‹ Les mystères d'ÉleusisChapitre 155 sur 300 · Vers · texte numérisé non relu

Vers

con. Là était l'autel de Poséidon Héliconios » (Clitodème, cité par s Bekker, Anecdota graeca, I, 336).

Or Poséidon, dieu du souffle vital, imprime aux eaux des sources, des fleuves, de la mer, le mouvement grâce auquel elles reviennent sur elles-mêmes 1; il pousse dans le corps humain le sang partant du cœur 2, il peut assurer la stabilité et la santé au corps humain comme à la terre 3.

Les mystes peuvent l'invoquer ainsi suivant un hymne orphique :

« ... Sauve les fondements de la terre et l'élan favorable des navires, amenant la paix, la santé, une prospérité au-dessus de tout blâme! »

«... O roi maître de la mer, très sacré, qui reçois des honneurs magnifiques! O toi qui aimes les vénérables mystopoles, et les cérémonies sacrées! Sois propice, envoyant une heureuse fortune aux mystes! » (Hymne orph., XVI, 9).

Les Athéniens honorent des Muses « Ilissides », c'est-àdire des Muses établies près de l'Ilissos :

« Ilissos, dit Stéphane de Byzance, en son lexique, fleuve de l'Attique dans lequel sont honorées les Muses Ilissides, comme le dit Apollodore. »

a Les Athéniens, dit Pausanias, veulent que l'Ilissos soit un fleuve sacré d'autres dieux, et il y a sur ses bords un autel des Muses Ilissides » (Pausanias, I, 19, 5).

Or, des textes assimilent en termes exprès l'enseignement des Muses aux Mystères :

« Quelques-uns donnent l'étymologie du mot Muse (Moûsa) en disant qu'elle est initiatrice (fiuouaoc), car l'enseignement par les Muses ne diffère en rien des Mystères. » (Photius, Bibliothèque, GGLXXIX, 531, dans la Pair. Grecque de Migne, tome 104, p. 308).

a Elles ont été nommées muses du fait qu'elles initient (âxà tou jiueîv) les hommes, c'est-à-dire du fait qu'elles enseignent les

1. Maxime de Tyr, X, 8; Cornutus, ch. IV; Schol. d'Eschyle, Sept, 320; Eustathe, Sur r Iliade, XV, 190, mais aussi Platon, Phédon, 112 a b, Xéno-

Shane et Thaïes (Diels-Kranz, Die Fragm. der Vors., pour le premier, fragm. 0, I, p. 136; pour le second, A 5, I, p. 45) — et au fond, Hésiode, Théog.; 337; Homère, Iliade, XXI, 195 et suiv.; Eschyle, Sept, 307-311.

H. Platon, Phédon, 112 a b; J. Lydus, Des mois, IV, 79; Sénèque, Questions nal.t 15.

3. Par exemple, Aristophane, Acharn., 682; Aristide, Discours, III, ^dit. Dindorf, t. I, p. 29.

choses belles et importantes et inconnues des ignorants » (Diodore de Sicile, IV, 7).

Pendant la célébration des Petits Mystères, on rappelle sans doute comment certaines divinités et certains héros furent purifiés à Agra, ou par les Petits Mystères.

Ainsi la déesse Athéna, quand elle eut vu Tydée se souiller la gorge avec le sang de son ennemi « ne remonta pas vers les astres avant que le flambeau mystique et l'Ilissos innocent n'eussent purifié ses yeux avec beaucoup d'eau 1. »

Et c'est pour purifier Héraclès, après le meurtre des Centaures 2, que Déméter a institué les Petits Mystères :

« Déméter, pour la purification du meurtre des Centaures, établit les Petits Mystères, honorant Héraclès » (Diodore de Sicile,. IV, 14).

Les Éleusiniens, dit-on encore, auraient établi les Petits Mystères pour Héraclès parce qu'il était étranger :

« Héraclès est appelé myste parce qu'il a été initié à Eleusis. Pour lui, comme la loi ordonne de ne pas initier les étrangers, les Éleusiniens ont fait les Petits Mystères » (Schol. de Lycophron, 1328).

Philostrate 3, parlant des cérémonies qui se font à Athènes pendant le mois Antesthérion, raconte qu'on y récite « des vers orphiques et la théologie orphique. » Il semble probable que ces cérémonies aient rapport aux Petits Mystères; il semble donc probable que les Petits Mystères, comme les Grands Mystères 4, rappellent les enseignements d'Orphée, qui enseigna aux hommes à cesser de manger la chair humaine 5, c'est-à-dire enseigna les règles fondamentales de la civilisation.

1. Nec prius aslra subit quant myslica lampas et insons llissos mulla purgavit lumina lympha (Stace, Thébaïde, VIII, 764-765).

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