PACINI
théâtre San-Carto, dans le courant de l’été, Alessandro nel/e Indit, sur les paroles de Métastase. L’union qu’il contracta alors avec une jeune Napolitaine ne ralentit pas son activité. Il donna à San-Garlo de Naples Amazilia , que suivit le 19 novembre 1825, 1 ’Uhimo Giorno di Pontpcia, composé pour la fête de la reine de Naples, et qui fut représenté plus tard à Paris avec succès.
Pacini quitte Naples quelques mois après pour aller faire représenter à Milan la Gelosia correlta, et revient écrire sa Niobe pour la Pasta. Cet opéra sérieux, quipasse aujourd’hui pour une de ses œuvres capitales, fut représenté, pour la première fois, au théâtre de San- Carlo, le 19 novembre 1820, et ne fut guère apprécié que plus tard à sa véritable valeur. La cavatine de la Niobe est restée célèbre. M"* Pasta la chantait avec un grand succès; aussi l’introduisait-elle comme intermède dans une foule d’ouvrages. Pacini avait alors trente ans, et déjà il avait composé environ trente opéras, plusieurs messes, plusieurs cantates et différents morceaux de musique instrumentale. 11 se retire alors, pendant quelque temps, dans une villa qu’il a louée à Portici. Mais il n’y reste pas inactif; à peine a-t-il écrit la dernière croche d’une partition nouvelle, qu’il va la faire représenter sur une des scènes de Htalie, qui toutes accueillent scs ouvrages. C'est ainsi qu’il va faire applaudir I Crociati in Tolemaïde à Trieste, en 1827, et Gli Arabi nel/e Gai lie à Turin, le 25 décembre 1828. En 1829, il donna Margherita tl Anjiù, et Cesare in Egitlo, Il Talismano à Milan; en 1830, 1 Fidanzati encore à Milan; La Vestale; Gianni di Calais à Plaisance et à la Scala, Giovanna d'Arco, que chanta M“e Méric-Lalande, accompagnée de Rubinietde Tamburini; malgré d’aussi habiles interprètes, Jeanne d Arc ne réussit pas; la même année, il fait exécuter, à Naples, la cantate VAnnunzio felice; en 1831, Ivanoeh Venise, Il Corsaro à Rome; en 1832, il refait en partie, à l’occasion de la foire de Dergame, Falegnamo di Lit onia; en 1833, il donne à Naples Ferdinando, duca <fi Valenza, la cantate II felice Imeneo et Gli Elvczzi ; en 1834, il fait représenter, à Bastia, avec quelques modifications, deux opéras qu'il a déjà fait jouer : Il Barone di Üolsheim et la Gioventù d'Enrico V , et donne, la même année, Irene à Naples, et Marin cC/nghilterra à Milan; en 1837, c’est Carlo di Burgogna à Venise, et la Sposa fidcle à Rome; en 1830, Temistoc/e à Padoue; en 1838, la Schiava di Bagdad à lteggio; en 1841, la Vestale est jouée à Barcelone et Furio Camillo à Naples; en 1842, [Uomo dcl mistero, encore à Naples, Saffo à Milan, qui obtint un succès immense, et II duca iL Alba à Venise; en 1843, Maria Tuior à Palerroe; en
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1844, Media, encore à Païenne, et la Fidauzata Corsa à Florence? en 1845, Buondelmonte à Florence; en 184G, la Itegina di Cipro à Turin, et en 1 847, la Stella di Napoli à Naples ; Il Saltimhanco, Esther (f Engaddi, A Han Cameron , la Pimizione , Malvina di Seozia, Margherita Pusterla, la Distruzzione di Gertisalemme, lEbrea, Il Contestabilc di C/iester, Wallace, Merope, Luisetta, 1 Fuorusciti.
C’est ici que s’arrête la production vertigineuse de cet infatigable improvisateur Pacini. Soit dégoût du théâtre, soit qu’il éprouvât moins de facilité qu'autrefois à faire jouer ses opéras, il ne donne plus que de loin en loin des ouvrages nouveaux. Le dernier est Berta, opéra sérieux, représenté à Naples en 1806. Mais, si le compositeur cesse d’écrire, l’homme aelifet entreprenant continue à agiter le monde musical italien. Tantôt, il provoque une souscription pour élever une statue à llossini dans sa ville natale de Pesaro, tantôt il s’occupe de procurer le même honneur à Gui d’Arezzo, l’inventeur du nom des notes de la musique. Pacini en a fait une si prodigieuse consommation dans sa vie, qu’il doit bien un tribut de reconnaissance au savant moine de Pompose. D’autres fois, il s’emploie au retour des cendres de Bellinià Catane, et à la publication de ses propres mémoires. Enfin, il est en correspondance avec la plupart des journaux de la Péninsule. Avec le concours de son père Luigi, il avait fondé à Viareggio une école de musique. Le duc de Lucques l’érigea en Conservatoire, et nomma Pacini directeur de cet établissement en 1886.
On ne connaît eu France des opéras de Pacini que Saffo, L'ullimo giorno di Pompeio, la Fidanzata Corsa et Gti Arabi nelle Gal/ie. On ne comprend pas que la A ’iobe, qui fit la réputation du maître de l’autre côté des Alpes, n’ait pas été donnée au théâtre Italien de Paris. L’opéra de Saffo contient des morceaux remarquables ; pour ne citer que les principaux, les cavatines : Teco d'allure, ahl cnn lui, l’air de ténor : Ah! giusta pena, la cavaline pour basse taille : Di sua voce, enfin le duo de femmes : Di guei snavi, non-seulement sont écrites avec habileté pour les voix, mais offrent même des mélodies fort agréables à entendre.