‹ Les mysteres de l'ecritureChapitre 134 sur 168 · M. DARBOY, ARCHEVÊQUE DE PARIS · texte numérisé non relu

M. DARBOY, ARCHEVÊQUE DE PARIS

C’est une très-belle écriture. Elle a quelque chose de magistral (dans les lignes qui précèdent cette fin de lettre).

Ses qualités dominantes sont une immense puissance de volonté.

Voyez le mot respectueux; la barre touchant seulement le haut des hampes des deux t minuscules dit une grande volonté, la despotivité.

De plus, les barres sont terminées par un trait dur ( sentiments ). Obstination, ténacité, persévérance.

1. Ce livre était écrit avant les funestes événements de mai 1871.

DE L’ÉCRITURE

Elle a des finales molles, arrondies, qui disent la S

grande bienveillance ( Pa - r~x » ^

rts), et des finales angu- j 7 leuses qui disent la grande r ^ ( fermeté ( assurance ). x ^

Les mots gladiolés indi- ^ iji

quent beaucoup de finesse §

( monsieur ) . j

< Il a fallu de la finesse à ' 5 cet homme qui a des idées *k3

élevées, qui a proclamé en Vpleine chaire de Notre- u />^

Dame « qu’il était l’homme x ^

de son temps et de son ^

pays », pour se faire sa i

longue trouée dans le S ^

monde sacerdotal , devenir vicaire général de Pa- ^ J ris, évêque de Nancy, et ^

manœuvrer si habilement y entre Rome et Paris pour ' ^

arriver archevêque et grand nSJ aumônier sans exciter un J* soupçon sérieux auprès de vV.

la cour de Rome. M. Darboy a eu cette

habileté.

Faire de la sorte son chemin avec de telles idées, c’est, selon le inol vulgaire, être un maître homme.

Malgré cette belle écriture magistrale, l’archevêque de Paris n’est pas classé parmi les hommes exceptionnels de son époque. L’orateur et l’écrivain ont de l’élégance, la propriété du mot ; mais ils se renferment trop dans ces idées moyennes dont l’expression correcte ne peut changer la nature et auxquelles ne s’abaissent pas les hommes de génie; mais sa part comme homme habile dans une position splendide, mais si difficile, est fort belle. lise fait respecter parce qu’il a la force de ceux qui se taisent et qui attendent. Il a patronné chaudement les idées de l’ancienne Église de France, la grande tradition des premiers siècles, de saint Louis, de Bossuet, du cardinal La Luzerne, de M. Frayssinous et de M. Affre. Il a refusé de s’inféoder au parti violent qui est, à l’heure présente, à la tête de la direction du catholicisme. 11 aurait depuis longtemps le chapeau de cardinal. Il préfère l’attendre et il a assez le sentiment de sa propre grandeur pour savoir s’en passer. Cette dignité ne lui donnerait rien que ne lui donne et, au delà, la brillante position d’archevêque de Paris.

Les natures nobles qui savent sacrifier une gloire à un sentiment de conscience sont trop rares pour

DE L’ÉCRITURE

ne pas les saluer quand on les rencontre, et surtout lorsque, les dépouillant dans leur expression la plus intime, l’écriture, on n’a à y trouver, à côté des misères de l’égoïsme humain et sacerdotal, que la fidélité à de grandes convictions.

La signature de M. Darboy est splendide. Pas de parafe, c’est d’un homme, fils de ses œuvres, qui a le noble sentiment de sa valeur.

TROISIÈME SPÉCIMEN

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