CHAPITRE I
Principes des Mutualités maternelles
Le mot de « mutualité », dit Léopold Mabilleau(r), si on le prend à la lettre, semble impliquer des rapports de réciprocité pure entre les personnes associées, à l'exclusion de toute intervention intérieure ou ,extérieure capable de modifier cet équilibre : égalité des charges et des avantages, au sein d’une société dont les contributions et les services doivent être limités à ses seuls membres. Parmi les sociétés françaises, il n’y a pas de mutualités ainsi comprises, sans ressources extra-sociales, telles que la cotisation des membres honoraires, les dons et legs, les subventions diverses. |
[ne s’agit pas, au sens strict du mot, de mutualité mais plutôt de secours mutuel. Les sociétés de secours mutuels, dit encore Mabilleau, tiennent de leur origine un caractère de bienfaisance libre et gratuite : il n’est pas exact de les présenter comme de
1. Léopold Mabilleau. La mutualité française ; Librairie des publications officielles et du Bulletin des lois, Paris, 1905.
pures œuvres de prévoyance ou d'assurance : l’assistance tient une place considérable, et non accessoire, dans leurs ressources et dans leurs services. C’est ainsi que dans les sociétés de secours mutuels approuvées, la moitié de l'excédent des recettes sur les dépenses est due aux Cotisations des membres honoraires, à ceux qu’on a appelé « les frères aînés de la famille française ». Et la solidarité des individus se complète par celles des pouvoirs publics. M. Roche (1) n’a-t-il pas demandé « que les communes soient
tenues d'inscrire à leur budget, au chapitre «dépen-
«ses obligatoires » un crédit suffisant pour accorder aux sociétés de secours mutuels une subvention d'au moins un franc par sociétaire et par an ». Les sociétés mutuelles ainsi comprises sont donc des sociétés de secours et d'assistance mutuels. Enfin dans certains pays, en Allemagne et en Autriche, a été adopté le système de l'assurance obligatoire. Il s’agit alors d'œuvres généralisées et obligatoires. Une loi oblige ouvriers et patrons à verser une cotisation à une caisse d'assurance. Ainsi actuellement en Allemagne et en Autriche toute femme nouvellement accouchée, même accouchée normalement, doit prendre un repos obligatoire de quatre semaines au moins après sa délivrance et recevra