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Hermias, Comm. sur le Phèdre, 238 c

254 INITIATION HOLOCLÈRE

qui fait tourner vers lui, fait remonter et fait retourner vers luimême toute la multitude qui est attachée à lui. Que Socrate soit jeune, c'est le symbole de la jeunesse célébrée chez les dieux. Car la théologie appelle enfants et jeunes Zeus et Dionysos lui-même : bien que tous deux soient jeunes, dit Orphée. Et, somme toute, on donne ce nom en comparant ce qui est noère à ce qui est noèle et à ce qui est paternel » (Proclus, Sur le Parménide, II, 91).

Plotin parle du démon que l'on doit suivre :

« Si nous pouvons suivre le démon qui est au-dessus de nous, nous nous élevons nous-mêmes en vivant de sa vie ; ce démon vers qui nous sommes conduits devient la partie la meilleure de nousmêmes, et celle à qui nous donnons la puissance; après lui, nous prenons pour guide un autre démon encore supérieur, et ainsi jusqu'au plus élevé » (Plotin III, 4, 3, trad. Bréhier).

Il est plusieurs façons, pour l'âme, de se délivrer et de quitter le monde de la genèse où elle est égarée. L'âme peut être formée par l'enseignement; mais elle peut aussi recevoir des illuminations pendant le sommeil, dit Synésius dans un passage assez obscur :

« Mais lorsque le Sommeil ouvre la route qui conduit vers les contemplations (épopties) les plus parfaites des êtres, à une âme qui n'y a pas tendu, et qui n'a pas jeté dans sa pensée le retour, cela est sans doute la chose merveilleuse entre toutes, que de s'élever au-dessus de la nature et de relier à l'intelligible l'homme tellement égaré qu'il ne sait plus d'où il vient.

Si quelqu'un sait la valeur de la réascension, mais ne croit pas que l'imagination (phantasia) puisse faire quelque chose pour cela, ne croyant pas qu'elle puisse amener au bienheureux contact, qu'il entende les oracles sacrés et ce qu'ils disent sur les routes différentes, après l'énumération complète des élans qui nous emportent de notre demeure vers le retour, énumération d'après laquelle il est possible de faire croître la semence qui est au dedans de nous : Aux uns il a donné de recevoir par l'enseignement la compréhension de la lumière, aux autres, quand ils dormaient, il a donné le fruit de sa vaillance. Tu vois? Il a distingué de la science la destinée heureuse. L'un s'instruit dans la veille, l'autre dans le songe; mais, dans la veille, c'est un homme qui instruit; pour celui qui dort, c'est Dieu qui lui a donné le fruit de sa vaillance. » (Synésius, des Songes, 3, dans la Pair, grecque de Migne, t. 66, p. 1288-1289).

Plotin dans VEnnéade qui est relative au degré d'initia-

tion actuellement envisagé, fait allusion au sommeil et au réveil véritable qui consiste à se séparer du corps :

« Le véritable réveil consiste à se relever véritablement hors du corps, non avec le corps. Car, avec le corps, c'est passer d'un sommeil à un autre, comme d'un lit à un autre » (Plotin, III, 6, 6).

Le poète latin Perse parle d'un sommeil dont on se réveille comme poète :

a Je ne me suis pas abreuvé à la source produite par le cheval; je ne me souviens pas d'avoir dormi sur le Parnasse à double cime pour me révéler tout à coup poète. Je laisse les Héliconiades (les Muses de l'Hélicon) et la pâle Pirène à ceux dont le lierre tenace enlace les images... » (Perse, Prologue).

Ces concordances semblent bien indiquer un sommeil, imité par les rites, analogue au sommeil de ceux qui reçoivent les Petits Mystères ^.

Il faut, dit le commentateur de Platon, Hermias, recevoir les illuminations d'en haut et oublier tout ce qui tient à la vie matérielle :

« L'expression écoule-moi donc en silence montre qu'il faut dominer les activités inférieures et basses afin de recevoir les illuminations plus parfaites et divines, et que les vies basses et humaines doivent rester en repos, c'est-à-dire qu'il faut dominer les sensations et les imaginations, faisant agir les choses plus parfaites au lieu de ces mêmes choses » (Hermias, Commentaires sur le Phèdre, 238 C, édit. Couvreur, p. 55).

Avant de dormir du sommeil qui va lui donner l'inspiration, l'initié du haut grade boit à une certaine source, dit le texte du poète latin Perse.

Mais il est souvent question du breuvage reçu par celui qui s'en va vers un monde supérieur.

On mentionne un breuvage d'oubli donné aux âmes qui sortent :

« Quel breuvage d'oubli il y a pour les âmes qui sortent, qu'un autre le dise », déclare Himérius ^.

Mais il y a aussi un breuvage de mémoire.

Il y a un breuvage de mémoire donné au mort illustre

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