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SACCHINI

NÉ EN mt, MORT EN 1786

Sacchini appartient à lecole de Piceinni, mais avec plus d’ampleur dans les idées et un sentiment plus conforme aux traditions de la

IbC LES MUSICIENS CÉLÊnnES.

tragédie antique. Sa mélodie est noble et touchante dans les scènes pathétiques ; ses chœurs ont de la puissance et du caractère ; son harmonie est pure ; mais sa marche trop régulière donne peut-être à l'ensemble, comme on le remarque aussi dans les ouvrages de Mélml, une teinte un peu uniforme.

Une circonstance fortuite, analogue à celle qui fit de Giotto un peintre, livra Sacchini à la musique. Néà Pouzzoles,1c23 juillet 473i, d’une famille de pau\res pécheurs, il n’eût probablement pas quitté ses filets, si Durante, étant venu à passer dans la localité qu’il habitait, ne l’eût entendu chanter d'une voix fraîche et bien timbrée certains airs populaires. Le maître, aussi frappé de l’intelligence vive et de la mine éveillée de l’enfant que de la justesse de ses intonations, pressentit en lui une vocation artistique et l’emmena à Naples où il le fit admettre au Conservatoire de Saint-Ünuphre. Là, le jeune Sacchini étudia le violon avec Nicolas Forenza, le chant avec Gennaro Manna, et passa ensuite sous la direction de Durante qui lui enseigna l’harmonie et le contre-point. Il eut pour condisciples deux hommes qui devaient être ses émules et partager sa gloire : Piccinni et Gugliclmi, l’un et l’autre plus âgés que lui. « Vous avez un rival difficile à vaincre, disait le sagace professeur à ses autres élèves ; si vous nefaites beaucoup d’efforts, au moins pour l'égaler, il restera seul, et ce sera l’homme de ce siècle. » C’était de Sacchini que Durante tirait cet horoscope. A la mort de son maître, le jeune artiste avait vingt et un ans (1735). L’année suivante, il débuta dans la composition dramatique par Fra Dmtato, intermède en deux parties, exécuté avec un grand succès d’école par les élèves du Conservatoire. Après avoir terminé ses études, il donna des leçons de chant et se fit connaître sur quelques scènes secondaires en y faisant représenter de petits opéras en dialecte napolitain, tels que il Copista burlato (1739), 1 due Fralelli beffali (17 GO), I dite Baroni (1762). Ces productions favorablement accueillies du public lui procurèrent un engagement au théâtre Argent ina de Rome pour lequel il écrivit Semiramide, opéra séria qui fut joué avec succès. Le compositeur se fixa alors dans cette ville et y demeura sept années. De temps à autre, il donnait un ouvrage à Florence, à Naples et à Milan. De 1702 à 1708, on le voit composer Eumene, Andromaca, Il gran Cid, YAmor in Campo , Lueio Vero, la Conladina in corte , Ylsola d'Amore, YOlimpiade , Artasersc et enfin Alessandro nell' Indie joué à Venise et qui valut à l'auteur la place de directeur de YOspedalelto ou Conservatoire de cette ville. Sacchini n’ocetipa cette position que peu d’années ;

SACCMNI. t "il

mais il eut le temps de former d’excellents ('•lèves pour le chant, entre autres la Fcrrarese que la tradition lui donne pour maîtresse. 11 travailla aussi pour beaucoup d’églises et de couvents. Ses messe-, ses vêpres et ses motets se font remarquer par l’élégance du style et la suavité des mélodies. Eu même temps il continuait de se livrer à la musique dramatique, et faisait entendre, à Padoue, un de scs chefs-d’œuvre Scipione in Carlagine (1770). Sacchini, comme la plupart des compositeurs de son temps, avait une prédilection marquée pour les poèmes de Métastase.

A l’Age de trente-six ans, il avait déjà donné à la scène quarante opéras sérieux et dix opéras bouffes. Vers la fin de 1771, ayant rempli l'Italie de son nom et jaloux de se produire hors de son pays, il alla faire jouer à Munich et à Slultgard quelques ouvrages qui n’ajoutèrent rien à son illustration. Sacchini se rendit à Londres l’année suivante (1772). Il y débuta en reprenant quelques anciennes pièces de son répertoire dont plusieurs furent enrichies d’airs nouveaux. Il écrivit ensuite Tamerlano (1773), Nitteti (1771), Perseo (1774), Muntezuma (1775), Creso (1 775), Erifile (1776), etc. Malheureusement l'artiste manquait de l’esprit de conduite, nécessaire partout pour faire accepter le talent, et peut-être plus encore en Angleterre qu’aillcurs. Sa passion pour les femmes et le luxe effréné qu’il affichait avaient le double inconvénient de lui créer des ennemis et de mettre ses affaires en mauvais état. A ces ennuis se joignit l'inimitié du ténor Rauzzini, qui avait d'abord été lié avec lui et qui, plus tard, prétendit à la paternité des airs les plus vantés de ses opéras, absolument comme ce pauvre Crescentini qui prétendJit avoir composé les plus beaux airs de Zingarelli. Cette revendication était absurde ; cependant, on y prêta sottement l’oreille. Enfin, menacé de la prison par ses créanciers, Sacchini dut quitter l’Angleterre et aller chercher des auditeurs en France, où Framery avait déjà préparé les esprits en sa faveur par la traduction de Y Isola d'amore jouée sous le titre de la Colonie.

A rette date (1782), la querelle des Gluckistes et des Piccinnistes absorbait toute l’attention du public parisien. Que venait faire un étranger au milieu de cette bagarre? Le moment paraissait évidemment mal choisi. Ce fut une bonne fortune pour Sacchini que la coïncidence de son voyage avec le séjour de Joseph II à Paris. Le fils de Marie-Thérèse était, on le sait, amateur passionné de la musique italienne. 11 recommanda le compositeur à sa sœur Marie-Antoinette, et Rinaldo put de la sorte être monté h l'Opéra (23 février 1783). L’Armide de Lulli avait été jouée en 168G. Il y avait donc près d'un

siècle que la fameuse héroïne du Tasse régnait sur notre scène lyrique. Depuis Quinault, Pellegrin avait traité ce sujet et Gluck en avait tout récemment tiré un chef-d’œuvre. Il était dangereux pour Sacchini de venir après tant d’autres et surtout après le maître allemand dont le succès datait de la veille. C’est à cette cause qu’il faut attribuer la froideur avec laquelle on accueillit cette partition d’un grand mérite. Au premier acte, l’air de Renaud : Déjà la trompette guerrière, et le chœur : Itégnez, triomphez, belle Armirle ; au second acte, un quatuor délicieux de soprani : Tous triomphes , belle princesse, et l’air si pathétique : Barbare amour, tyran des cœurs; au troisième acte, l’andante grazioso en ré : Et comment veux-tu gîte je vive? sont, sans parler de beaucoup d’autres, des morceaux qui méritaient le suffrage des gens de goût. Malgré ces beautés, Rinaldo ne réussit pas. Un échec non moins injuste fut celui qu’éprouva U gran Cid, arrangé pour notre scène sous le titre de Chimêne, et donné à l’Opéra en 178 t. Le musicien avait cependant tiré tout le parti possible du magnifique sujet qui appartient à Corneille. L’air : Je vois dans mon amant l'assassin de mon père, l’illegro : Combats pour soustraire Chimène, sont pathétiques et d’une belle facture. Dans cet ouvrage, comme dans tous ceux de Sacchini, dans Œdipe, Renaud cl Dardanus, règne une sensibilité distinguée, qui n’a rien de commun avec l'afféterie si en vogue à cette époque. Les formes du style sont d’une pureté qui en rend l’audition encore très-agréable aujourd'hui. Bien que Sacchini excellât surtout dans la partie vocale, ses ouvertures sont bien traitées. Celle de Chimène a été souvent rapprochée de l’ouverture de la Caravane, opéra-comique de Grétrv joué à Paris la même année. Selon toute apparence, Grétry s’est rencontré avec le maître italien plutôt qu’il ne l’a imité de propos délibéré.

Le troisième opéra que le compositeur fit entendre à Paris, Dardanus, représenté à l’Opéra en 1784, n’obtint aussi qu’un succès trèscontesté. Et cependant il semble qu’on eût dû admirer l’air d’Iphisc : Cesse, cruel amour, de régner sur mon âme, l’air de Dardanus : Jour heureux, espoir enchanteur, et la magnifique scène : Il me fuit, il ne m’écoule plus, où Iphise peint les angoisses de son cœur partagé entre l'amour et la tendresse filiale. Rameau avait écrit un opéra sur le même sujet ; mais ici les scènes sont beaucoup plus développées et les mouvements plus pathétiques. L’ouverture en ut mineur est bien traitée. On remarque encore dans la partition un air de ballet en sol et une galante en ré d’un effet gracieux.

Le plus complet des ouvrages de Sacchini, celui où ses qualités se

SACCHIM.

montrent avec le plus d'éclat sans aucun alliage des négligences qu’on remarque parfois dans ses autres productions, c’est Œdipe à Colone, tragédie-opéra en trois actes, représentée à l’Académie Koyale de musique, le 1" février 1787 après la mort du compositeur. Tout le monde sait combien de fois depuis Sophocle, les poêles dramatiques ont mis en scène ce personnage d’OEdipe qui est la plus déplorable victime de l'àvâvX1) antique. Il y a un cycle d’OEdipe, comme il y a un cycle de Don Juan. Ce sujet est de ceux que tous les auteurs ont voulu traiter : pierre d’achoppement pour les Prévost, les Sainte-Marthe, les La Mothe ; occasion de triomphe pour les Corneille et les Voltaire. Restait-il encore quelque chose à dire sur le fils de Laïus et de Jocaste ? Non peut-être à un littérateur; mais il était réservé à la musique de reprendre pour la raviver cette donnée terrible d'un personnage parricide, incestueux et innocent. Dans sa partition Sacchini atteint parfois à la sublime simplicité du modèle grec. Glissons sur l’ouverture qui rappelle la pauvreté d’orchestration propre aux compositeurs italiens de ce temps. Le maître ne tarde pas à se révéler dans l’air de Polyniee : Le Fils des dieux, le successeur d'Alcide, dans le chœur des soldats : Sous braverons pour vous les plus sanglants hasards, dont Méhul a imité depuis la facture énergique et sobre. Le chœur de femmes, au rhythme si harmonieux : Allez régner, jeune princesse , reporte notre imagination à ces théories de jeunes filles qui se rendaient au temple de l’allas Athéné, vêtues de blanc et portant dans leurs mains des rameaux d'olivier. Quel charme aussi dans l’air de l’Athénienne et dans celui d’Eriphile ! La marche des prêtres est sublime et laisse peut être derrière elle les compositions analogues de Gluck, excepté toutefois la marche d’.-l/cesle. Tout le monde connaît la grande scène : Ah ! n'avançons pas davantage. C'est une merveille que d’avoir su saisir et rendre aussi bien le spectacle de la faiblesse de l'âge appuyée sur la faiblesse du sexe. Cela fait penser aux vers de Musset :

Aux forces du vieillard leur sève s’est unie :

Ces deux fardeaux si doux suspendus à sa vie

l.c fout vers son tombeau marcher A pas plus lents.

Pour abréger, nous ne citerons plus que le mouvement de l’allegro : Filles du Stgx, terribles Euménides, et l’air d'Œdipe : A ntigone me reste, Antigone est ma fille, dont tous nos lecteurs fredonnent la phrase touchante ! Elle ma prodigué sa tendresse et ses soins. C’est un des plus beaux airs français.

UiO LES MUSICIENS CÉLÈBRES.

Malheureusement Saechini ne put faire jouer Œdipe de son vivant. La reine Marie-Antoinette avait promis au compositeur qu' Œdipe serait le premier ouvrage qu’on représenterait sur le théâtre de la cour ;'i Fontainebleau ; l’auteur, heureux de cette parole, continuait à se trouver tous les dimanches au sortir de la messe sur le passage delà reine qui, quelquefois, l’invitait à passer dans le salon de musique où elle l’entendait avec plaisir chanter quelques fragments de son An: ire et Evelina , opéra en préparation. Saechini crut bientôt remarquer une sorte de froideur de sa part, et enfin un jour la reine l’aborda et lui dit avec émotion : « Monsieur Saechini, on dit que j’accorde trop de faveur aux étrangers. On m’a si vivement sollicitée de faire représenter, au lieu de votre Œdipe, la Phèdre de M. Lemoine, que je n’ai pu m’y refuser. Vous voyez ma position ; pardonnez-moi. » Ce fut le coup de grâce pour le pauvre compositeur. 11 tomba malade le soir même, et mourut trois mois après, le 7 octobre 1786 à l’âge de cinquante-deux ans. S’il avait éprouvé quelque difficulté à se faire accepter en France, malgré l’appui que lui prêtait la reine, tous les ressentiments S’éteignirent, toutes les préventions se dissipèrent en présence de sa fin si regrettable. On ne vit plus que la perte irréparable faite par l’art musical dans la personne d’un de ses plus illustres représentants. À Paris d’éclatanls honneurs funèbres furent rendus à l’auteur d 'Œdipe ; en Italie son buste fut sculpté par François Caradori pour être placé dans la chapelle du Panthéon de Rome.

DEZÈDE

Dezèdc est l’auteur de la jolie musique des couplets Je suis Lindor chantés dans le Barbier de Séville de Beaumarchais. Musicien faible et d’une veine assez pauvre, il mérite pourtant d'échapper à l’oubli à cause de l'heureuse sensibilité qui distingue la plupart de ses compositions.

La naissance de cet artiste est restée un problème. On croit qu’il

DEZÈDE.

faut la placer vers 1740 ; quant au lieu où il reçut le jour, les uns tiennent pour l'Allemagne, les autres pour l’Angleterre, d'autres enfin pour la France et vont même jusqu’à désigner Lyon comme sa ville natale ; mais toutes ces suppositions reposent sur des fondements peu solides, et il est impossible de s’arrêter à aucune. Dernièrement un biographe a laissé entendre que l'auteur de Biaise et Babel pouvait bien être un fils naturel de Frédéric II. Le mystère laisse le champ libre à tontes les conjectures ; toutefois, répétons-le, ce ne sont que des conjectures, et l'état civil du compositeur est encore à trouver. Le nom môme sous lequel il est connu paraît avoir été formé de la réunion des deux lettres DZ, seule signature que l’on rencontre sur la partition de Julie, son premier ouvrage. Notre musicien aurait ainsi acquis un nom, comme le célèbre aventurier Casanova acquit son titre : de baron de Seingalt, par la grâce de l'alphabet. Ce qui autorise jusqu’à un certain point cette hypothèse, c'est que les écrivains du temps orthographient ce nom de sept ou huit manières différentes : De Zède, Dozède, Dezèdes, Des de, Des-Aides, Desaides, Dezaide, etc. Il est probable que cet enfant abandonné dont la vie se consuma à la recherche de ses parents, se désigna par les initiales DZ comme il se fût désigné par l’anonyme X, afin de n’avoir pas à changer de nom, lorsqu’enfin il lui serait permis de porter celui de sa famille. Mal lui en a pris de vouloir obstinément dégager cette inconnue.

Quoi qu’il en soit du vrai nom et de la véritable origine de Dozède, il paraît avoir eu pour père un grand personnage ou tout au moins un homme riche, car on lui fit donner l’éducation que recevaient alors les gens de qualité. Amené de bonne heure à Paris, il fut placé dans un collège de celte ville. Après ses humanités il passa dans les mains d’un abbé qui acheva son instruction et lui enseigna à jouer de la harpe. Il apprit aussi à cette époque la composition musicale, sans prévoir qu’il devrait un jour utiliser pour sa subsistance ce qu’il étudiait alors comme un art d'agrément.

Grâce aux libéralités d'un père ou d’une mère qui ne voulut jamais se faire connaître, le jeune homme touchait alors une pension annuelle de 25,0IJ0 livres, laquelle fut portée au double do cette somme quand il atteignit sa majorité. Heureux si une curiosité inquiète et déplacée ne lui eût point fermé la source de ce bienfait! Mais Uezède ne pouvait se résigner h ignorer toujours d'où il sortait ; il se croyait avec quelque raison issu d’un sang noble, sinon princier. Son notaire eut beau lui faire observer que non-seulement scs tentatives n’aboutiraient à aucun résultat, mais encore que la personne

intéressée à ce que cc secret fût gardé, le punirait d’avoir essayé de le pénétrer en lui retirant sa pension, Uezède dédaigna cette menace, continua ses recherches de plus belle et ne réussit qu’à s’attirer, ainsi qu'on le lui avait prédit, la disgrâce du bienfaiteur inconnu qui le protégeait. C’est alors que, réduit pour vivre à tirer parti de son talent, il entra dans la carrière de compositeur dramatique et donna une certaine illustration au nom improvisé que ses ancêtres ne lui avaieut pas transmis.

Son début fut Julie, opéra-comique en trois actes, représente à la Comédie italienne le 22 septembre 1772. Les paroles étaient de l'acteur Monvel, plus célèbre encore par sa ûlle, M'1" Mars, que par son double talent d’acteur et d'auteur.

Quoi qu’ait pu écrire Grimm, juge suspect quand il s'agit, de la musique française, la pièce obtint un succès mérité. Lo public accueillit également bien 1 Erreur tf un moment, œuvre duo encore à la collaboration de Monvel et de Dez'-de et jouée le 1 4 juin 1773. Mais, la même année (1 octobre 1773), le Stratagème découvert tomba lourdement ; cet opéra ne put aller au delà de la quatrième représentation. Quatre ans après, le musicien et son librettiste furent plus heureux avec les Trois Fermiers , deux actes délicieux joués à la Comédie italienne, le 24 mai 1777. L'association de Dezède et de Monvel aurait pu produire encore d'heureux fruits, si celui-ci, empêché par d'autres travaux, n’avait renoncé momentanément à écrire pour la Comédie italienne. Forcé dès lors de se contenter de librettistes tels que It izins de Saint-Marc, Marlignac, Mabille, Sauvignv, notre artist; essuya une série de chutes avec le Langage des fleurs, Cécile , .■1 trompeur trompeur et demi , Péronne sauvée, opéra en quatre actes joué à l’Académie royale de musique, le 27 mai 1783. Tant d’insuccès éprouvés coup sur coup eurent enfin une contre-partie ; ce fut la vogue immense qui accueillit lilaise et Babel, opéra-comique, représenté le 30 juin 1783, et dont Monvel, alors exilé, avait fourni le livret. Cette partition peut être considérée comme l’une de celles qui moutrent avec le plus d’avantages les qualités gracieuses et naïves du compositeur. Des dix-sept ouvrages qu’il a donnés au théâtre de 1772 à 1792, nul n’a joui d’une fortune plus éclatante et plus prolongée.

Avec le produit de ses travaux, Dezède aurait pu vivre dans l’aisance s’il n’avait gardé de sa première opulence des habitudes fastueuses qui l'entraînèrent à des frais liors de proportion avec son revenu. 11 portait d’ordinaire un costume orné de riches broderies et il se chaussait de bottes à la manière des Prussiens et des Suédois. Ce

GBÉTRY.

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