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sociétés de mutualités maternelles fondées par M. Poussineau.
La lutte contre la mortalité infantile ne date pas d'aujourd'hui. Les œuvres de bienfaisance privée s’en sont depuis fort longtemps occupées. Dès 17984 Mr: du Fougeret fondait la Société de Charité Maternelle, sous la protection de Marie-Antoinette. L’ordonnance du 31 octobre 1814 a placé cette société sous la surveillance du ministre de l'Intérieur. Un récent décret du 29 août 1894 l’a réorganisée. Actuellement la France compte quatre-vingt-trois sociétés de cette nature. Ces sociétés exigent que leurs protégées nourrissent elles-mêmes leurs enfants et, au cas où cela leur est impossible, elles maintiennent l'enfant auprès de la mère, leur objet principa étant d'empêcher l'abandon. |
Beaucoup d'œuvres de bienfaisance se sont fondées depuis: telle la Société protectrice de l'Enfance
créée en 1865, qui aide les mères pauvres qui nour-
rissent leurs enfants et récompense les plus méritantes, elle a des ramifications en province: Lyon, Marseille, Le Havre (1), telles ces merveilleuses Consultations de nourrissons créées sous l’influence de notre maître, M. le professeur Budin. Les assem-
1. Consulter sur ce sujet la thèse de Flambard (Paris, 1903), dans laquelle sont cataloguées les principales œuvres d’assistance privée, actuellement existantes (p. 41-48).
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blées départementales inscrivent souvent la lutte contre la mortalité infantile au programme de leurs délibérations. Paris, surtout, a donné l'exemple. A la requête de M. le sénateur Strauss, le Conseil municipal de Paris a eu, le premier, l'honneur d'instituer le secours de grossesse. Le 7 mars 1890, sur une proposition de M. P. Strauss, le Conseil municipal a décidé la création d’un asile-dortoir pour les femmes enceintes, sous le nom d’Asile Michelet; il a été construit par M. Bouvard sur un programme fourni par M. le D" Budin, et inauguré le 21 décembre 1893. Déjà un autre asile avait été, le 17 juillet 1890, largement ouvert aux femmes enceintes, celui de la rue Fessart. En 1892 s’ouvrit, avenue du Maine, un Refuge-ouvroir sous les auspices de Me Béquet, et avec subvention du Conseil municipal. La ville de Paris en protégeant non seulement le nouveau-né, mais en organisant ainsi l'assistance de la femme enceinte a montré la voie à suivre pour lutter contre l’avortement, l’infanticide et l'abandon même (x).
Enfin l'Etat a coordonné et dirigé tous ces efforts. Rappelons simplement le vote de la loi Roussel, ainsi que le projet de loi préparé par M. le sénateur Strauss el qui vient récemment d’être voté par le Sénat (décembre 1902).
Mais les mères elles-mêmes, les mères pauvres et