier. On en trouve la preuve dans les différents comptes des officiers à ses gages pendant la durée de son règne. Ainsi, de même que Busnois, Ockeghem perdit son emploi, quand mourut le prince qu'il servait. Ce fut alors, suivant toute apparence, qu'il devint chanlre et trésorier de Saint-Martin de Tours. Ockeghem porta plus avant que ses prédécesseurs la science de la composition ; son harmonie est plus riche : il a davantage l'art de disposer ingénieusement les parties, sans les faire sortir de leurs limites naturelles. Malgré les hautes qualités qui brillent dans sa musique, ce maître, auquel le ciel avait départi le don rare et précieux du génie, n'est guère connu que d'un petit nombre d'hommes voués aux études rétrospectives. C'est que les compositeurs sont placés , relativement à la popularité, dans des conditions beaucoup moins favorables que les autres artistes. Les monuments d'architecture , à quelque siècle et à quelque style qu'ils appartiennent , trouvent des appréciateurs de leurs beautés, même parmi ceux qui n'ont pas pour les juger des connaissances spéciales.- les tableaux des anciennes écoles sont admirés

aillant et plus que les toiies signées de noms contemporains ; on se dispute les gravures d'Albert Durer et de Marc-Antoine. Une œuvre de musique, si remarquable qu'elle soit, ne survit point à plusieurs générations. En naissant, elle est destinée à l'oubli. Chacun ne connaît et ne veut connaître que la musique de son temps. C'est une affaire de mode comme un vêtement, comme un équipage. On n'observe pas seulement ce préjugé dans la foule qui a droit et privilège d'ignorance et qui juge de tout sur ses impressions du moment; les artistes ignorent tout autant, en général, les productions des siècles passés. Le chanteur borne son répertoire à quelques airs des opéras en vogue; le pianiste ne connaît que le piano, et, qui plus est, le piano considéré au point de vue des procédés actuels d'exécution. On en peut dire autant de tous les autres instrumentistes. Un compositeur savant est celui qui sait à fond toutes les règles du style et qui peut écrire une partition sans manquer à aucune des convenances du genre qu'il traite. Sur mille, il n'en est pas deux, peut-être, qui se soient jamais inquiétés de ce qu'on a fait avant eux. Que penserait-on de l'écrivain dont toute l'érudition consisterait à connaître la littérature contemporaine? Cependant, à de très-rares exceptions près , les musiciens ignorent jusqu'au nom des maîtres qui leur ont frayé le chemin de la science.

Ockeghem est l'inventeur d'une forme harmonique dont on a poussé l'emploi jusqu'à l'abus, pendant plusieurs siècles, et dont se servent encore, quoique avec plus de modération, les compositeurs de l'époque actuelle; nous voulons parler du canon. Le canon, sui-

vant l'explication qu'en a donnée un savant théoricien, est une pièce de musique dans laquelle la mélodie s'accompagne par elle-même, étant prise successivement par un certain nombre de voix ou d'instruments, à la distance de quelques mesures, de telle façon que les différentes parties forment une harmonie agréable. Il y a des canons où la mélodie est imitée par progression directe ; d'autres où l'imitation se fait à reculons et qu'on nomme canons en écrivisse ; il en est enfin où différentes mélodies marchent concurremment, ce sont des doubles, des triples canons. Voilà bien des canons, mais ce n'est pas tout encore. Le canon énigmatique est celui dont on ne fait connaître que la mélodie , sans indiquer où doivent se faire les entrées des différentes voix- l'énigme consiste à découvrir la place et le mode de ces entrées. Les canons ouverts, les canons fermés , sont encore des variétés de l'espèce. L'invention d'Ockeghem fut accueillie avec enthousiasme par les compositeurs du xve siècle, qui continuaient à voir dans la musique une science de combinaisons. Les idées nouvelles ne se transmettaient pas alors avec la même rapidité qu'aujourd'hui; il s'éconla un temps assez long avant que la mode du canon se répandît au loin, mais tout musicien qui avait le bonheur d'être initié au secret de cette subtilité harmonique s'appliquait avec ardeur à en poser et à en résoudre les problèmes.

On ne connaît pas plus exactement la date de la mort d'Ockeghem que celle de sa naissance. On suppose qu'il termina sa carrière à Tours, vers 1512. Si, comme on le croit, il était né à Bavay en 1450, il aurait vécu jusqu'à I âge avancé de quatre-vingt-

deux ans. Il forma d'excellents élèves, parmi lesquels on peut citer à sa gloire Josquin Deprés , Brumel , Agricola, Compère et Pierre de la Rue. Guillaume Crespel les nomme dans une espèce de complainte en vers qu'il fit sur la mort d'Ockeghem , et que voici :

Agricola, Verbonnet, Prioris,

Josquin Deprés, Gaspard, Brumel, Compère,

Ne parlez plus de joyeux chantz, ne ris,

Mais composez un ne recorderis,

Pour lamenter nostre maistre et bon père.

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