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BERTON
comique. Le livret offre en effet des scènes déchirantes qui étaient bien propres à inspirer le compositeur. La chanson : Jouer toujours , chauyer d amour a beaucoup plu ; mais les morceaux les plus remarquables sont la romance : Email des prés, verdure, l'air, Cesl là gu elle sera, et la scène : Non, pour moi, non, plus d espoir.
Cetle entente de la scène au point de vue musical produisit encore deux ouvrages qui ont de la valeur : le Grand Deuil, opéra bouffon en un acte (20 janvier 1801), et Aline, Reine de Golconde, opéra-comiqne en trois actes (1803). Dans les nombreux opéras qui succédèrent à ceux-ci, la négligence se fit sentir de plus en plus, et avec elle la pénurie de l’inspiration ; car Berton eut le tort de ne point s’arrêter à temps et de continuer à écrire lorsque son imagination épuisée ne s’exerçait plus que sur des thèmes rebattus. Combien d’artistes devraient s’appliquer le mot d'Horace,
Suive senescentem mature sanus et/uum.
C’est à peine si dans Virginie (11 juin 1823), le quarante-septième ouvrage dramatique, mais non le dernier, du fécond compositeur, il se rencontre quelques parties intéressantes sous le rapport de l’harmonie.
Homme de coterie, ne dédaignant pas d’appeler l’intrigue au secours de son talent, Berton jouit pendant sa vie d’une grande réputation, et les distinctions les plus flatteuses lui furent accordées pur tous les gouvernements qui se succédèrent au pouvoir durant cette période agitée de notre histoire. Lorsque la Convention réorganisa l'École royale de musique sous le nom de Conservatoire national (1798), Berton y fut attaché dès l’origine, en qualité de professeur d’harmonie. En 1807, il est nommé directeur de la musique de l'Opéra- I talion , et Paris lui doit d'entendre pour la première fois les Nozze di Figaro de Mozart. De l’Opéra- Italien, il passe comme chef de chant à l’Opéra (1809). Six ans après, en 1813, l’Institut lui ouvre ses portes. La Restauration le fait chevalier de la Légion d’honneur, et la monarchie de Juillet lui confère le grade d’officier dans le même ordre (1831). Berton avait fourni une longue et brillante carrière quand il mourut le 22 avril 1814. Douze ans auparavant, il avait perdu son fils François Berton. A l'exemple de son père et de son aïeul, ce dernier avait donné quelques partitions à la salle Feydeau et il l’Opéra, mais elles avaient eu peu de succès.
Son active production dramatique n’empêcha pas Berton d écrire
LES MUSICIENS CÉLÊIUIES.
sur la musique des ouvrages didactiques et autres. On a de lui un Traité d' harmonie 815), une Èpitre à un célèbre compositeur français (Boieldieu) (1829), plusieurs articles publiés dans l'Abeille , etc.
Du musicien jadis tant vanté, que reste-t-il aujourd’hui dont on se souvienne? Il a écrit plus de quarante opéras : un seul surnage audessus de l’oubli. C’est qu’on ne surprend pas le jugement de la postérité comme on abuse celui des contemporains. Les manœuvres infatigables de Berton pouvaient, de son temps, aider au succès de sa musique : elles ne peuvent déguiser à nos yeux la banalité et le défaut d'inspiration qui y régnent. Que n’a-t-il pas ditet fait contre Rossini? Il doit lui suffire d'être encore appelé l’auteur de Mont ai w et Stéphanie.