‹ Les musiciens célèbresChapitre 61 sur 153 · PAER · texte numérisé non relu

PAER

humble sonate, je veux bannir de votre salon la médisance, les conversations souvent dangereuses, pour y faire régner l'aménité, le bon ton, la politesse et le goût des plaisirs délicats. »

PAEU

Pa6r (Fernando) naquit à Parme le i" juin 1771. Il montra, dès son enfance, de grandes dispositions pour la musique et put en apprendre les éléments dans sa ville natale, auprès d’un certain organiste dont le nom ne nous est pas parvenu et, en second lieu, d’un célèbre violoniste attaché au service du duc de Parme, Ghiretti, ancien professeur du Conservatoire délia Pietà de Turchini, à Naples. A seize ans, il composa la Locanda de vagabondi, et à dix-sept ans, i Pretendenti burlali, deux heureuses compositions bouffonnes qui furent représentées à Parme en 1789 et 1790, et lui firent, pendant les dix années qui suivirent, un nom par toute l’Italie. De Parme, il partit d’abord pour Venise où il écrivit, en 1791, son opéra de Circé qui eut un grand succès, puis successivement, Saïd ossia il Sernglio, i Molinari, l’Amante servitore, i Due Sordi, l'Intrigo amoroso et la Testa riscaldata, la Sonnambula ; puis de là ppur Naples où il donna Ero e Leandro que fit applaudir la cantatrice M“* Billington ; à Florence, il donna Idomeneo et XOrfana riconosciuta ; à Parme, Uriselda , une de ses compositions les plus estimées, ilNuovo Figaro , il Principe di Tarento ; à Milan, t'Oro fa lullo, Tamerlano , la Rossana ; à Rome, Una in bene ed una in male; à Bologne, Sofonisbe ; à Padoue, Laodicea et Cinna. Au milieu de tous ces travaux, l’aér menait joyeuse vie, reçu partout, fêté, adulé.

En 1797, il se rendit à Vienne, où il composa plusieurs opéras et des cantates pour l’impératrice. La fréquentation des maîtres allemands lui apprit à travailler avec plus de soin. De Vienne, il alla à Prague et de là à Dresde où, à la fin de 1801 , l'électeur de Saxe lui donna la succession de Naumann, comme maître de sa chapelle, ce qui le re-

tint en Saxe pendant plusieurs années. Il y composa entre autres ouvrages : Achille, Sargino, Lconora ossia f Amore conjugale, divers petits opéras bouffes, des cantates et des oratorios. C’est vers cette époque qu'il épousa la signora Ricciardi, cantatrice d’un rare talent, dont il se sépara par la suite et qui vécut depuis retirée à Bologne. En 1803, il alla de nouveau à Vienne, et composa un nouvel oratorio pour le concert qui y fut donné au bénéfice de la caisse des veuves d’artistes. En 1804, il fit un voyage en Italie, mais revint à Dresde où il était encore au moment de l'invasion française en 1806. Napoléon fut charmé de l’audition à.' Achille.

Paër et sa femme durent suivre le vainqueur d’Iéna à Posen et à Varsovie. Ils y donnèrent des concerts brillants. Paër était alors l’homme à la mode, d’une activité infatigable, plaisant par son esprit et joignant à sa prodigieuse facilité une ambition sans limites. Il sut négocier un engagement par lequel l’électeur, devenu roi de Saxe, faisait passer le compositeur au service de la cour de France, avec les qualités de compositeur et directeur de la musique particulière de l’empereur, maître de chant de l’impératrice Marie-Louise et directeur de l'Opéra- Bouffe de Paris; les revenus de ces diverses charges montaient à une cinquantaine de mille francs.

Arrivé à Paris et au comble de scs vœux, Paër s’endormit alors en quelque sorte dans les délices de Capoue. Sa plus grande occupation fut de préparer des représentations à la cour ou des concerts, ne produisant plus lui-méme que de loin en loin. 11 chantait délicieusement ; c’était un accompagnateur excellent; aussi obtint-il des succès de salon peu dignes d’un compositeur aussi distingué. Il écrivit dans cet intervalle plusieurs partitions médiocres, telles que NumaPompilio,Didone, Cleopatra, i Baccanli. 11 faut cependant signaler Y Agnesc, opéra qu’il composa en 1811, dans un voyage qu’il fit à Parme, pour une société d’amateurs. L' Agnese fit le tour de l’Europe. Tout y est remarquable: la noblesse du style, l’instrumentation ingénieuse, le récitatif juste. Le succès fut universel. En 1812, il fut appelé par Napoléon à la direction de la musique du théâtre Italien en remplacement de Spontini ; mais les événements de 1814, sans lui faire perdre tous scs emplois, restreignirent ses traitements. Il s’adressa aux souverains alliés, faisant valoir l’engagement revêtu de formules diplomatiques, qui lui avait fait quitter le service du roi de Saxe; on n’en tint nul compte. Il dut s’estimer heureux de rester compositeur de la chambre du roi aux appointements de douze mille francs. En 1816, il fut nommé maître de chant de la duchesse de

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