OBSERVATION XIV
G..., Marie, 46 ans. — Entrée le 26 mars 1904.
Antécédents personnels.— Rien à noter dans l’enfance. Réglée à 15 ans, toujours régulièrement et sans douleurs jusqu’à la date d'apparition des premiers accidents.
La malade a eu deux accouchements à terme et quatre fausses couches. Les deux enfants sont morts de Ones Elle ne paraît pas avoir de syphilis.
Au mois de janvier 1904 apparurent brusquement des pertes assez abondantes et qui persistèrent un certain temps. La malade n'éprouvait cependant à ce moment aucune douleur. Le médecin traitant lui fit deux curettages : l’un en janvier, l’autre fin février suivis d’un tamponnement intra utérin à la gaze iodoformée et malgré lesquels le suintement sanguin persista.
* Au mois de mai suivant, on plaça un gros crayon de pâte de chlorure de zinc lequel provoqua l'élimination de larges escharres en doiêt de gant et l’arrêt de l’hémorragie qui jusque-là avait persisté.
Celle-ci apparut de nouveau deux mois après et fut traitée par le chlorure de calcium. On constata une amélioration et arrêt des pertes qui ne fut que momentané puisque dix-huit jours après celles-ci apparaissaient de nouveau. C’est alors qe la malade se décida à entrer salle Sainte-Madeleine.
Durant tous ces traitements la malade resta couchée. On peut constater l’insuccès du curettage et du chlorure de zine qui avait été largement employé. On avait même usé sans plus de succès
| — 65 — des tampons de gaze iodoformée serrés, d’ergotine à l’intérieur, de cautérisations au nitrate d'argent pulvérisé sur tige portecoton, de salol, antipyrine fondue, d’adrénaline. La malade cependant n'eut jamais de fortes hémorragies, -de gros caillots, mais un écoulement continu de liquide sanguinolent plus ou moins teinté avec grumeaux muco-sanguins.
La malade était fortement anémiée et son état général fortement atteint, jamais de douleurs cependant.
Le palper bimanuel permet de sentir un utérus en anteversion légèrement augmenté de volume, dépassant à peine la symphyse. Le col est un beau résultat de cautérisations successives. Les culs-de-sacs sont souples et le toucher ne provoque aucune douleur.
Au mois d'avril 1904, l'intervention est décidée. On pratique une hystérectomie par la voie vaginale avec pinces. Un mois après la malade sortait guérie. :
L'utérus seul est enlevé. Les annexes, en bon état, sont conservées.
. L'examen histologique nous montre un muscle à fibres musculaires lisses petites, grêles, en faisceaux tourbillonnants et en volutes et coupées sous diverses incidences. Ces fibres sont plongées dans une substance hyaline ankystée. On voit aussi une grosse hyperplasie des fibres musculaires des artères et des artérioles dont plusieurs arrivent à l’oblitération par ladite hyperplasie. -
La muqueuse est supportée par une nappe de tissu aussi nettement myômateux. Les glandes sont allongées et dilatées, mais en même temps écartées les unes des autres par un tissu interglandulaire très abondant formé de petites cellules ovales presque réduites au noyau. C’est en somme une hyperplasie parallèle au myôme des glandes et du tissu glandulaire.
De CAS