Lenormant, Recherches archéologiques..., p
2. Voir les textes dans les Oraîores aîîici, édition Didot, t. II, p. 336. Un texte d'Harpocration, cité en cet endroit, a paru fautif et a été corrigé par tous ceux qui s'en sont occupés, ou à peu près : on ne saurait le discuter
3. à?"E(7T!'ar. àirô t-7)ç olxta;. -/.al àtp* 'Earta; {iVctiGai. ô âç.' 'EcrTtaç uyoûiievoç 'Aô/ivatoç «v (Suidas et Harpocration).
4. J. Lydus, Des mois, IV, 94; Cornutus, ch. 28. — Euripide, fragm. 944; Philolaos dans Stobée, EgL, I, p. 488; Aristote, Du ciel, II, 13. — Pindare, Ném., XI, début; Pollux, I, 7; Pausanias, V, 15, 15, etc. — Euripide, Alcesle, 162 et suiv., Diod. de Sicile, V, 68, etc.
OU l'Aréopage ont fait élever des statues en l'honneur d'enfants « initiés de par Hestia ». Il dirige le Sénat près de l'autel, c'est-à-dire, sans doute, prend la tête des hommes du Sénat qui accomplissent une évolution religieuse autour de l'autel. Il assiste aux représentations tragiques; à un moment donné, les spectateurs chantent ses louanges. Présent aux séances de l'Aréopage, il est sans doute chargé de répéter le récit religieux par lequel on raconte l'origine de ce saint tribunal.
L'enfant porte de longs cheveux, sans doute poudrés d'or. Il appartient au téménos (c'est-à-dire à l'enclos sacré) de Dionysos. Il est protégé par Déméter et Goré, mais aussi par Athéna.
Quand Himérius (315 à 386 après J.-G.) perdit son fils, « initié de par Hestia », ce malheur lui inspira des plaintes amères :
« Quel démon a rasé cette boucle d'or de mon foyer? Quel démon a éteint ce brillant tison de ma gloire? Quelle poussière tient maintenant ces cheveux sacrés, qu'après ta première naissance tu laissais croître pour Dionysos? Où sont tes yeux qui éclipsaient presque par leur beauté les éclats du soleil? Laquelle des Érinyes a pillé la rougeur de tes joues et le sourire doux et agréable de ton visage? Ahl Dionysos, comment as-tu supporté qu'un enfant sacré fût enlevé à ton îéménos? C'est à la fois contre toi et contre mon foyer que ce trophée a été élevé par les Érinyes! O sombre baccheial Githéron vaincu par mon malheur!
Ah! Déméter et Goré, vous n'avez pas gardé l'enfant d'Hestia! Il reçoit l'initiation parfaite, mais dans le téménos d'en bas, n'ayant pas comme mystagogue son père, mais quelque démon farouche et terrible! Il ne voit pas le feu des dadouques, mais les torches des Érinyes et de^ Peines...
Si je vais au bouleutérion, je croirai te voir diriger le Sénat près de l'autel. Si je vais au théâtre, il me rappellera une bien sombre tragédie, ce théâtre où souvent tous te chantèrent de leurs voix réunies...
Pour toi seul les plus éminents des Athéniens cédaient une part de leurs éloges. Ils se réjouissaient d'être vaincus tous ensemble par toi seul, les uns par la bienveillance due à ton charme, les autres peut-être par crainte de ce que tu allais devenir...
Gomment verrais-je l'Aréopage? Là, alors, que tu n'avais pas encore trois ans, tu étonnas tout le monde par ta dignité, comme
quelqu'un ayant appris longtemps à l'avance les mythes relatifs au tribunal...
Tu m'as fermé par ta mort les portes de la ville... Tu m'as fermé Eleusis; comment en effet entrerais-je dans le iéménos, moi qui fais des reproches aux déesses? Comment ferais-je une libation à Dionysos, qui ne m'a pas conservé l'enfant sacré? Comment sacrifierais-je à Athéna qui n'a pas agité la Gorgone contre le démon pour te protéger, ô mon enfant ^? »
La célèbre églogue de Virgile Sicelides Musae, paulo majora canamus... semble chanter la naissance d'un enfant a initié de par Hestia ».
Cet enfant est fils d'Asinius Pollio, consul.
Servius, en effet, dit au début du commentaire qu'il a fait de l'églogue IV : « Asinius Pollio, chef de l'armée germanique, s'était emparé de Salona, cité de Dalmatie; il mérita d'abord la couronne de laurier, puis obtint le consulat, et il reçut la même année un fils que,^ du nom de la cité prise, il appela Saloninus : c'est pour celui-ci que Virgile dit ici le généthliaque... »
L'églogue nous fait comprendre le rôle et l'importance de cet enfant divin. Par lui, une nouvelle race descend des hauteurs du ciel :
Jam nova progenies caelo demiUilur alto (vers 7).
Cet enfant recevra la vie des dieux, il verra les héros mêlés aux dieux, et sera vu par eux :
nie deum vitam accipiet, divisque videbit Permixtos heroas et ipse videbitar illis (16).
Il partagera la table d'un dieu et la couche d'une déesse.
Incipe, parve puer, risu cognoscere malrem.
Qui non risere parenli, Nec deus hune mensa, dea nec dignata cubili est.
Ainsi il pourra rénover les hommes qui seront initiés avec lui, et les ramener vers l'âge d'or.
Une peinture de la villa /fem, près de Pompéï, montre un enfant divin déichiffrant un texte que Mystis souligne de