‹ Les musiciens célèbresChapitre 118 sur 153 · SRS · texte numérisé non relu

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dour avait été louée pour cette représentation qui eut pour spectateurs tout le monde titré de Paris, et où M"e Anna de Lagrange lit sa première entrée sur la scène.

M. de Flottow ne commença à faire connaissance avec le vrai public qu’en 1839, époque à laquelle il donna, en collaboration avec Pilati, le Naufrage de la Méduse , au théâtre de la Renaissance. Quand on reprit ce drame à Hambourg, en 1816, il fut joué sous le litre : Die Matrosen (les Matelots), et comme l’œuvre exclusive du compositeur allemand. Le Forestier, livret de M. de Saint-Georges, parut successivement en français à l'Opéra-Comique (1840), et à Vienne, avec une traduction allemande (1847). L 'Esclave de Camoêns, opéra en un acte, représenté à l’Opéra-Comique en 1843, eut peu de succès et méritait peut-être un meilleur sort. Le livret dû à la plume de M. de Saint-Georges renferme des situations intéressantes. Il nous montre le poète des Lusiades proscrit et mourant de faim, tandis que Lisbonne sait ses vers par cœur. Une esclave indienne qu’il a ramenée de ses voyages s’est attachée à lui, et le soir va chanter dans lescarrefours pour nourrir son maître. Le roi de Portugal, dom Sébastien, devient amoureux de la jeune fille et trouve moyen de la suivre jusqu’à la posada où Camoêns s’est réfugié. Celui-ci fait rougir le prince de ses mauvais sentiments; l’esclave joint sa voix à celle de son maître, et, par un étrange retour de justice, le roi pardonne au poète dont la reconnaissance pour son humble bienfaitrice ne peut faire moins que d’aller jusqu’au mariage. La partition compte plusieurs morceaux fort bien traités.

Le compositeur germanique, qui a toujours pris son bien partout où il l’a trouvé, refit, en 1844, la musique d’un opéra de Niedermeyer qui avait réussi à Paris en 1837. Joué d’abord à Hambourg, le 30 décembre 1844, le nouveau Stradella passa de à sur les principales scènes de l’Allemagne et partout, à Rerlin, à Dresde, à Vienne, à Prague, à Francfort, à Leipsick, etc., on l’accueillit avec une faveur marquée. Après l’avoir entendu à Schwerin, le duc de Mecklembourg accorda au compositeur le titre de son chambellan, auquel se joignit plus tard celui de directeur de la musique ducale. L'Ame eu peine, ouvrage représenté à l’Opéra de Paris, en 1846, n’eut à la scène qu’une durée éphémère. Cependant c’est au point de vue du style, de la conception dramatique et de l’instrumentation, l’ouvrage le plus remarquable de M. de Flottow. La teinte grise de l'œuvre littéraire a peutêtre nui au succès. Mais on a chanté partout la romance pathétique : Depuis le jour j’ai parc ma chaumière. Cet ouvrage a été monté à Londres, en 1848, sous le titre de Léoline.

LIE FLOTTOW.

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