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pace de pays ennemis et soulevés, sans être entamé un seul jour et faisant subir perpétuellement des échecs aux armées nombreuses qui le harcelaient sur sa longue route.
Cette retraite est la grande gloire de Moreau dans l’histoire. Ce qu’elle a demandé de génie, de patience, de volonté, ne saurait se dire.
Le signe type de la puissance, de la volonté et de la despotivité, qui en est le degré le plus haut, se montre très-énergiquement ici.
Voyez les mots Bonaparte , toujours, le t minuscule est barré très-haut, et le mot toujours dit nettement que, s’il eût été porté au pouvoir suprême par des circonstances heureuses, il eût égalé en despotisme son rival.
Du reste, cet homme, dont l’écriture s’est redressée et a été rude quand il a parlé de ce rival détesté, qui a écrit avec assez de sang-froid, qu’il aeu les deux jambes emportées par un boulet de canon, prend, par instinct, l’écriture dç la femme la plus aimante quand il écrit plus bas à la sienne cette dernière parole : « Je t’aime et t’embrasse de tout mon cœur. » L’être sensible a eu là son mouvement.
Quand il termine la phrase où il dit que Bonaparte est toujours heureux, le mot heureux prend la
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direction descendante, le signe fatal. Il se déclare vaincu.
Il mourait, en effet, quelques jours plus tard, des suites de son amputation.
Tel fut cet homme.
Ce mot de Napoléon, qu’il fut sans jugement dans les affaires civiles, se confirme par son écriture de diplomate à soubresauts. Ce n’est pas l’allure doucement serpentine de Louis XVIII, de Talleyrand, de Napoléon III, ce sont des bonds saccadés d’une nature que la passion emporte et qui ne doit faire que des sottises. Son rôle, dans l’affaire de la conspiration de Georges et de Pichegru, fut pitoyable. N’étant pas royaliste, il se trouva le confident d’une conspiration sans en être le complice. Aussi ne futil condamné qu’à deux ans de prison, que l’on commua en bannissement.
Ecriture inharmonique, nature incomplète.
L’écrilure appliquée du général Moreau, moins mouvementée, garde la' plupart des caractères de l'écriture intime, reproduite plus haut. Seulement les majuscules sont plus gracieusement tracées.
Nous terminons nos autographes des hommes de guerre de l’époque républicaine, par ce petit billet de Desaix.
DEUXIÈME SPÉCIMEN
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Nous avons là quelque chose de l’écriture rapide et énigmatique de Napoléon Ier.
Une grande simplicité éclate de prime abord dans cette écriture (voyez les d minuscules harmoniques sans crochets égoïstes, sans fioritures vaniteuses) .
La volonté énergique à son signe type ( état avec la barre de despotivité.)
Napoléon a tracé de lui, à Sainte-Hélène, un portrait magnifique : « De tous les généraux que j’ai eus sous moi, Desaix et Kléber étaient ceux qui avaient le plus de talent. Kléber n’aimait la gloire qu’autant qu’elle lui procurait des richesses, et méprisait toute autre chose. Desaix ne rêvait que la guerre et la gloire. Les richesses elles plaisirs n’étaient
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rien pour lui : il ne leur accordait pas même une seule , pensée. Toujours vêtu avec négligence, il méprisait les jouissances et même les commodités de la vie... C’était un caractère tout à fait antique. Il aimait la gloire pour elle-même, et la France par-dessus tout.»
Du reste, ce fut le jugement de ses contemporains. Les soldats de Desaix l’appelaient Thémistocle ; les Égyptiens lui avaient donné le nom de soullân aadel, le sultan juste.
Tant de vertu, tant d’héroïsme, tant de gloire, ne le sauvèrent pas des étreintes cruelles de la fatalité. Toutes les lignes de son écriture portent ce signe malheureux. Elles sont fortement descendantes (signe type de la fatalité). Il tomba à la bataille de Marengo, frappé d’une balle en pleine poitrine, le même jour que Kléber périssait au Caire sous le poignard d’un fanatique.
Je n’ai aucune écriture des généraux qui dirigèrent le soulèvement vendéen et qui méritèrent que leurs adversaires même nommassent des combats de géants les luttes soutenues par ces hommes qui n’avaient aucune connaissance de la tactique militaire.
Voici seulement quelques signatures de ces illustrations vendéennes.
TROISIEME SPECIMEN
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Nous savons qu’il est difficile de dire rien de bien précis sur des signatures. Celles de Bonchamp et Donnissan sont magistrales; celle de la Rochejaquelein est onduleuse et diplomatique ; celle de Lescure simple et sensible; celle d’Elbée élégante, mais marquée du signe type de la fatalité. Excepté Donnissan, qui, par prudence, met un point après son écriture, toutes portent le parafe bourgeois. Plus méfiant, la Rochejaquelein met les deux points contournant une barre verticale, comme l’aurait fait quelque honnête procureur de sa province. Les petites vulgarités s’accommodent avec l’héroïsme.
Nous venons de clore dignement la période des grands hommes de guerre de la première république, tout en regrettant que les limites d’un volume ne
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nous permettent pas de citer un plus grand nombre d’autographes et d’étendre plus longuement nos diagnostics. Soyons maintenant les hommes de guerre du premier Empire.
3e ÉPOQUE. — LES HOMMES DE GUERRE DU PREMIER EMPIRE.
Nous n’avons pas de place d’honneur à donner spécialement à tels ou tels noms. Nous citerons sans beaucoup d’ordre.