‹ Les musiciens célèbresChapitre 137 sur 153 · REYER · texte numérisé non relu

REYER

en précision, en maestria, tout ce que j’ai entendu jusqu’à présent; le pédalier n’a plus de secrets pour lui. Ce n’est pas dans les conditions ordinaires d’existence que l’organisation de la société moderne a faites aux artistes, qu’on peut parvenir à un degré de perfection si élevé. En plein dix-neuvième siècle, M. Lemmens a pu vivre dix ans à quelques lieues de Bruxelles, dans une sorte de retraite d’où il ne sortait que pour aller faire sa classe au Conservatoire. Hôte du château de Bierbais pendant dix ans, répétons-nous, il s’y est livré à une étude approfondie des œuvres des maîtres allemands en môme temps qu’il s’exerçait à acquérir les qualités qui en ont fait le premier organiste de notre temps. En outre, comme compositeur pour son instrument, M. Lemmens a un style élevé, toujours religieux et tel qu’on devrait l'adopter et le propager pour l'usage des églises. Son harmonie savante et compliquée, comme il convient à un instrument dont les ressources sont si multipliées et si puissantes, n'atteint jamais les limites où finit le jugement de l’oreille et où commence le domaine de la libre fantaisie. Le plus important de ses ouvrages est son Ecole d orgue basée sur le plain -chant romain. Il y donne la preuve que malgré le grand âge de la tonalité musicale, il reste encore bien des choses à lui faire dire, sans en altérer la langue ni la grammaire. Car cette suite de belles compositions offre une foule d’idées neuves et une harmonie disposée avec un art tout personnel. Les morceaux les plus connus de cette collection sont le cantabile, la marche triomphale, la fanfare et Yhosannah.

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