Euripide, Cyclope, 142 et suiv
2. R. Vallois, Bévue des Etudes anciennes, 1926, p. 311, citant Nilsson, Griech. Feste, p. 318.
« Je ne me suis pas abreuvé à la source chevaline — (il veut dire: la source qui a jailli sous le coup de sabot de Pégase) — ; je ne me souviens pas d'avoir dormi sur le Parnasse à double cime pour me révéler tout à coup poète 3... »
Or l'initiation des poètes ressemble, en plus grand, à l'initiation de ceux qui vont être sous l'influence de la poésie. On peut donc penser que celui qui s'initie aux petits Mystères boit d'une certaine eau.
Le Sommeil inspirateur joue un grand rôle dans l'initiation holoclère, mais il en joue un aussi dans l'initiation aux Petits Mystères 2.
C'est le Songe qui, dans le sommeil, donne une première instruction.
La religion grecque a toujours considéré le Songe comme venant de la divinité, et éveillant la Pensée sans l'éclairer de façon complète.
Ainsi, l'hymne orphique au Songe dit :
« Je t'invoque, bienheureux, aux ailes étendues, Songe sauveur messager de l'avenir, très grand chanteur d'oracles pour les mortels! Dans la tranquillité du doux Sommeil, t'avançant en silence, t'adressant aux âmes des mortels, tu éveilles toi-même la Pensée; les décisions des bienheureux, tu les envoies toi-même, en dessous, dans les sommeils, silencieux, dévoilant l'avenir aux âmes silencieuses, avenir que la pensée des dieux dirige dans la piété, afin que le beau, saisi d'abord par une décision du cœur, conduise dans le charme la vie des hommes après l'avoir réjouie... »
Les songes, du reste, donnent souvent des avertissements aux hommes 3. Il peuvent être envoyés par Zeus4 ; on peut les dire fils de la Terre 6, laquelle « enfanta les apparitions des songes6 », ou bien «est mère des songes aux ailes noires7 ».