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VICTOR

Massé (Félix-Marie-Victor), naquit à Lorient (Morbihan) , le 7 mars 1822. Il entra, le 15 octobre 1834, au Conservatoire de Paris

LES MUSICIENS CELEURES.

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uù il obtint de nombreux succès qui furent couronnés, dix ans après, par le premier grand prix de composition de l’Institut.

M. Massé alla passer deux ans à Home, parcourut ensuite l’Italie et l’Allemagne et revint à Paris. Quelques compositions de peu d’importance, des romances, des mélodies sur quelques orientales de Victor Hugo, ne laissèrent pas d’attirer sur lui l'attention qu’éveilla tout à fait, en 4 852, la Chanteuse voilée , opéra-comique en un acte, représenté à l'Opéra-Comique, le 26 novembre 1852. La musique gracieuse du compositeur, dont cet opéra a été le coup d’essai théâtral, contribua principalement au succès de l’ouvrage ; on a remarqué l’ouverture qui se compose d’un solo de cornet à pistons d une grande suavité, d’un joli boléro et d’un allégro d’un caractère espagnol plein d'entrain. La cantalille à deux voix : Tous les soirs sur la grande place , la romance : D'une lampe mourante , le grand duo de la scène de la pose du modèle entre Velasquez et Palamita, le boléro : L'air au loin retentit du son des castagnettes , sont les morceaux les plus applaudis de ce charmant ouvrage.

L’année suivante, les Noces de Jeannette , opéra-comique en un acte, fut représenté le 4 février à l’Opéra-Comique; il eut un grand succès, et plusieurs airs en sont restés populaires.

Le livret, qui est de MM. Michel Carré et Jules Barbier, met en scène une jeune tille sage et laborieuse qui parvient à force de tendresse et d’adresse à ramener au devoir un paysan son fiancé, ivrogne, colère et brutal. Il y a dans cette jolie pièce une sensibilité vraie, de la grâce, mais quelquefois aussi un peu de trivialité. La scène dans laquelle Jeannette raccommode l’habit que Jean a déchiré dans un accès de mauvaise humeur, est touchante, et la romance : Cours , mon aiguille , dans la laine , est devenue populaire. Les vocalises en duo avec la flûte imitant le chant du rossignol ont produit de l’effet, surtout lorsqu’elles étaient chantées par M"’8 Miolan-Carvalho. La scène du raccommodement des deux époux :

Allons, rapprochons-nous un peu.

Je sens mon cœur tressaillii d’aise....

a été traitée avec infiniment de goût. Parmi les ouvrages de M. Victor Massé, celui-ci a obtenu le succès le plus décidé et le plus durable.

Galathée , opéra-comique en deux actes, de MM. Jules Barbier et Michel Carré, fut joué à l’Opéra-Comique le 14 avril 1852, et réussit. Plusieurs morceaux d’une facture facile et gracieuse ont contribué à répandre la réputation de leur auteur, entre autres les couplets de

MASSE

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Ganymède : Ah ! qu'il est doux de ne rien faire , et le brindisi chanté par M“* Ugalde :

Ah ! verse encore !

Vidons l'amphore!

Nous nous contenterons de mentionner la Fiancée du diable (trois actes 1854), la Favorita e la Schiava (1855), et Miss Fauvette, un acte (1855).

Dans les Quatre Saisons (3 actes, 1 850), le titre de la pièce n’est motivé que parce que le mariage de Simonne avec Pierre se prépare au temps de la moisson, est rompu pendant les vendanges, se renoue en hiver, est conclu au printemps. La partition est la plus riche en motifs et en effets saillants de celles que le compositeur ait données au théâtre. L’ouverture a du caractère, surtout dans la première parlie. Le chœur des moissonneurs : Ixs blés sont coupés; l’air de chasse; le chœur des vignerons; les couplets du vin nouveau ; le tableau de la veillée d’hiver, où le compositeur a introduit les refrains populaires : Il court, il court le furet, Sous n irons plus au bois, enfin le chœur du printemps forment la partie descriptive de l’ouvrage, et c’est la mieux traitée. Mais le public reste indifférent à tous ces hors-d’œuvre et intermèdes qui déguisent mal le défaut d’intérêt de l’action. Cependant la grande scène du finale du second acte est dramatique et fort belle, et dans le môme ordre d’idées nous rappellerons aussi le duo du troisième acte entre Simonne et Pierre.

Tous les ouvrages de M. Massé sont traités avec esprit et une parfaite intelligence du sujet. La Heine Topaze (théâtre Lyrique, 1856), fut pour le compositeur l’occasion d’un succès complet qu’il n’avait pas obtenu depuis les Noces de Jeannette. La partition se compose d’un grand nombre de morceaux parmi lesquels on en distingue cinq qui ont particulièrement fixé l’attention soit par leur mérite intrinsèque, soit par la brillante exécution de M“* Miolan-Carvalho, qui a déployé dans le rôle de la reine Topaze toutes les merveilles de son organisation vocale et de son talent. L’ouverture a une sonorité étrange, bien appropriée à une action qui doit se passer au milieu d’une tribu de bohémiens.

Le motif du petit sextuor : Nous sommes six seigneurs, est une belle inspiration. L’air de l’ Abeille, indépendamment de la mélodie qui est gracieuse, est accompagné ingénieusement par un trémolo de violons à l’aigu ; l’effet de ce procédé est charmant.

(iJ(i LES MUSICIENS CÉLÈBRES.

Le boléro, déjà entendu dans l’ouverture, est chargé de vocalises qui ont été l’occasion d'un nouveau triomphe pour la cantatrice.

On a intercalé dans le second acte de l’ouvrage l'air du Carnaval de Venise avec les variations de Paganini. M“* Carvalho les a exécutées avec une facilité, une ténuité de sons,' une finesse de détails tout à fait extraordinaires. Enfin, au troisième acte, il y a un trio scénique bien réussi entre Annibal et les deux bohémiens.

La musique des Chaises à porteurs (1 8λ8) a de l’élégance. On a remarqué les couplets du chevalier, le duo des Chaises entre le chevalier et le financier, et un joli quatuor.

Parmi les dernières productions de M. Massé, nous citerons la Fée Carabosse (1839)et/a Mule de Pedro , opéra en deux actes (1863). Les couplets que chante Pedro, en l'honneur de sa mule, sont d’une facture habile et plusieurs fois répétés dans le cours de l’ouvrage. On a remarqué aussi le chœur des toreros et la romance de Gilda : Chaque jour je me le rappelle. Si cet ouvrage avait été donné à l’Opéra- Comique, il eût obtenu un brillant succès; mais le cadre de l'Opéra est trop vaste pour un aussi mince canevas et les qualités mêmes du compositeur, qui sont l’élégance, l'esprit et le sentiment, sont des obstacles là où doivent dominer l’ampleur, l’effet et la passion.

Depuis 1860, M. Massé est chef du chant à l'Opéra où il a remplacé M. Dietsch.

LEMMENS

Encore un musicien éminent, à qui la Belgique a donné naissance 1 M. I .emmens, professeur au Conservatoire royal de Bruxelles, se distingue au premier rang des organistes vraiment dignes de ce nom dans un temps où l’art des Bach est bien déchu de son ancien éclat. Il joint à un admirable talent de virtuose le mérite d'avoir composé d’excellents morceaux pour son instrument.

Né le 3 janvier 1823 à Zoerle-Parwys, dans la province d’Anvers,

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