‹ Les musiciens célèbresChapitre 96 sur 153 · MONPOU · texte numérisé non relu

MONPOU

(HIPPOLVTE)

Mon pou (Hippolyte), naquit à Paris le 12 janvier 1804. 11 fut d’abord enfant de chœur à l’église Saint-Germain l’Auxerrois, puis

entra, à l’âge fie neuf ans, dans la maîtrise de Notre-Dame, alors dirigée par Desvignes. En 1817, il devint l’un des élèves de l’École fondée par Choron, et fut désigné deux ans après pour aller remplir les fonctions d’organiste à la cathédrale de Tours. Une telle fonction était trop au-dessus des forces de ce musicien de seize ans, pour qu'il pût la conserver longtemps; aussi dut-il bientôt rentrer dans l’école de Choron en qualité de maître répétiteur. Puis il devint successivement organiste de Saint-Thomas-d’Aquin, de Saint-Nicolas-des- Cliamps et de la Sorbonne, ce qui lui permit de faire exécuter plusieurs messes de sa composition.

Grâce h une étude constante des grands maîtres italiens, allemands et français, grâce surtout aux exercices qu’il faisait chaque jour avec des condisciples, tels que Duprcz, Boulanger, Scudo, Vachon, Wartel, etc., c(c., il parvint à acquérir les connaissances pratiques nécessaires pour exercer un emploi auquel il n’était pas préparé par ses premières études. L’ouverture des concerts de musique ancienne créés par Choron en 1828, sous le nom à' Institution royale de musique religieuse , lui fut très-utile; les fonctions d’accompagnateur qu’il dut souvent remplir devant le public lui firent perdre une timidité exagérée qui paralysait tous scs moyens et l’empêchait de devenir un bon lecteur et un habile pianiste.

Ce fut vers cette époque qu’il s’essaya dans la composition de quelques romances. Son charmant nocturne à trois voix sur ces paroles de Béranger : Si j'étais petit oiseau, qui fut suivi de plusieurs chansonnettes fort gracieuses, eut un grand succès et commença sa popularité. Quand la révolution de 1830 vint suspendre les concerts de musique ancienne et même amener la fermeture de l’école de Choron, Monpou, abandonné à lui-même, chercha sa voie. L’école romantique lui faisait des avances, il se décida à entrer résolûment dans cet ordre d’idées. Il n’eut pas à regretter son revirement ; sa romance de V Andalouse sur des paroles d’Alfred de Musset; Sara la baigneuse de Victor Hugo, le Lever , Madrid, la Chanson de Mignon, le Fou de Tolède, Gastibeha, les deux Archers, les Résurrectionnisles, le Voile blanc, qui se distinguaient par une incontestable originalité, devinrent promptement populaires. Ce fut vers cette époque qu’il mit en musique un chapitre des Paroles d'un croyant de Lamennais, et la dernière scène d 'Othello, traduite par Alfred de Vigny.

Encouragé par les faciles succès qu’il remportait dans la nouvelle voie où il était entré, Monpou crut pouvoir aborder la scène. Il fit représenter en 183.” au théâtre de l’Opéra-Çomique les Deux Reines,

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