Voir plus loin, ch. XI
50 MYSTÈRES d'Eleusis
« C'est de là que prirent naissance les Mystères et les Te7e7és des Hellènes, d'abord conçus de façon funeste chez les Égyptiens et les Phrygiens et les Phéniciens et les Babyloniens, et transportés du pays des Égyptiens chez les Hellènes par Cadmos et Inachos lui-même... d'autre part ayant leur commencement d'Orphée et de quelques autres » (S* Épiphane, Contre les hérésies, 1, 9, p. 11 B)
Quelques témoignages affirment une origine Cretoise des Mystères ^ :
« Les Cretois racontent que les sacrifices et les iélétés des Mystères ont été transmis de Crète aux autres hommes. Et les Cretois en donnent cette preuve : la télété qui se fait â Eleusis, celle qui se fait à Samothrace, et celle qui se fait en Thrace, chez les Cicones, d'où était originaire Orphée, celui qui les montra, se transmet mystiquement. Mais d'après la règle crétoise, suivie depuis les anciens, ces iélétés sont transmises publiquement » (Diodore, V, 77).
Ce texte n'afïirme pas que les Mystères éleusiniens venaient directement de Crète; il indique une influence des Mystères crétois sur Orphée, et admet qu'Orphée montra les Mystèies aux Grecs.
Phanoclès ^ attribue l'introduction de la paiderasieia à Orphée, mais Aristote ^ l'attribue au Crétois Minos : le mythe signifiant qu'il faut une aide pour arriver à la plus haute dignité existait donc en Crète avant d'exister en Thrace et à Eleusis.
L'orphisme reconnaissait que les purifications, ou du moins une partie des purifications, venaient de la Crète :
« Chez Orphée, Zeus ordonne d'aller chercher la purification en Crète » (Proclus, sur le Timée, 36 e).
C'est en Crète, dit Virgile, que prirent naissance les Mystères de Gybèle et des Gorybantes, avec leur silence mystérieux et le char attelé de lions *.
Quelques auteurs anciens voulaient attribuer aux Cretois certaines inventions remarquables, plus ou moins étroitement liées aux Mystères, à savoir agriculture, droit écrit, miusique... :
a Les Cnossiens comptent Minerve comme leur concitoyenne, et ils affirment audacieusement contre les Athéniens que les céréales, ont été trouvées chez eux pour la première fois » (Solinus, XI, 10)^