‹ Les mystères d'Éleusis [microform]Chapitre 204 sur 290 · Texte cité plus haut, p · texte numérisé non relu

Texte cité plus haut, p

256 INITIATION HOLOCLÈRE

qui va retrouver le Ciel sa patrie. Tel défunt, auquel s'adresse une inscription funéraire célèbre ^, reçoit l'ordre de boire à une source qui est la source de Mémoire; il doit auparavant obtenir la permission des gardiens en prononçant certaines paroles :

« Tu trouveras, vers la gauche du séjour d'Hadès, une source, et, tout auprès, un cyprès éclatant. Ne va pas t'approcher de cette source-là. Tu en trouveras une autre, eau fraîche dérivant du Jac de Mémoire (Mnémosgné). Devant sont des gardiens. Dire : Je suis fils de la Terre et du Ciel étoile, mais mon origine est céleste. Vous-mêmes le savez bien. La soif me dessèche^ et me consume; allons! Donnez-moi bientôt l'eau fraîche qui coule du lac de Mémoirel Alors eux-mêmes te donneront à boire de la source divine. Alors ensuite tu domineras avec les autres héros. »

Tel autre défunt doit boire l'eau fraîche :

« Que le prince de ceux d'en bas, Aïdonée, te donne l'eau fraîche, ô Mêlas! Car la fleur très chère de ta jeunesse a péri » (Inscr. grecque de Rome, dans Kaibel, Epigr., 658).

« A l'âme altérée, donne l'eau fraîche » (Kaibel, \Epigrr., 719, 11).

Tel défunt est dit ne pas avoir bu l'eau de l'oubli, c'est-àdire garder le souvenir :

« Je n'ai pas bu l'eau du Léthé, l'eau qui est au bout, donnée par Aïdonée » (G. Kaibel, Epigr., 204).

Or, dire que des défunts reçoivent certains breuvages, c'est dire que des initiés reçoivent des breuvages, puisque la mort est une initiation, et l'initiation une mort ^.

Mais on célèbre d'autre part la vertu inspiratrice de certaines sources où s'abreuvent les poètes :

« Eau vénérable de Pirène » (Euripide, Médée, 69 : près de la source Pirène il y avait une statue d'Apollon).

« ...tous deux aimés des sources; l'un buvait de la source Pagaside, l'autre avait le breuvage de l'Aréthuse » (Moschus, III, 77).

« Je ne me suis pas abreuvé à la source produite par le cheval;

1. Diels, Fragm. der VorsokraL, 5» édit. par W. Kranz, I, p. 15. Il n'est pas nécessaire de supposer que le défunt et celui qui a fait l'inscription appartiennent à une secte particulière.

Page 1