‹ Les mystères d'Éleusis [microform]Chapitre 22 sur 290 · G. Giannelli, p · texte numérisé non relu

G. Giannelli, p

époque qui n'était pas le moment régulier, grâce à Auguste qui lui-même était initié... »

Claude « essaya de transporter d'Attique à Rome les Mystères éleusiniens » (Suétone, Claude, 25). Néron « parce que les impies et les criminels sont écartés de l'initiation par la voix du héraut » n'osa pas se présenter à Eleusis (Suétone, Néron, 34).

Domitien assista aux Mystères (Bulletin de Corr. hellénique^ XX, 1896, p. 715; XXII, 1898, p. 152; XXX, 1906, p. 314).

Sur Adrien, nous savons qu'il fut archonte à Athènes en 111-112 après Jésus-Christ, c'est-à-dire en même temps chef religieux [Corp. Inscr. Graec, III, 1096; Aelius Spartanus, Adrien, XIX, 1; Dion Cassius, LXIX, 16, 1), qu'en 128-129 « il contemplait (âîrcùXTeue) les Mystères ».

Il en est de même pour Antonin le Pieux, Lucius Verus, Marc- Aurèle, Commode {Ephemeris Archaiolog., 1883, p. 77, n^ 6, Giannelli, article cité, p. 153-159), pour Septime Sévère qui « s'en alla à Athènes poussé par le goût des études et des choses saintes, et des travaux, et des antiquités » [Septime Sévère, 3), et naturellement pour Julien (Eunape, Vie de Maxime, p. 252), etc.

Les Mystères d'Eleusis conservent toute leur réputation aux premiers siècles de notre ère.

Du temps du rhéteur Aristide (127 à 189 après Jésus- Christ) un incendie détruisit le sanctuaire d'Eleusis et tout ce qu'il renfermait i; mais il fut sans doute reconstruit rapidement.

Le temple fut abattu par les Goths d'Alaric en 396. Même alors l'enseignement d'Eleusis subsista pendant un temps que nous ne saurions déterminer. Synésius, il est vrai(378-471 après J.-C), étant venu à Athènes, se déclarait déçu, et affirmait que la véritable philosophie siégeait à Alexandrie ^. Mais l'enseignement de la philosophie ancienne resta prospère à Athènes jusqu'au temps de Justinien. Et l'édit de Justinien qui ferma l'école d'Athènes ne détruisit pas la religion hellénique ^.

Les Mystères d'Eleusis eurent donc, chez les Hellènes, puis dans le monde romain hellénisé, une vogue et une influence considérables, jusqu'à une époque assez avancée.

* 1. Aristide, Oral., XIX, p. 422, édition Dindorf, cité par Ch. Lenormant, Mémoires de V Académie des Inscr. et Belles Lettres, XXIV, p. 360.

* 2. Synésius, Epistula, GXXXV; Pair. Gr., t. 66, p. 1524.

3. O. Kern, Die griech. Mysl. der klass. Zeil, p. 2; John Gutlibert Lawson,

Tout le long des siècles, les grands auteurs grecs, puis les grands auteurs latins, ont décerné à la religion éleusinienne des éloges où éclatent la plus vive admiration et le plus grand respect ^,

(c Heureux celui des hommes vivant sur la terre qui a vu ces choses! Celui qui n'a pas connu les saintes orgies et celui qui y a pris part n'auront pas, même après la mort un sort pareil dans les séjours ténébreux » [Hymne homérique àDéméler. vers 480-483).

« Heureux qui a vu cela avant d'aller sous les cavités de la terre! Il connaît la fin de la vie! Il en connaît aussi le commencement, donné par Zeus! » (Pindare, dans Clément d'Alexandrie, Stromates, III, 3, Pair, gr., t. 8, p. 1119).

« trois fois heureux ceux des mortels qui, après avoir contemplé ces Mystères, s'en iront chez Hadès; eux seuls y pourront vivre; pour les autres, tout sera souffrance » (Sophocle, fragment 348, édition Didot).

« Celui qui viendra chez Hadès sans avoir pris part à l'initiation et aux Mystères sera plongé dans le bourbier; au contraire, celui qui aura été purifié et initié vivra avec les dieux «-(Platon, Phédon, 13. On peut voir encore, dans le même auteur, des éloges des Mystères, Phédon, 29, Gorgias, 47; République, II, 6).

Dans un discours que Diodore de Sicile attribue à un Syracusain, l'orateur exalte ainsi la ville des Mystères : « Vous tous qui avez obtenu dans cette ville l'art de raisonner et l'instruction, ayez pitié de ceux qui ont donné leur patrie comme école commune à tous les hommes! Vous tous qui avez participé aux Mystères les plus saints, sauvez ceux qui vous ont initiés! Si vous avez participé aux cérémonies amies des hommes, rendez grâce du bienfait reçu; si vous devez y participer, n'enlevez pas l'espoir à votre cœur! En quel lieu les étrangers pourront-ils aller recevoir une formation d'hommes libres, si la ville des Athéniens, disparaît? » (Diodore de Sicile, XIII, 27). Et ailleurs dans son discours, ' l'orateur loue les Athéniens de ce qu'ils ont fait participer les hommes à la nourriture convenant aux hommes civilisés, de ce qu'ils ont trouvé les lois, et sauvé les fugitifs [id., ibid., 26).

« Eleusis est le iéménos commun de la terre; parmi les choses divines accordées aux hommes, c'est ce qu'il y a de plus terrible et de plus brillant. En quel autre lieu des récits plus admirables de mythes ont-ils été chantés? des drames plus importants ont-ils saisi l'esprit? où a-t-on vu les spectacles rivaliser plus heureusement avec les paroles entendues, ces spectacles admirables, con-

Modern Greek Folklore and ancienl Greek Religion..,, Cambridge, 1910, p. 61; p. 321, p. 306-307, p. 300, etc.

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