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AMBROISE

M. Ambroise Thomas naquit à Metz, le 5 août 1811. On peut dire qu’il apprit les notes en même temps que l’alphabet, puisque son pi re, qui était professeur de musique, lui fit commencer le solfège à l’âge de quatre ans. A sept ans, il entreprit l’étude du violon et du

piano. 11 fut admis au Conservatoire en 1828. Ses maîtres furent Zimmerman pour le piano, Dourlen pour l’harmonie et l’accompagnement, et Lesueur pour la composition. 11 reçut aussi quelques leçons de piano de Kalkbrenner, et de Barbereau des conseils pour le contre-point. Après avoir obtenu le premier prix de piano en 1829 et le premier prix d’harmonie en 1830, il se vit décerner, en 1832, le prix de Rome, pour une cantate intitulée : Hermann et Kelly, dont les paroles étaient du marquis de Pastoret. Lejeune lauréat passa en Italie trois années, durant lesquelles il habita le plus souvent Rome et Naples, puis il se rendit à Vienne et revint à Paris au commencement de 1830, rapportant une messe de Requiem, fruit de son séjour au delà des Alpes.

La Double Échelle , opéra-comique en un acte, représenté le 23 août 1837, est le premier échelon de la carrière si brillamment fournie par le compositeur. On y remarqua des morceaux très-jolis, entre autres un duo, des couplets chantés par Couderc, un trio original et un quintette fort bien traité sur le motif d'un ancien menuet. A ce petit ouvrage succéda le Perruquier de la Régence , opéra-comique en trois actes, joué le 30 mars 1838. Bien que le livret ne valût pas celui de la Double Échelle, M. Ambroise Thomas le traita avec une élégance et une pureté de style qui lui valurent un second succès. 11 donna ensuite à l’Opéra, en collaboration avec M. Benoist, la Gipsy , ballet en deux actes (1839) ; la même année, il écrivit, pour l’Opéra-Comique, le Panier fleuri (ü mai 1839). L’héroïne du livret de MM. de Leuven et Brunswick est, sous le nom de M"* V" Beausoleil, un peu trop proche parente de la Mère Grégoire, chansonnée par Béranger. L’inspiration délicate du jeune maître se fût mieux accommodée d’un type moins trivial. Nous citerons cependant, parmi les morceaux les plus jolis de la partition, le duo chanté par Chollet et M“* Prévost : J'ai bien appris à te connaître ; l’air militaire : Mes beaux seigneurs, et le quatuor final : .4 laconsigne sois fidèle.

Une actrice qui refuse généreusement d’épouser un homme riche et titré, dans la crainte d’affliger une baronne fiancée à son amant, tel est le sujet de Carline (avril 1840). Cette pièce ne pouvait intéresser que des spectateurs décidés à faire bon marché de toutes les invraisemblances ; M. Ambroise Thomas n'en a pas moins fait admirer sa facture élégante dans la ronde des moissonneurs, dans un joli nocturne entre de Quincy et Carline, enfin dans l'air de Carline, au troisième acte.

Encore un méchant livret, c’est celui du Comte de Carmagnola,

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