‹ Les Myomes Diffus de l'UtérusChapitre 25 sur 40 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

Aymard, femme M..., 30 ans. Entrée le 19 septembre 1905.

Anlécédent personnel. — Rien à noter dans l'enfance à marché à dix-huit mois. Réglée à quinze ans et depuis toujours régulièrement. Règles peu abondantes, pas douloureuses. Mariée à vingt ans elle eut deux enfants qui nécessitèrent le forceps, à vingt-sept ans une fausse couche et c’est de cette époque qu'elle souffre. - -

Quinze jours environ par mois elle perd en rouge, pertes peu abondantes, il est vrai, mais continuelles. Dans l’intervalles ce sont des pertes blanches. Ces pertes s’accompagnent parfois de douleurs violentes ayant leur siège au-dessous de l’ombilic, s'irradiant aux lombes et à la face interne des cuisses. L'état général est peu modifié. La digestion est normale. Les ovaires contiennent des pigments biliaires, mais ni sucre ni albumine. L'examen permet de reconnaître un utérus mobile gros, à un travers de main au-dessous de l’ombilic, plutôt rétrofléchi et déviée à droite, le fond est élargi. On sent aussi uu gros col de métrite, mais sans allongement. Les culs-de-sacs manquent de

HO SE souplesse, il ne semble cependant pas y avoir de masse distincte perceptible. La mobilisation de l'utérus est douloureuse. |

Avant l'opération, le toucher permet de reconnaître un gros utérus mobile et lourd, un ovaire sclérokystique à droite.

Le D" Albertin pratique une laparotomie médiane sous-ombi-

licale. On découvre un utérus gros, dur, ballant, congestionné. Le petit bassin est très vascularisé. On voit surtout des veines énormes dans tous les ligaments, aussi dans les pédicules ovariens. Hystérectomie subtotale. On enlève l'ovaire gauche qui est kystique, paraît assez malade, et les deux trompes. On laisse l'ovaire droit. Les artères ovariennes sont très grosses, du volume d’une radiale. Péritonsation et suture de la paroi à trois places. Les suites opératoires sont bonnes, sort guérie le 21 novembre 1905.

Macrocospiquement l'utérus est globuleux, très dur à la coupe, criant sous le couteau, impossible à entamer avec l’ongle, l'ovaire enlevé est sclérokystique.

L'examen histologique nous montre une muqueuse hyperplasiée, bourrée de tubes glandulaires de diverses formes et tous munis d’un revêtement épithélial cubique, plus ou moins haut, et d’une lumière à contenu clair. Dans le tissu sous-muqueux on voit des fibres lisses très courtes et très jeunes disposées en nappe et orientées dans tous les sens.

Le muscle est formé de fibres lisses, petites, grêles, très multipliées, formant des faisceaux de direction et de dimensions irrégulières, sur une coupe on en voit de perpendiculaires, d'obliques et d’horizontales. On constate aussi une grosse hyperplasie des fibres musculaires, des artères et des artérioles. Le tissu conjonctif forme de très minces travées entre les îlots musculaires décrits plus haut.

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