Voir plus haut, chap, II, § II
je ne me souviens pas d'avoir dormi sur le Parnasse à double cime pour me révéler tout à coup poète; je laisse les Héliconiades et la pâle Pirène à ceux dont le lierre enlace les images... Le maître de l'art est la faim... » (Perse, Prologue ^).
« Il me semblait à l'ombre de l'Hélicon, où coule l'eau du cheval de Bellérophon... » (Properce, III, 2).
La source béotienne est encore louée par Pindare {fragm. 77), Athénée (II, 41, e), Apollodore (III, 84), Strabon (IX, p. 241).
Chez Marcianus Gapella 2, la déesse A-pothéosis a fait boire à la Philologie un breuvage magique :
« Quand la déesse vit qu'elle avait bu la coupe d'immortalité, alors, afin de lui enseigner en quelque sorte, par le symbole d'une bandelette, qu'elle quittait la terre pour le ciel et qu'elle était devenue immortelle, elle couronna la vierge d'une herbe des champs qui porte le nom de Aeizos ^. »
On célèbre certaines sources qui donnent l'inspiration prophétique : celles dont boit Héraclès au sommet des montagnes *, celle de Golophon dans la caverne d'Apollon Çlarien ^, certaines sources qui donnent un pouvoir magique ®, ou l'immortalité '.
Dans l'antre de Trophonios on boit successivement l'eau d'Oubli, puis l'eau de Mémoire :
« Il faut qu'il boive là l'eau appelée eau du Léîhé, afin que lui arrive l'oubli de toutes les choses dont il s'est soucié jusqu'alors; après celle-là, il en boit une autre, celle de Mnémosyne : grâce à celle-ci il peut se souvenir de ce qu'il a vu une fois descendu » (Pausanias, IX, 39, 8).
Tout cela indique bien un rite par lequel le poète, ou le prophète, ou celui qui doit devenir supérieur au monde, boivent un certain breuvage. Par conséquent, ce rite doit exister dans les Mystères d'Eleusis.
1. Pour d'autres textes, voir l'édit. de Perse par A. Perreau.