LE TERRAIN
Deux fois sur trois il s’agit de femmes et, en cela, l’agranulocytose stovarsolique semble obéir à la règle.
RL
L'âge paraît un facteur négligeable, allant de Le à 63 ans. - ne
Plus intéressante est l'étude du passé pathologique de ces malades :
— Du point de vue sanguin il est rare de retrouver des antécédents et, en dehors du cas assez particulier de HaBer- FELD et Ro (obs. IE) où l agranulocytose fit suite à un traitement par le Spirocide pour une angine lymphocytaire, il est habituel de voir signaler l’absence de tare sanguine, en particulier hémorragique. Cependant, dans les cas les plus nombreux, où le Stovarsol fut donné pour de la diarrhée, il était assez fréquent que cette diarrhée fût hémorragique ; dans l’observation XII même, c’est à la suite d’une importante hémorragie intestinale que s'installa la diarrhée. — Du point de vue digestif, l’investigation étiologique est beaucoup plus fertile : en effet, en dehors du cas IT que nous venons de citer, du cas IIT où le Stovarsol fut donné comme médicament antisyphilitique et du cas VII où c'était comme tonique général, toutes les autres fois, soit dans 9 cas, on prescrivit le Stovarsol buccal pour des phénomènes diarrhéiques. Or, jamais les examens de laboratoire ne vinrent prouver l’origine parasitaire de ces diarrhées.
Rapportant les cas IX, X et XI à la Société d’Hématologie, J. MALLARMÉ disait : « L’étude des troubles digestifs démontre aussi que la diarrhée n’était sûrement pas parasitaire, mais une diarrhée spasmo-exsudative d’intolérance, chez des malades qui, toutes, étaient des hépatiques, avec urticaire, migraine et algies diverses. Dans la première observation (obs. IX), le Stovarsol avait d’ailleurs provoqué précocement du prurit et des éruptions. J’insiste d’ailleurs sur ce fait que les sujets ‘atteints d'insuffisance hépatique et présentant des réactions d'allergie diverses, colitiques, cutanées, algiques ont, très souvent, SPORE EN une tendance à l Fe an
À l’appui de cela on peut encore is deux autres observations antérieures :
— dans l’observation VI, ils’agit d’un homme présentant des phénomènes diarrhéiques intermittents, mais aussi très souvent des poussées de furonculose ;
— la femme de l’observation VIII, suspecte de dysentérie, était depuis 15 ans traitée pour prurit vulvaire.
Il semble donc légitime d’accorder une place importante, dans la genèse de ces accidents, au caractère spasmo-exsudatif, réactionnel, de la diarrhée, qui, par elle-même d’ailleurs, ne constitue qu’un des Heat d’un terrain oc olérant. à multiples manifestations.
Mais nous débordons ici la question de l’étiologie pour tomber dans le domaine beaucoup plus complexe de la pathogénie qu’il nous reste à envisager.