LE MARÉCHAL PÉLISSIER
Malgré l’apparence un peu appliquée de cette lettre, elle confirme notre théorie sur le caractère de volonté puissante que nous attribuons à l’aptitude guerrière. Tous les t de cette lettre sont barrés avec une vigueur extraordinaire, et le signe de la despotivité se montre, s’étale plutôt au sommet des lettres. On est né pour commander, quand on porte à ce degré l’instinct volontaire, la faculté énergique.
Cette gracieuse petite écriture ne dément pas
-Digitizeciby,
DE L’ÉCRITURE
nos principes : l’ardeur et l’imagination du guerrier s’y montrent partout. Les longues finales qui vont cherchant aventure, ces d minuscules qui s’élèvent en haut par une longue courbe de mouvement excentrique et contradictoire avec les lois de la calligraphie, disent l’âme qui, au milieu des retenues sévères de l’ordre présent, des convenances sociales auxquelles obéissent les hommes de guerre comme les autres, n’abandonne pas le génie impétueux qui caractérise cette carrière.
Nous sommes un peu loin des hommes que les grandes luttes de la première république jetèrent, d’une manière si brusque, à la tête des armées. Les généraux de nos jours sont inattaquables sur la grammaire et la pureté de diction. Mais si le mouvement littéraire est allé jusqu’à eux, nous constatons qu’ils portent dans leur écriture le même cachet d’ardeur impétueuse, de ténacité et d’énergie indomptable qui éleva si haut la gloire de leurs devanciers.